GAGNER. — GAILLARD
GAGNER, fig. GAGNER DES COMBATS, comme l'on dit gagner de» batailles :
M, etc. {U CmI. I, 4, T. »i, 1" éd.)
L'Académie ayait fait cette observation à propos de la critique de Scudéry qu'elle confirmait :
< L'observatear a repris cette façoo de parler avec quelque fondement, parce qu'on ne saurait dira qn'improprament : gagner des combals. >
Voltaire, avec raison, s'inscrit en faux contre cette décision :
c Si on gagne des batailles, pourquoi ne gagnerail-on pas des combats? >
Cependant Corneille, dans les éditions postérieures à la première, a sacrifié l'expression gagner des combats, et a mis :
Le prince à mes côtés feroit dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras !
— GAGNER, obtenir à force de peine :
Et soudain sa colère a trabi son amour,
Avec tant de transport et tant d'impatience,
Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. {Lé Cié, v, 6.)
— GAGNER SUR.... QUE, suivi d'un fiitur :
H vient de me quitter asses triste et confus;
Nais y ai gaqné smr lai qv'il ne me verra plus. (PoL, u, 1.)
— GAGNER, avec im nom de chose pour sujet, et im nom de personne pour régime indirect, faire obtenir:
U faut envoyer par avance
Tes bonnes œuvres devant toi,
Qui de ton juge et de ton roi
Puissent te gagner la clémence. (fmtr., i, 33, éd. 1653.)
— LE GAGNER CONTRE QUELQU'UN, Rvoir l'aTantage sur quelqu'un:
Ne pouvant U gagner contre toi de paroles,
J'opposerai l'effet à tes raisons frivoles. (C/il., v,3, l'^éd.jnsq. ISiAincL?
GAILLARD, avoir l'esprit gaillard, avoir l'esprit vif et gai :
Cette fille est jolie, elle a Cetprii gaUtard. {Suite du Ment,, i, 3.)