‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 299 sur 389 · GÊNER · texte numérisé non relu

GÊNER

nous qn^embafTOÊterf inquiéter. Ainsi Pyrrhus dit à Andromaque : Ahl que vous me gênez 1 II vient à la vérité originairement de géhenne y vieux mot tiré de la Bible qui signifie torture^ priêw; mais jamais il n'est pris en ce dernier sens. »

Corneille a encore dit :

Comme sa craaoté, pour mieux gêner Vaarice,

Le forcoit de ses fils à voir le sacrifiée.

Ce prince vit l'échange et l'alloit empêcher;

Mais l'acier des bourreaux fut plus prompt à trancher. [BiraeL, ii, 0-)

Et le commentateur a encore répété la même critique : « Forcer un père à voir égorger ses enfants, est-ce là simplement le gêner? n'est-ce pas lui faire souffrir un supplice affireux? Que le mot propre est rare, mais qu'il est nécessaire! »

La remarque de Voltaire et ses interrogations et exclamations sont étonnantes, et presque risibles.

Corneille a dit encore dans le même sens, et d'une manière également irréprochable :

Puis-je d'un tel chagrin savoir quel est l'objet? ciNNA. Emilie et César. L'un et l'autre me gêne;

L'un me semble trop bon» l'autre trop inhumaine.

Plût aux dieux que César employât mieux ses soins,

Et s'en fit plus aimer, ou m'aim&t un peu moins. (Ciii., m, 9.)

C'est trop me gêner ^ parle. (ibid,, m, 4.)

La reine, à la gêner, prenant mille délices,

Ne commettoit qu'à moi l'ordre de ses supplices. (/^td., i, 6^

Àh I que vous mo gênex Par cette retenue où vous tous obstinez I {Ibid., m, 5.)

Mais quoi! vous soupirez?

p<uÉB. J'en al bien lieu, Madame!

CASsiopB. Le sujet?

PBRSÉB. Votre joie.

CASSIOPB. Elle vous gêne l'âme! {Androm,, i, 4.)

Et puisqa'ici le ciel vous offre un autre époux,

D'un rang pareil au vôtre, et plus digne de vous,

Ne vous obstinez point à gêner une vie

Que de tant de malheurs vous voyez poursuivie. [La Toit, dor, tii« 3.)

Certes, si je l'osois, je nommerois caprice ^ Ce trouble ingénieux à vous faire un supplice, ^ Et l'obstination des soucis superflus

Dont vous gêne ce cœur quand vous n'en voulez plus. (SopA., i, %)

Cependant cours au temple, et presse un peu la reine

D'y terminer des vœux dont la longueur me gêne. , itM,, m. 1.)

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