‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 263 sur 389 · EXILER. — EXORABLE · texte numérisé non relu

EXILER. — EXORABLE

En ce faisaDt, esterez la tristesse Que mon cueur sent, en amére destresse.

Et si serez de pitié Vexemplaire, (B. ni Collbr., ÉpUt.^ vi.)

Elles étoient anprés de madame lenr grand'môre, qni étoit an exemplaire de ▼erta. (M-« oi La Gubttb, Mim.)

Exemplaire^ sans régime indirect, était autrefois très-fréquent dans le sens aujourd'hui vieilli de modèle, prototype :

De qui la main forma exemplairee et causes. (D'AuBioid, Les Tragiq,)

On l'employait de même absolument, pour modèle en général :

EnsuyTir fault nos exemplaires, {Le Courr, de la Mort contre les Anglois.}

EXILER DE. Emploi un peu recherché au figuré :

Tyrannise un tyran qni triomphe de toi,

Et par un faux trophée usurpe sa victoire.

S'il est vrai que l'amour te vole tout mon cœur,

Exile de mes yeux cet insolent vainqueur. [La Tois. ttor, tv, S.)

— EXILÉ DE L*AME , en parlant d'un sentiment banni :

Tous nos vieux différends de leur âme exilés, [Bodog,, v, 1.)

EXORABLE, qui écoute favorablement :

0 dieux, qui comme vous la rendez adorable.

Rendez-la comme vous à mes vœux exorable. (Cin., m, 3.)

Voltaire relève très-bien l'énergie de cette expression dans cette remarque de son Commentaire:

« Exarable devrait se dire : c'est un terme sonore, intelligible, nécessaire, et digne des beaux vers que débite Cinna. 11 est bien étrange qu'on dise implacable et non placable ; Àme inaltérable, et non pas âme altérable ; héros indomptable, et non héros domptable, etc. »

On en trouve de beaux exemples avant Corneille ou de son temps:

A notre amour enfin serez- vous exorable ? (Rotrou, Laure persée., y, 10.)

Le ciel à mon amour seroit-il favorable,

Jusqu'à rendre sitôt Ariane exorable?. (T. Corn., Ariane, iv, 5.)

Exorable a été employé du temps de Voltaire :

QvCexorable à la prière (le prince), il soit ferme contre les demandes» (M ontesq.)

Hais Fusage de ce terme était exceptionnel ; il commence à

s'accréditer à la fin du siècle, où l'on en trouve des exemples

comme celui-ci :

Voilà quel est le peuple, même en insurrection, lorsqu'une constitution libre l'a rendu à sa dignité naUirelle, et qu'il croit sa liberté blessée ; violent, mais exorabUs excessif, mais généreux. (Mirab.)

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