FORCER
qui signifie hors, dehors, et de l'ancien mot smé^ qui correspondait à sensé, sain, sage. Dans nos vieux auteurs on trouve souvent forsener eifounener. Cette dernière forme se rencontre dans le Vocabulaire latin^français du quataruème siècle ^ publié par H. Escalier.
FORCER. SE LAISSER FORGER A , suivî d*un subst. :
Enfla aux ch&timenls il «e lai$$eforctr. {ttuer. aricet sotu de» euampes,
vil. La punition des viUes rebeUes.)
— FORGER, fig. en pari, de périls, surmonter:
Je sais leur chef, madame, et pour cette conquête,
Mon hoaoeor me coodamne à marcher à leur tète.
J'y dois périr comme eax, s'il leur faut y périr,
Et bientôt à leur tôte on m'y verroit courir,
Si j'aimois assez mal pour essayer mes armes
A forcer du périls qu'ont préparés vos charmes. [La Tois. dor^ ii, 2.)
— FORCER, en pari, de sentiment, vaincre, surmonter :
II est vrai. Devant vous, forçant mes sentiments,
J'ai présenté des vœux, j'ai fait des compliments. {La GaL du Pal., v,4.]
Forces, en ma faveur, une trop juste haine. {l*ompé€, iv, 2.}
— FORGER LE DEVOIR DE *QUELQc'uN , Contraindre moralement quelqu'un à manquer à son devoir :
Va, songe à u défense.
Pour forcer mon devoir, pour m'imposer silence. (Le Cid, v, 1.)
— FORGER DES RAISONS, Ics vaiucre I
Je cède à des raitom que je ne puis/orcer, (iVicoai., v, 1.)
« Des raisons qu*on ne peut forcer, » c'est un barbarisme, dit Voltaire. Malgré l'autorité de ce jugement, nous trouvons à l'expression de Corneille autant de correction que de clarté et d'énergie.
— FORGER SA COLÈRE A (uu infinitif) :
Si cet homme est à vous, imposez-lui silence,
Madame, et retenez une telle insolence.
Pour voir jusqu'à quel point elle pourroii aller,
J*ai forcé ma coltre à le laisser parler,
Mais je crains qu'elle échappe.... (iVtcoai., i, 2.)
— SE FORCER A , suivi d'uu substantif :
Ahl forcez-vous, de grâce, à des termes plus doux,
Pour des crimes qui seuls m'ont fait digne de vous. (PeriA. , ii, 5.)
Je me force au respect; mais toujours le vanter,
C'est me forcer moi-même à ne rien respecter. {Androm., v, 2.)