‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 295 sur 389 · GAGNER. — GAILLARD · texte numérisé non relu

GAGNER. — GAILLARD

GAGNER, fig. GAGNER DES COMBATS, comme l'on dit gagner de» batailles :

M, etc. {U CmI. I, 4, T. »i, 1" éd.)

L'Académie ayait fait cette observation à propos de la critique de Scudéry qu'elle confirmait :

< L'observatear a repris cette façoo de parler avec quelque fondement, parce qu'on ne saurait dira qn'improprament : gagner des combals. >

Voltaire, avec raison, s'inscrit en faux contre cette décision :

c Si on gagne des batailles, pourquoi ne gagnerail-on pas des combats? >

Cependant Corneille, dans les éditions postérieures à la première, a sacrifié l'expression gagner des combats, et a mis :

Le prince à mes côtés feroit dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras !

— GAGNER, obtenir à force de peine :

Et soudain sa colère a trabi son amour,

Avec tant de transport et tant d'impatience,

Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. {Lé Cié, v, 6.)

— GAGNER SUR.... QUE, suivi d'un fiitur :

H vient de me quitter asses triste et confus;

Nais y ai gaqné smr lai qv'il ne me verra plus. (PoL, u, 1.)

— GAGNER, avec im nom de chose pour sujet, et im nom de personne pour régime indirect, faire obtenir:

U faut envoyer par avance

Tes bonnes œuvres devant toi,

Qui de ton juge et de ton roi

Puissent te gagner la clémence. (fmtr., i, 33, éd. 1653.)

— LE GAGNER CONTRE QUELQU'UN, Rvoir l'aTantage sur quelqu'un:

Ne pouvant U gagner contre toi de paroles,

J'opposerai l'effet à tes raisons frivoles. (C/il., v,3, l'^éd.jnsq. ISiAincL?

GAILLARD, avoir l'esprit gaillard, avoir l'esprit vif et gai :

Cette fille est jolie, elle a Cetprii gaUtard. {Suite du Ment,, i, 3.)

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