‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 298 sur 389 · GÊNE. — GÊNER · texte numérisé non relu

GÊNE. — GÊNER

chittaM la meslée. (Id., i^td.) — Je n'ay goere d'art poar sçavoir gauchir la fortune et luy escbapper ou la forcer. (Id., ibid., c. xyu.) — Un poignard est plus senr pour assener, mais d'autant qu'il a besoin de plus de mouvement et de vigueur de bras, que n'a un pistolet, son eoup est plus sujet à utre gauehy ou troublé. (Id., iàid.t c. xxxx.)

Ce qu'écrit le destin ne peut ôtre effacé. Il faut bon gré mal gré que l'âme résolue Suive ce qu'a marqué sa puissance absolue: De ses pièges secrets on ne peut s'affrancbir.

Nous y courons plus droit en pensant les ^ancAir. (Trist., Mariamnej i, 8.) Il faut donc retarder ou au moins ne précipiter ces exécutions, s'imaginer tons les moyens possibles pour les gauchir et éviter si faire se peut. (NaudA , De$ Coups d'État, m.)

A cause des mauvais passages.

Des défilés et marécages

Que nous ne pouvions pas gauchir ,

Et que nous pouvions moins franchir,

Praslin tenant les avenues. {Le Courier buri. de ta guerre de Paris,)

GÊNE, au fig., torture, supplice :

Ah! ne m'imposez point de si cruelles gênes. {La Cal, du PaL, iv, 6.}

Je ne veux point d'un fils dont l'implacable haine

Prend ce nom pour affront et mon amour pour gêne. {HéroeL^ v, 5.)

Je m'impose à vos yeux la plus dure des gênes, (D. Sanche, i, 2.)

L'hymen où je ni'appréte est pour vous une gêne! {Sert,, iv, 3.)

Je souffre, et c'est pour vous que j'ose m'iroposer

La gêne de souffrir, et de le déguiser. {Oth., i, 4.)

La force de cette expression figurée se retrouve dans les exemples suivants :

Toutes les géhennes que peut recevoir un esprit sont sans cesse exercées sur le mien. (Lett. miss, de Henri IV, t. ii,p. 342.)

Jusques à quand, Amour, au fond de tes enfers, Sentiray-je tes feux, tes gesnes et tes fers?

( J. DB ScBBL. , Tyr et Sidon, %* journ., i, 1.)

Mais Dieu, touché de mes gesnes, (Racan. Pi., xvii.)

Aimant sans que je l'aime, il sera dans des iénes, (Richkl., Mirâmes m, 5.)

Du reste gêne s* employait encore au sens propre au dix-septième siècle :

Menacés de ï^gêne, ils ont tout découvert. (T. Corn., Per«.eilMm.,v, 3.) Pour tous les conjurés imaginez des gênes, (Id., Maxim.^ iii, 5.)

GÊNER, dans l'énergie du sens étymologique, mettre à la torture, tourmenter cruellement :

Et n'en doit faire un roi qu'afin de couronner

Celle que dans les fers elle aimcit à gêner. {Bodog.^ i, 1.)

« Le mot gêner y dit Villustre commentateur, ne signifie parmi

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