AFFAIBLIR. — AIDER
Nous sommes tous faits pour affoiblir, vieillir et mourir. (M»* de Lamb., TVûîj^ de la nâll.)
Sa parole affoiblU, à peine elle profère
Les noms demi-sonnés de sa sœur et sa mère. (D'Aub., Let Trag., iv.)
— AFFAIBLIR (s*), avoc uïï nom-de chose, devenir plus faible, devenir moindre :
La pice t'affoibiit quand il faut qu'on l'attende ;
Tel pense l'acheter alors qu'il la demande. {Remerc» au card. Mazarin.)
AFFECTION. Parler d'affection, parler avec un accent du cœor, un accent passionné.
Il sembloit toutefois parler tC affection, {La Suiv,, m, 6.)
AFFINER, fig. SE LAISSER AFFINER A, 86 laisscF tromper par :
Qui se laisse affiner à ces traits de souplesse. (Jf^/., m, 2.)
— AFFINÉ, qui a trouvé plus fin que soi :
Quelque fin que tu sois, tiens-toi pour affiné. [La PI, Roy., m, 3.)
AFFLUENCE. Avoir de l'affluence, en parlant d'une pièce de théâtre; attirer Taffluence, la foule des spectateurs :
Ses trois premières représentations ensemble n'eurent point tant éCaffiutnce que Il moindre de celles qui les suivirent dans le même hiver. {Mél., à M. de Lianeour.)
AFFRONTER, faire affront, braver avec insulte :
Ifon qu'ils prennent sur eux de si lâches pratiques ;
Hais ils en font auteur un de leurs domestiques ,
Qui, pensant bien leur plaire, a si mal à propos
Instruit ce malheureux, pour affronter Carlos. {bon Sanehê, y, 4.)
Molière a dit :
Si j'y retombe plus, je veux bien qu'on m'affronte, {Êc. des Fem., v, 4.)
Cette signification est très-connue.
AGMTION, reconnaissance, en termes d'art dramatique :
Je sais que Vagniiion est un grand ornement dans les tragédies, Aristote le dit, mais il est certain qu'elle a ses incommodités. [Ùeux, Ùisc)
AGRÉER, absolument, avec un nom de personne pour sujet, comme plaire :
Pour agréer aiUeurs« il t&choit à me plaire. (La Suiv,, v, 9.)
AIDER A [un substantif], suivi d'un infinitif avec à :
Saisissez-vous d'un trône où le ciel vous destine,
Et pour choisir vous-même avec qui le remplir,
A vos heureux destins aidez à s'accomplir. (Oih., iv, 2.)
28 AÎGREIJR.
AIOUEUR. Donner de i/ aigreur a, suivi d'un nom de choso, aigrir, irriter.
Ce reste d'inlérôt que je prends en sa vie
Donne trop tt aigreur, prince, à voire jalousie. [La Tois. ttor, v, 1.)
— AIGREUR, pour amertumr, au sens moral :
Mon épargne depuis, en sa faveur ouverte.
Doit avoir adouci Vaigreur de celle perle. (Cm»o, ii, 1."
Mais comme il est, seigneur, de la fatalité Que Vaigreur soit mêlée à 4a félicité.
Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes. Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes. (Powp., v,5.i J'ai caché si longtemps l'ennui qui me dévore, Qu'en dépit que j'en aie, enfln il s'évapore,
Vaigreur en diminue à le le raconter. (Pufc*., ii, !..
L'aigreur des tribulations. (Imit., m, 50.)
Aigreur, qui a été quelquefois repris comme un terme trèsimpropre, notamment par l'auteur de \ Examen des fautes de langage dans la tragédie de Pompée^ a été longtemps synonyme d'amertume :
De quoi sert le nom de paix publique , si chacun en son particulier éprouve l'effet et aigreur de la guerre? (L'Hospit., Harattgue.)
Vaigreur de mon martyre. (Rkon., Éiég., v..
Dans ce climat barbare où le destin me range.
Me rendant mon pays comme un pays étrange ,
Deslogcs, je ne sçay quel étourdissement
Assoupit les aigreurs de mon bannissement. (Thboph., tlégie.)
La France, pour me faire ressentir plus vivement Vaigreur de mes futures disgrâces, et me faire repentir de mon ingratitude, me combloit ainsi de ta douceur de ses caresses. ( Dassouct, AvenL d Italie, ci.) — Celle douceur et cette tranquillité de cœur que l'Apôtre joint à la patience , qui consomme toutes les aigreur» et toutes les amertumes des peines que nous endurons. (Arn. , tréq. Comm., préf., ziv.) — Si on fait une réponse, épargnez-moi le chagrin de la voir. Je suis assurée qu'elle sera dure, et je n'ai pas besoin d'augmenter Vaigreur 6e mes déplaisirs. ( Marquise de Courcbll. , Lett. 14. ) — Le pape crut adoucir Vaigreur de ce récit en le faisant passer par s.a bouche. (M"« de Villedieu, Jount. amour., 6» p., 13* journée.) — Celte résistance me fera rejeter sur le sort ce que je serois au désespoir de rejeter pleinement sur vous; et bien qu'elle n'eropècbe pas mon trépas, elle en adoucira du moins Vaigreur, (Id. , ibid., 15« joui née.) — Le cruel se plaint à moi avec des aigreurs qui offensent mon amour. (Id., Mém. du sérail, u.)
Un esclave génois, homme de qualité.
El d'un génie au-dessus du vulgaire, Chez le visir Achmet, musulman sanguinaire, . Par l'industrie et la fidélité,
Sans cesse attentif à lui plaire, Adoucissoit Vaigreur de sa captivité. (Ssnbcb. Contes. Qui a temps a vie.)
On a dit de même, aigre pour amer :