‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 226 sur 389 · AU RAVISSEMENT · texte numérisé non relu

AU RAVISSEMENT

Pf nnettez ^m Je «m bttue êmporur au ratfiêêtmmt que mé deoM celle peAâëe, et qw je m'écrie dane ce tpaasywru (f^/.. à la veiae régente.)

~ EMPORTER k, suivi d'uu iufiiiitif»^ coauna eniroiner i :

Le souvenir des siens, l'orgueil de sa naissance» L'emporte à tous moments à braver ma puissance. [Béracl., i, 1.]

Ni le travail du corpe, ni le soio nécessaire U'ane pressaate affaire»

Ne reaverii à se disperser. \,lmii.M u, 1.)

— s'emporter a, suivi d'un nom de chose.

C'est une de ces locutions énergiques de la langue du mAÂK leur temps, que les dictionnaires ont eu le tort grave d^omettrc» et qui était d'autant plus enregistrable que de bons écrivains de nos jours ont su la. reprendre et la placer trës-beureusemenl.

S'emporter, dans Corneille comme chez les auteurs les plus autorisés, se joint à diverses prépositions, et a le sens de se laisser aller, se laisser entraîner à, se laisser emporter jusqu'à l'excès, de:

Mais tous deux t emportant à plus d'irrévérence. (Po/.. in, ^.)

Il n'y a certes qu'une extrême préoccupation qui puisse t emporter à un tel reproche. (Boss., frag» sur div. mut. de conirov., 3* frag.) — Je m emportai à des imprécations qu'on n'auroit pas dû attendre de la modération ordinaire de mon esprit. (M** de Villeo., Carmuni,y ii, 3. ] — Je m'aperçois que je me laisse eatporur insensiblement à vos louanges, qui me viennent en foule sans les chercher. (Amblot, Hisi, de Venise]^ 1677, épttre. ~ Voltaire t'emporta contre Tévêque de Giocester à une fureur vraiment bouffonne. (Villrmain, Tableau de la tiuér. am dtœ'kuiuème titcie, xviii* leçon.)

Avec ellipse de se :

Laissant emputitt son esprit, qui manque naturellement un peu d'assieite, aux impressions précipitées de la surprise. (Vacven., Caract.^ xviii.]

— s'emporter dans :

J'ai suivi tes conseils; mais plus jo l'ai flattée, Et plus dans finsolence elle s'est emportée; Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités,

Je m'allais emporter dans les extrémités. {Pomp., ii, 1.)

Il s'emportoit tous les jours dans des excès qui aliuient jusqu'au scandale^ (Rets^ Mèm.y 111, 1049.)

Avec cette heureuse aisance de modifier les locutions, on disait encore s'ent^torter au delà de :

Je m'emporte^ monsieur, insensiblement beaucoup qk delà de ce que voua . m'avez demsndé. (Arnalld, ÛCiut., t. i, p. 148.]

Rien ne peut m'ébranler.

Jugez-en, puisqo'ainsi je vous ose parler; El m* emporte au delà de cette modestie, Dont, jusqu'à ce moment, je n'étais point sortie. (Racine, MUkrid,, ly, 4.)

S'emporter jusqu'à^ suivi d'un infinitif :

Les gens de guerre connaissent qu'ils sont mattres de donner l'empire. Ils <'em- portent jusqu'à le vendre publiquement au plus offrant* (Ross., But, univ , 3« p., c. 7.) — Il est impossible qu'en prenant si peu de soin de se retenir dans les choses qui sont permises, ils ne s'emportent bientôt jusqu*à ne craindre plus de poursuivre celles qui sont ouvertement défendues. ( Id., 2* Serm. pour le jemii de la dftgp* sem* dâ ear. , i.^

Corneille emploie activement emporter d, emporter jusqu'à^ * suivi d'un infinitif, avec un nom de chose pour sujet :

Les sf ntimenis de douleur qu'il en peut légitimement concevoir devreient du moins l'emporter à faire quelques reproches à celle dont il se croit trahi et loi donner par là l'occasion de le désabuser. (Exam. de UéL)

Mon frère va trop vite et sa chaleur ['emporte

Juiqu'à connaître mal des gens de cette sorte. [Suite du Meut,, n,'à.)

Nous relèverons seulement pour mémoire l'emploi actif de emporte!' à, suivi d'un substantif, dans le sens de entraîner à :

Elle avait deux fils de Démétrius, dont elle tua Séleucus, Tatné, d'un coup de flèche, sitôt qu'il eut pris le diadème après la mort de son père, soit qu'elle craignit qu'il ne la voulût venger sur elle, soit que la même fureur Yempori/U à ce nouveau parricide. [Exam. de Rodog,)

On trouve dans les dictionnaires des exemples analogues.

— s'emporter de colère, se laisser emporter par la colère :

S'il est bien amoureux, il peut faire une supercherie à son rival, il peut «Vmporter de coière, et tuer dans un premier mouvement. {Deux. Dise.)

On a dit d'une manière analogue, s'emporter de chaleur, se laisser entraîner par son ardeur :

M. de La Rochefoucauld, qui avoit plui de coour que d'expérience, s'emporta ' de chaleur ; il n'en demeura pas à son ordre, il sortît de son poste et chargea les ennemis. 'Retz, il/em., a, 1649.)

— EMPORTER (s'), se laîsscr entraîner par une passion, quelle ((u'elle soit, au delà de la raison ou de la mesure :

Trop chaud ami qu'il est, il s*emporte à tous coups

Pour un fourbe insolent qui se moque de nous. {La Veuve, v, G.)

Mon p^e, reten^K des femmes qui a'emporunt.

Et de grâce empêchez surtout qu'elles ue sortent.

Leur amour importun viendroil avec éclat,

P.ar des cris et des pleurs troubler notre combat. [Uor., u, S.j

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