‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 24 sur 389 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

A, prép. sigiïïû^iii pour, devant un substantif :

Réserve ton courroux tout entier au besoin. {Clit,, i, 4 )

Toi qu'avec Rosidor le bonheur a sauvée, Tu te peux assurer que Dorise trouvée, Comme ils avoient choisi même heure à votre mort, En même heure tous deux auront un même sort. {Ibid., m. 1 }

Quel charme à mon trépas de penser qu'elle m'aime. {Veuve, iv, I.) Puisque tu la hais tant, pourquoi la gardes-tu? JASON. Au bien de nos enfants, dont l'âge foible et tendre

Contre tant de malheurs ne sauroit se défendre. [Méd., m, 3.)

Et je garde, au milieu de tant d'âpres rigueurs,

Mes larmes aux vaincus, et ma haine aux vainqueurs. (Hor.j i, 1.)

Armez- vous à ma perte, éclatez, vengez-vous. {Théod., ii, 4.)

On prépare à demain exprés d antres victimes. (Œd., m, 2 )

Au salut des élus prépare toutes choses. {Imii.f i, 3.)

Nombre d* exemples semblables pourraient se citer chez Corneille ; ils sont également très-fréquents dans tous les écrivains des seizième et dix-septième siècles, et se rencontrent quelquefois chez des auteurs distingués du dix-huitième siècle et de notre temps.

A cause de Taffection qu'il avoità M. l'amiral, à Lanoue et à Téligny. (Marc, db Val., Mém,t i.) — H y a quelque temps que je commençay à luy dire qu'il se résolust de demander au sire A'nastase, mon maistre, Susanne, sa fille à femme. Lakiv., EcoL, II, 5.) — Je n'ay plus de paroles puissantes, ni assez violentes à l'expression de mes misères. (D*Aub., Pei. OEuvr. mêl.) — 11 est tout généreux et tout Dé à la gloire. (Malh., Lett., à Racan, 10 sept. 1625.)

Tant de signes dans les planetles,

Tant d'éclypses, tant de cornettes

El tant d'effects prodigieux,

Ne soDt-ce pAs des prophéiu-a Âus aine5 les plus endnrcies

De U juste fureur des dieux? (Racan, Berg.^ ii, 5.

Pourquoi se taire de tant d'anlr^'s actions remarquables que son ^Min^fice fait tous les jours au profit et à l'honneur de celle monarchie? (Nacdb. Mascur,, in-4*, p. 467.^^ — Une vengeance éclatante et prompte est aux âmes ambitieuses le plus délicat de tous les mets. (Boss., Polit., 1. 10, art. 3.' — Luther s'emportait à des excès inouïs : c'était an sujet de douleur à son disciple modéré. Qd., Yar. 5.} >- Les riviéret vont enfin se précipiter dans la mer, pour en faire le centre du com- Boeroe à tovteft les nations. (FIx.. Cjrv«(. ée Dieu, I, 2 ) — Les esprits des Frasçais ne sont pas nés à la ser>itude. Péliss., Hist. de CAcad., ni.) Mais quoique cet hymen \ous semble à souhaiter, Le résoudre à demain, c'est le précipiter. (Th. Corn., Théod., m, 3.;

Il sera bon qu'il fasse dès lors tous les préparatifs à une prompte défense. (Vaub., Déf. des pinc, 3* p.) — Pour comble de joie à noire princesse. (Montes^., Peru. div. ) — Saint Bernard ne montre pas plus d'indulgence aux vices de son siccir. (Chat., Lût, amjl., «• p.) — Le peuple est mûr à la république. ( V. Hugo, Lin. ei Philos., Journ. d'un révol } — Il fut à l'enfant plus qu'un frère : il lui devint une mère. 'Id., N.-D. de Pans, iv, 2.)

— A, j)oifry devant un infinitif :

A lui rendre service elle m'ouvre la voie

Que tout mon cœur embrasse avec excès de joie. {Sert., ii, 5.)

« Embrasser avec excès de joie une voie à rendre service! » On ne peut écrire avec plus d'impropriété. C'est un amas de barbarismes! s'écrie Voltaire. Nous ne voyons, nous « aucun barbarisme dans le vers de Corneille; nous ne croyons pas même qu'il offre la moindre impropriété. Voltaire dit encore, à propos d'un vers analogue aux précédents :

Ma gloire et mon amour peuvent bien peu sur moi ,

S'il faut votre présence à soutenir ma foi. (iVieem., i, 1.)

« Une présence à soutenir la foi » nVst pas français. On dit : « il faut soutenir » et non pas « à soutenir. »

Le grand écrivain parait ici n'avoir rien compris à la pensée pourtant bien claire de Corneille, et avoir complètement méconnu la langue de tout le dix-septième siècle. A, signifiant ;xMir, sVniployait aussi généralement devant un infinitif que devant un substantif. Constatons d'abord que cette forme est familière à Corneille.

Gelie inelinatioB qui jusqu'ici vous mène,

A me la déguiser vous donne trop de peine. (CAi*, i, %.)

Adieu, toute la chasse prête.

N'attend que ma présence à relancer la béte. {Ib., ii, 5.)

Achève, malheureuse, achève de vêtir Ce que ton mauvais sort laisse à te garantir. [Ib., ii, 0.)

On le vole Doris, et la feinle colère

Manqueroit de prétexte à quereller son frère! {Veuve, ii, 6.)

Mes vaisseaux à la rade assez proches du port

N'ont que trop de soldats à faire un coup d'effort. (Méd., ii, 6.)

Immolons avec joie

Ceox qu'à me dire adieu Creuse me renvoie; (/^. y g \

Je vais chercher du monde à souper avec vous. (Smiu dm Ment,, m 4.)

Il a pris un prétexte à sortir promptement,

Sans se donner loisir d'un mot de compliment. (/^. ly %\

Et mon cœur, accablé de mille déplaisirs,

Cherche la solitude à cacher ses soupirs. (jfof. , o \

Cléopâtre a lieu d'attendre ce jour-là à faire conûdence à Uonice de sè's desseins, et des vériUbles raisons de tout ce qu'elle a fait. {Exmm, de Rodog.)

Cependant cet exil, ces retraites paisibles,

Cet unique souhait d'y terminer leurs jours,

Sont des mots bien choisis à remplir leurs discoors. {Apés., m, 1.)

Qu'ai-je affaire de race à me déshonorer,

Moi qui n'ai que trop vu ce sang dégénérer. {Puleh., r, 3.)

Quelque effort qu'ici-bas l'homme fasse à bien vivre

11 est souvent trahi par sa fragilité. * (/,^l,^ ,^ 19 ;

Aussi le corps se plaint, le corps gémit sans cesse. Accablé sous les moindres croix.

Parce que de l'esprit la honteuse mollesse N'agit qu'avec faiblesse

Et refuse son aide à souteoir leur poids. //^ i wi \

La double // dont je viens de parler à l'occasion de Ve, a aussi deux pronon-

cia ions en notre langue: Une sèche et simple, qui suit l'orthographe j l'autre

molle, qui semble y joindre une h. Nous n'avons point de différents caractères à

les disUDguer. (Préf. du Th. de P. Corn,, édit. de 1682.)

Il est inutile de multiplier les exemples analogues. L'Académie, dans son jugement sur le Cid, a fait une observation sur ce vers :

Yenoient m'offrir leur vie à venger ma querelle. € Il eût été bon, dit-elle, de dire : « Venoient s'offrir à venger ma querelle : » mais disaot « venoient m'offrir leur vie , » il falloil dire : « pour venger ma querelle. » {Sem. de CAcad, sur te Cid, m, 6.) ^

La distinction établie ici n'est-elle pas un peu subtile?

Du reste, comme il a été dit, l'emploi critiqué par Voltaire était général au dix-septième siècle, comme il l'avait été au seizième, et il a été repris depuis avec raison selon nous.

Hélas! ami, tu ne savois que faire,

A me traiter, obéir et complaire,

Comme celui duquel j'avois le cœur. (Cl. Mab., Ep, i. 1517.)

— Comment doncques Avez-vous fait à vous sauver? (Lari v. , Facéi. Nuicts de Simp. , i V Nuict, f . 4.) Le coq, qui se lève la nuict à chanter. (ij //^/rf.)

— En religion! respondit celle procureuse. Vraymout! il faul autant d'argont puur le jourd'huy pour y mellre une fille comme à la mellre en son mesnage. (Cuqu€lM de l'accouctiée, 5* journ.)

Tout ce qu'à façonner un corps Nature assemble de trésors

Est en elles sans artifices. (Malh., Siatteet, la Ren. à Henri le Gr.) La nature ny la forlune ne m'ont pas donné beaucoup de parties «c plaire. (Thêopii., Fragm, dune kiet.^ c. il.)

A venger votre affront servez-vous de mon bras.

(Th. Corn., IU. Ennemis^ iv, 2.) Que pourrois-je autre chose à guérir ses ennuis !

(Id., Engag, du katard, iv, 4.)

Au lieu de se servir de sa puissance à se venger d'eux , il s'en servit à les secourir. (Le Maist. , Plaid,, xxvii.j —Tant de restes ne pouvaient pas s'accorder facilement: il fallut prés d'uu an à les ajuster ensemble. (Mrs., Abr. de TAmi. de Fr.j ann. 1495.) — Le duc de Guise se servit de l'armée qu'il avoit sur la frontière de Champagne à se saisir des villes de Raucour et de Donzy, sur le duc de Bouillon. (Id., t^., ann. 1585.) — Que tous les hommes s'unissent à louer quelqu'un, ils n'ajouteront rien à son mérite. Qu'ils s'unissent à le blAmer, ils ne lui en ùteront pas la moindre partie. (Nicolb, ConL de* Est, sur l'Ëptl. du 4« dim. de l'Av. ] — Ce même feu demeure paisiblement caché dans les veines des cailloux, et il y attend à éclater jusqu'à ce que le choc d'un autre corps l'excite. (Fén.. ExUu de Dieu, I. ) — Il lui fallut bien vingt ans à s'étendre et à faire un corps de secte qui méritât d'être regardé. (Boss., Var., xi.) — On appellera cela comme oc voudra; pour moi, j'appelle cela suivre mon inclination et aller mon chemin : je suis née à n'en pas prendre d'autres. (M"* de Montp., Mém, ) — Mais j'attendrai cette grande journée à vous informer de mon choix. (Pekr., Co:.i. eu V(;r«, Griselidis.)

On trouve de môme, au dix-huitième siècle :

A faire d'un tel gentilhomme un Achille au pied léger, l'adresse do Cbiron même eût eu de la peine à sufi&re. (J.-J. Rouss., £iii., ii.)

£t de nos jours :

Que cette place est bonne d le bien poignarder 1 (V. Hugo, Cromw,, v, 3.) Il en faudrait un monde à faire un grain de sable. (Lan., JoceL, A* ép.)

-- A, puur en, devant un infinitif :

Voltaire a encore critiqué cet emploi :

A raconter ses maux souvent on les soulage. (f*a/., i, 3.)

« Ce vers, dit-il, est un peu familier, et il faut en racontant^ et non à raconter, »

Corneille a pu parfaitement préférer à raconter à en racontant. II a dit encore :

Ah! Mélite, pardon, je t'offense il nommer

Celui qui m'empêcha si longtemps de t'aimer. ( UéL, m, 1.)

Joignons à la douceur de venger nos parents

La gloire qu'on remporte a punir les tyrans. ;C.iuta, i, 2. i

Je deviendrois suspect à tarder davantage. {Chma, i, 4.)

Et pour dernière adresse une telle beauté

Ne se voit que de nuit et dans l'obscurité,

De peur qu'en un moment l'amour ne s'estropie,

À voir l'original si loin de la copie. [Suite du Meni., ii, 7.)

Ce mépris de la mort qui, partout à nos yeni,

Brave si hautement et nos lois et nos dieux.

Cette indigne fierté ne seroit pas punie,

À ne vous dter rien de plus cher que la vie ! [Tkéod., m. i.)

Confidents tout ensemble, et rivaux l'un de l'autre,

Nous ne concevions point de mal pareil au nôtre'

Cependant à nous voir l'un de l'autre rivaux .

Nous ne concevions pas la moitié de nos maux. {Hcdog.^ ii, 4.)

Jugez par là l'excès de ma confusion ,

À me voir attachée au char de Scipion. (fMr/.)

Le choix que vous m'offrez appartient à la reine,

J'entreprendrois sur elle à l'accepter de vous. [Ihid*, m» 4.)

El je hasarde tout à quitter les Thébains

Sans mettre ce dépôt en de fidèles mains. {OEd., i, 3.)

Tu perds de ton grand art la force, ou l'imposture,

A t'armer contre moi de toute la nature. {La Tohou dt<i^^ m, 5.)

Et l'ordre ambitieux d'un hymen politique.

N'a rien que ne pardonne un courage héroïque.

Lui-même il s'en console, et trompe sa douleur

A croire que la main n'a point donné le cœur. (Soph.^ i. 3.)

Après tant de bontés et de marques d'estime,

A vous moins déférer je croirois faire un crime. (Ayét., v, 3;)

Si l'amitié vous platl, si vous aimez l'estime,

A vous les refuser je croirois faire un crime. [Suréna.)

Et qui veut être éclairé pleinement Doit apprendre de lui que ce n'est qu'à le suivre Que le cœur s'affranchit de tout aveuglement. {fmU , 1. 1.)

Si la mort te semble un passage

Si dur, si rempli de terreur.

Le péril qui t'en fait horreur

Peut croître à vivre davantage. [Ibid., ii, 3.)

Ah ! qu'heureuse est une âme alors qu'elle l'écoute ! Qu'elle amasse de force à l'entendre parler! {îbid., m, 1 .)

Sache qu'à me suivre Je t'apprendrai bientôt d'autres façons de vivre. {U Ment,, i, 6.)

« A me suivre » est un barbarisme, dit Voltaire. Il n'y a pas là de barbarisme, mais seulement une hardiesse qui rentre dans les exemples précédents.

L'emploi de à, avec le sens de en, devant un infinitif, n'est pas particulier au grand Corneille. Le frère de notre poëte affectionnait singulièrement cet emploi, qu'il a prodigué jusqu'à l'abus; <|u'on en juge par ces exemples, que nous aurions pu multiplier beaucoup plus encore.

J'assure sa grandeur à vous en faire maître. iTu. Coiin., Itérén., m, 4.)

Le noble emportement que m'inspire ton zélé!

Je fais voir un cœur bas si, je ne les querelle (les dieux).

Et je trahis ma gloire à n'oser mériter

La chute où leur rigueur me veut précipiter? (fM., iv, 6.)

S'il voit qu'd s'expliquer ses vœux puissent déplaire.

Sans les porter ailleurs, il les force à se taire. {Ibid,, y, 2.)

Chacun pour son pays crovoit montrer son xéle,

A prendre avidement le titre de rebelle. [Ibid.^ t, 60

Ses vœux dans leur fierté n'ayant pu vous déplaire ,

J'aurois cru faire un crime à leur être contraire. {Jbid., t, 8.)

Mais, aimant Statira, j'irrite sa colère

À me joindre au parti qui s'attaque à son père. (Id., Darius, ii, 5.

AMBSTRis. Et que vouliez-vous faire?

DARIUS. Mettre an jour un secret qui me perd à le taire,

Découvrir Darius. (/Aid., iv, 7.)

J'en ai fui le supplice à garder le silence. {Ibid., v, 1.)

Jamais à prendre un sceptre on ne ternit sa gloire. (Id., Com.t m, 1.)

Mais songez que l'amour est sensible à l'outrage,

Et qu'à se trop permettre on peut tout hasarder,

Quand l'esclave qui prie a droit de commander. {!bid., m. 2.)

Le coup qu'à d'autres mains ils auront cru remettre ,

Helvie aura sans doute osé se le permettre,

Et selon son transport croyant l'exécuter,

Fait avorter la trame à la précipiter. {Ibid., iv, 1.)

Mais à voir que sur vous sa rage ose s'étendre,

Mon amour aussitôt a dû tout entreprendre. {Ibid., v, 3.)

À faire ce qu'on doit on ne mérite rien. {Ibid., y. 7.)

A moins oser pour vous, je ferois mal connoltre

L'heureux fruit des leçons de mon illustre maître. [Mon dAnn,^ ii, 4.)

(Juoi, Vous fuyez à les voir? (Circé, iv, 5.)

On trouve de même dans des écrivains de toutes dates, comme de tout genre et de tout ordre :

La vaillance (de qui c'est rcffecl de s'exercer seulement contre la résistance), Nec nisi betlaniis gaudet cervice juvenci, s'arreste à voir l'ennemy à sa mcrcy. (Mont., Essaix, ii, 27.) Les peuples in&dellcs Se mocquent à vous voir sanglants de vos querelles...

(Gilles Durand, Regrets fun. sur la mon de CAsne ligueur.) A remonter encore plus haut, on voit... ( Boss., PoliL^ ii, 2. ) — Le Pensionnaire connaissait assez la sagesse de ce parti , et qu'à être maître absolu du de> dans, un peu de patience et de temps auroit dissipé ce grand orage. ( Pell. . Hixi. de Louis XIV, 3. ) — Le public n'attend pas après son jugement pour reconnoitro le mérite des gens excellents, et n'apprend rien de nouveau à les voir louer. (St-Rêal, De la OU., c. 8.)

Ma fol, vous nous perdez à resler davantage. (Legr., Fam. cjrirav.. c. xvi.) Le sort m'avoit flattée ; il me menace, il change ; Ce n'est que sa coutume, il ne fait rien d'étrange :

Il avoil trop longtemps soutenu mon parti ;

4 ne s'en pas dédire* il se fût démenti. (Quin., Astrale, ii. 1.)

M. Géiiin, dans son fxwique de Molière, cite plusieurs passages du grand comique où cette locution a été employée, et observe justement qu'elle correspond au gérondif en do, ou au supin en u des Latins, qui n'est lui-môme qu'un datif ou uu ablatif, Tun et Vautre marqués en français par d : Vires acquirit eundo ; diffunditur auditu.

Les nombreux passages que nous avons rapportés prouvent que cette forme n'est particulière ni à Corneille ni à Molière, dont nous avons cru inutile de répéter les exemples.

Quelquefois, dans des phrases analogues à celles ((ui viennent d'être citées, ci se traduit par lorsque, ii, plutôt que par en.

Un bienfait p^rd sa grftee à le trop publier. {Théod. . i, 2.)

MftAiiTB. Quoi, eelle qui m'écrit?

USE. Oui, eelle qui vous aime,

A Taimer tant soit peu, vous l'auriez deviné. (Suite du Ment,, u, 6.]

Souffrez la douleur d'une mère, £t les premiers soupçons d'une aveugle colèrB. Comme ce coup fatal n'a point d'autres témoins, J'en ferois autant qu'elle, à vous connoUre moins. (Apc/ey., v, 4.)

Il serait moins coupable il m'avoir moins aimée. (Seri,, v. 4.)

Le sens de sa parole est souvent si sublime

Et si mystérieux.

Qu'à trop l'approfondir il égare, il abtme

L'esprit du curieux. (Imii., i, 3.)

Thomas Corneille offre des exemples tout u fait analogues :

Et de mes tristes maux l'excès monte à tel point,

Que je commets un crime à n'en commettre point. (Mnximian, m, 1 .)

A ne m'obéir pas il iroit de sa vie. [La Mort de femp. Commode, ii, 5.)

L'estime de ma reine à mes vœux doit suffire.

Si l'amour la portoit à des projets trop bas,

Je trabirois sa gloire à ne l'empêcher pas. (I^ Comte d'Etsex, ii, 5.)

Molière, dans un vers curieux que M. Géniu aurait dû citer dans son Lexique, a dit de môme :

Et que puis-je résoudre à voir cet homme mort? {Ee. dee Fem., y, 1 .) On a dit d'une manière analogue :

Et an rapporter les bous ensambie, se la couroie croist, faictcs le remenor contre val la vallée. (Jbh. d'Abras. Milutine, éd. Jannet, p. 48.) — Ces desbordemens font un grand changement et un grand lumulle en nosire disposition; nais ils oe sont pas si dangereux à la santé qu'on les croit; à les continuer on y succombe; mais à s'y laisser quelquefois surprendre, on s'en trouve mieux. (Thîopb., Proffm. d'une hiet,, e. iv.) — À remonter jusqu'à la source des troubles,

on trouve qn*ils anroient été évités si le roi Henri III avott vonin, à son svënement à la conronne, donner la paix générale au royaume. (M** ok Villbdi«d, Détarti. de fam.f i.) — 11 y a encore dans ce château un puits si profond qu'on n'en peut tirer de l'eau en moins d'une demi-heure, et à considérer Ja hauteur du lieu, on ne peut assez s'élonner de la hardiesse de l'entrepreneur. ( Tavbbn. , Foy. de Perse, dess. de l'aut. ) — Si Tennemi n'attaquoit que par un front fort étroit, on pourra hasarder de le soutenir de vive force , autrement non ; à s'y prendre d'autre façon, on y perdroit bien du monde. ( Vaob., Fragm. d^une Lttt, â Jf . Lepetteiier, 16 mars 1705. ) — Tout le monde vante l'amitié, peu de gens la connoissent, presque personne n'en remplit les devoirs. D'où peut venir cette contradiction de sentiments et de conduite? Ne seroit-ce point qu'd la vanter, on .<e fait honneur; qu'a la connoistre, on trouve de quoy se condamner; qu'à remplir les devoirs qu'elle exige, on s'impose un joug souvent incommode? (Sacy, D« V Amitié, i.)

On trouve assez souvent «, employé pour en ou pour si dans de bons écrivains du dix-neuvième siècle :

J'avilirais le sceptre à venger mon injure. (DbCav., Vêpr, Sic, m. 2.) Je sais bien qu'à écrire tout ce qu'on pense , on se fait beaucoup d'ennemis parmi ceux qui se trouvent bien des vices du temps. (Georges Sand, Un, d'«n voyag.f xii. ) — Tout en reconnaissant les heureux traits épars dans cette Sohiude de Saint-Amant et en m'expliquant très-bien le succès qu'elle eut à sa date, je me dis qu'd la relire aujourd'hui je n'y trouve ni la solitude du chrétien et du saint, celle dont il est écrit « qu'elle bondira dans l'allégresse et qu'elle fleurira comme le lis ; » ni la solitude du poêle et du sage; ni celle de l'amant mélancolique et tendre; ni celle du peintre exact et rigoureux. (Ste-Bbuve, Causeriet du lundi, 8 déc. 1855.) — J'ai beaucoup lu et feuilleté Beaumarchais, qui est l'homme le moins discret quand il parle de lui-même, et il me semble qu'à le bien écouter dans ses aveux et ses confidences familières, on en sait déjà presque assez. (Id.. ibid,, 14 juin 1852.)

— A, pour de; a quel droit, comme de quel droit :

Peut-on avoir pour toi quelque amour, quelque estime,

0 vie, ô d'amertume affre.ux et vaste abîme.

Cuisant et long supplice et de l'âme et du corps?

El, parmi les malheurs dont je te vois suivie,

A quel droit gardes-tu l'aimable nom de vie ,

Toi dont le cours funeste engendre tant de morts? [Imii., m, 90.',

Fontenelle a dit comme son oncle :

A quel droit prétens-tu nous juger? [Pau., â M"« la Dauph )

— De même prendre l*ordre a mourir, pour signifier recevoir Tordre de mourir.

Prendre l'ordre à mourir d'une main ennemie,

C'est mourir, pour un roy, beaucoup plus d'une fols. {Méd,, iv, 5.)

— s'effaroucher a, comme s'effaroneher de :

11 suffit que nous n'inventions pas ce qui de soi n'est point vraisemblable, et qu'étant inventé de longue main, il soit devenu si bien de la connoissance de l'auditeur, qu'il ne s'effarouche point à le voir sur la scène. (2* Dite. )

Voir nos articles ouhlier a, pour mhlier do, manquer a, pour manquer de.

L'emploi de à pour de était autrefois tr^s-fréquent. Ainsi on disait :

Avec un verbe :

>R PAS LAISSER A, pour fw pos latsser de.

Ja parmi ceste ville à a 1er nen lairoie, {Le DU de Ménage,)

Quoique ta sois dépourvu de la faveur des hommes, De iaisse pourtant à entreprendre une œuvre digue de toi. ( Du Bbllat, lUusir. de la langue franc. . 1. ii, c. 5.) — Combien qu'ils fussent merveilleusement étonnés, et qu'ils ne sussent par qui ni comment pouvoit avoir été faite cette déconfiture, si ne lausèrent point à regarder au butin. (Amtot, Hiti. Éthiop.) — Pour cela, je n'entends pas que l'on laisse de part et d'aultre à faire la guerre en la campagne. ( Lett, mUs, de Henri iV, 14 mars 1598, t. iv, p. 928}

DÉSIRER A, pour désirer de :

Les dames désirent moult à veoir vostre poaistre. (£^ Roman de Jehan de Paris.)

CONSEILLER A, pour Conseiller de :

Doy-je pas révérer sa bonté sans pareille,

Lorsqu'elle me conseille À faire choix d'un bien si fécond et si beau. (Racan, Psaume, xv.)

OMETTRE A, cbmme omettre de :

Ne voulant oàmetire t^vous dire, madame, que tout ainsy que je ne vous peux procurer un plus propre interprète de mes affections que le dict sieur de- Ségur, ainsy ne pouvez-vous choisir personne, mesme entre vos subjccis, plus affeclionnê a preseher vos vertus.- (Le/i. missives de Henri IV, à la royne d'Anglet., t. ii, p. 19.)

Avec un adjectif :

DissEMBLARLE A, pour dissemblable de :

Les seigneurs auslrasiens aimoient bien mieux se soumettre âClotaire, qui éloit fort dissemblable à sa méchanle mère. ( Hbz., Abr. de Chist. de Fr., an 61!2. ) ~ Leur impudence ne peut pas aller jusques à faire ce portrait d'eux-mêmes ; ils savent bien qu'il seroit trop dissemblable à l'original. (Abn. , Apol. pour tes CttihoL, I, 3.)

Au contraire, Ton employait souvent de dans des cas où Ton mettrait aujourd'hui à ; ainsi Ton disait :

Je sçay que les François n'ont pas encore apris

De pousser dans ce champ leurs délicats esprits. (TaiiopB., ÉU^ij.)

Les exemples des deux cas seraient très-norabreux si nous ne devions éviter une longueur excessive :

— A, avec :

Que si l'ambition de commander aux autres

Fait marcher aujourd'hui yos troupes et les nôtres, Pourvu qu'à moÎDS de sang nous voulions l'apaiser, Elle nous unira loin de nous diviser. (for., i, 3.)

11 avoit vu chez elle entrer votre maîtresse.

Mais il n'avoit pas su qu'Hippol^te et Daphné

Ce jour-là par hasard chez elle avoient dtné.

Il les en voit sortir, mais à coiffe abattue. {MeM., m. 3.)

Peuple, à vœux redoublés, souhaitez-lui la paix, [True, du p9. csx.)

Vous marcherez vers Rome à communes enseignes. {Serêor.^ i, 3.)

Un certain nombre d'exemples montreront combien cette sigiii- (ication de à pour avec était commune d&ns Tancienne langue :

Âtant se licve à cuer mari.

{Fhire et BUmceflor, éd. du Mér.. v. 2354, l'» vers.) Environ huit heures de jour, aloit à sa messe, laquelle estoit célébrée glorieusement chascun jour à chant mélodieux et solennel. (Christine db Pisan, HisL de Charl, U Sage.) — Adonc le conte se mist en chemin, et avecq luy sa mère, sa seur et sa baronnie A noble compaignie. (J. d'Arras, Métut., éd. Jann.; p. 58.) — Se tu veulz croire fermement toutes les parolles que ton seigneur te dist, elles te seront moult pourfitables à l'aide de Dieu. (Id., i^id., p. 39.) — Et partirent des tentes à bien xl chevaliers si noblement montez et parez, que c'estoit grant merveilles. (Id., ibid., p. 84.)

Quiconques meurt, meurt à douleur. (Villon, Grant Testam., xl.)

Or çà, pour entrer en mesnalge,

11 fault achepter du mesnaige,

Louer mayson et chamberiére,

Et que désormais on acquière

A grant labeur, sueur et peine,

La vie au long de la sepmaine. (Sermon dêâ maux de mariage,)

Si ay laissé ma mère seule, à grand désir de me veoir. {Le Bom. deJ.de Par.) — Puis fut commencée la messe a beaux chantres qu'il menoit avec luy. {là.) — Instrumens de toutes sortes commencèrent a sonner à grand mélodie. (16.)

Si tu rencontres par la rue

Une femme qui est barbue ,

Passe outre et lui crache en la veue ,

Ou a beaux cailloux la salue. (Lariv., Us Tromp., m, 9.)

De nuyt et de jour tant pescbèrent A leurs rais et à leurs filletz

Que.... {La Vie de saint Harenc, glorieux martir. et comment il Jusi pescké en la tner et porté à Oieppê.) Bogez, gouverneur en Eione de la part du roy Xerxes, assiégé par l'armée des Athéniens, sous la. conduite de Cimon, refusa la composition de s'en retourner seurement en Asie à toute sa chevance, impatient de survivre à la perte de ce que son maistre lui avoit donné en gurde. (Mont., Essai», ii, 3.) De la fille du ciel telle paroist l'escorte , A plus d'heur que d'esclat, moins pompeuse, plus forte.

(D'AcBiGNé, Tragiquêê, m.) A moins de mal on sort que l'on n'enUe en la vie. {^ibid., iv.)

Et moy je vis de mon petit domaine A peu de train, sans pension du roy,

Faisant des vers et ne roe donnant peine De ce qu'on dict de moy.

(Oftivr. /al. et franc, de Nie. Rapin, 1610, iD-4% p. 129.} Les flambeaux éternels qui font le tour du monde Percent à longs rayons le noir cristal de l'onde. (Ragan, Berg., i, 1.)

Corneille présente des emplois particuliers qui rentrent dans la signification de â pour avec :

Charle-roi qui t'attend, mais à portas ouYertes ,

 forts démantelez, à travaux démolis.

Sur le nom de son roi laisse arborer tes lys. {Us YUu du Roi en 1667.)

Choisissez donc ensemble à communs sentiments.

Des charges dans ma cour, ou des gouvernements. (Othon, m, 4.)

— A, d'après :

À la lettre il parolt qu'il a beaucoup d'esprit. {Suiiedu Mem,, ii, 1.

— A, en la personne &, devant un substantif :

Abandonner mon camp en est un [crime) capital,

Inexeoiable en tous, et plus au général. (Nie,, ii, 3.)

€ Au général » est un solécisme ; il faut « dans un général, » dit Voltaire :

n n'y a pas plus de solécisme dans le vers de Corneille critiqué par l'illustre commentateur que dans ces autres sur lesquels il n'a rien dit :

Ah ! vous me feriez peur, S'il ne s'en falloit pas l'Arménie et mon cœur, Si le grand Annibal n'avoit qui lui succède, S'il ne revivoit pas au prince Nicoméde. (iVtcom., m, 2.)

Et cette manière de parler était d'un usage aussi correct et aussi fréquent en prose qu'en vers :

Ils avoient peu de confiance au comte de Jonzac. (La Roghep., Mém„ Guerre de Guienne.) ^ Leur espérance est aux troupes de Brandebourg, qui s'avancent, quoique lentement. (Pbllis. , Leit. hiu., 21 sept. 1674. ) ^ La reine entre dans ces plaisanteries; mais cependant je n'ai point encore attrappé la confiance qu'elle avoit aux femmes de chambre piémontaises. (La princesse des Ursins, LetL à ta mariehale de Noailies, 12 nov. 1701.)

— A, par :

Par votre ordre on la quitte, et cet ami fidèle

Me pourroit au même ordre abandonner comme elle. {Sophon,, v, 6.)

— c'est A (un substantif), a, (un infinitif). C'est à... qu'il appartient :

CeMt aux commencemens des foibles passions

À s'amuser encore aux protestations. {L'iiiua, Corn., u, 6.)

Ceêtaux courages bas, eeti aux amans vulgaires,

A faire agir pour eux l'autorité des pérçs,

Souffrez à mon amour des chemins difTérens. {Androm.^ iv, 1.;

— A, employé d'une manière explétive avec un pronom personnel se rapportant à un substantif déjà déterminé par un pronom possessif :

Tous mes sens à moi-même en sont encore cbaimés. (Le Cid^ i, 1.;

— A MOI, pour me datif :

Qu'il entre. A quel dessein vient-il parler à moi.

Lui que je ne vois point, qu'à peine je connoi? (Héracl., u, 4.}

« Parler à moi, » observe Voltaire, ne se dit point; il faut « me parler. » On peut dire en reproche : — Parlez à moi ; oubliez* vous que vous parlez à moi? »

La remarque était bonne pour le temps de Voltaire, elle le serait de même pour le nùtre ; mais Corneille parlait la langue de son temps dans le vers plus haut cité, de môme que dans les suivants :

Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse,

A cet objet si cher tu dois tous tes discours;

Parler encore à môit c'est trahir tes amours. (Mêd., v, 6.)

De même /wi, que nous employons au datif pour le masculin et le féminin, était souvent, au dix-septième siècle, remplacé par d luiy à elle, qui permettent de distinguer les genres. Cette forme se rencontre plusieurs fois chez Corneille, et se retrouve jusque postérieurement au dix-septième siècle :

Un acteur occupant une fois le théâtre, aucun n'y doit entrer quMl n'ait sujet de parler à lui. { Trois, Disc. ) — Cette prière et cette sortie , Simon et Chrêmes qui demeurent sur le théâtre, ne disent que chacun un vers, qui ne saurait donner tout au plus à Pamphile que le loisir de demander où est Criton, et non pas de parler à lui, et lui dire les raisons qui.... (!5id. ) — Rodognne, dans le premier acte , vient trouver Laonice, qu'elle devrait mander pour parler à etie. ( Êbid, ) ^ ALCIPPK sortant de chez Clarisse, et parlant à elle, [Le MenL^ v. 7.) Devant son huys je me pourmaine Soubz l'espoir de parler à elle, (Roo. db Coll., le Monol, du Résolu. )

Venez avec moi, je vous ferai parler à elle, (Mol., G, Dandin, ii, 6.) — H se détermina à ne se point faire connottre à Zayde, et à suivre sa barque jusque» au port. Il espéra y trouver quelque moyen de parler à elle en particulier. (M** DE La Fayrtté, Zaydt, i.)— Bussy remarqua avec soin tout ce que faisoit le duc. à qui la reine avoit fait signe de venir parler à elle, (M** db Villbd., Amours dti grands hommes, Bussy d'Amboise, i.) — U vit Madame la princesse, mais ce fut de loin et sans parler à ellt. (Malu., LeiLt à Peiresc, 17 juill. 16J0.) — Je demandai qu'on me fît parler à lui. (Prkv., Mém, d'un homme de qual,^ ii.)

ABAISSEMENT. — ABANDONNER. i:i

On avait aussi la liberté de dire d eux pour /ewr, régime indirect :

Dans Tordre commua, il est quelquefois de la bienséance que ceux qui occupent le théâtre aillent trouver ceux qui sont dans le cabinet pour parler à eux. (TrM. DîK.)

ABAISSEMENT, action de se laisser aller à quelque chose de rabaissé :

Le trop d'abausemeni vers les objets sensibles. {Imii., m, 31 )

De même avec à :

Ce lâche abaiuement aux douceurs temporelles

Que le siècle fait trop goûter,

Sert d'un grand obstacle à monter Dans ce palais de gloire où sont les éternelles. {Iùid,t m, 16.)

— l'abaissemeist des coeurs, rhumiliation des cœurs :

Et jamais leur courroux ne montre de rigueurs

Que n'abatte aussitôt VatMiesemetu des cœurs. {Àfidrom.t iv. G.)

— ABAISSEMENT, avec le pluri( 1 :

Et la mort, ou l'exil, ou les abaissements,

Seront pour vous et moi ses vrais remerclments. {Othon, n, 4 )

ABAISSER SA COLÈRE, expression créée pour signifier la modérer :

Je trouve en son chagrin moins d'animostté ;

De moment en moment son &me plus humaine

Abaisse sa eoière et rabat de sa haine. (¥éd., m, 1 .)

— ABAISSER (s') A, suivl d*uu infinitif :

Mous ne demandons point qu'un courage si fort

S'abaisse à notre exemple à se plaindre du sort. (Uor., m, 5 )

ABANDON , METTRE SA TÈTE A l'abaxdon, la livrer :

Non, non, vous ne voyez en moi qu'un criminel,

A qui l'àpre rigueur d'un remords éternel

Rend le jour odieux, et fait nattre l'envie

De sortir de sa gêne en sortant de la vie.

Il vient meure à vos pieds m tête à C abandon» {àiélil^, v, (>.)

ABANDONNER, donner légèrement, témérairement :

Et n'abandonner pas aux rapports qu'on vient faire

Une indiscrète foi. (/mif., m, 45.)

— ABANDONNER A, laîsscr à la liberté, au jugement de :

Cm régies n'ont aucune exception, et j'ai abandonné en ces rencontres le choix

Page 1