INTÉRÊT
Penser en vous jamais ne eesseray Jusqnes au jour quo vous verray en face.
(R. DB CoLLBR., ÉpiêLy IX, à cert. dames.)
Lors commença à penser en la beaulté de la dame. (J. D'Arras, Milus,, p. 18.) — Ah, ma tréschiere dame, je ne pense en nul cas deshoneste. (Id., ibid., p. 19.)
Au moins un jour pense en ma loyauté ;
Ingrate alors (peut-estre) te diras. (Cl. Marot, Chans,, xxix.)
Qui la nuit sans dormir sera.
Mais en ses amours pensera,[lé.f Adieitx aux dames de la cour, 1537.)
Car il n'est jour qu'en vous autres ne pense.
(Id., Episire pour un geniilhom, de la eour.)
Tousjours il me ramentevoit
Qu'il pentoH en moy jours et nuitz. (Le Hibai de deux demoti J
Dieu ne me soit jamais aydant, si je pensay de ma vie en ce, de quoy vous me blasmez et accusez. (Hbrbbray des Essarts, Amadis des <raiilBt,.ii, 17, st. 67, r*.) -—Lit royne, qui venoit à considérer les belles manières de faire et la bonne grâce de Constantin , en devint si fort amoureuse , que jour et nuiel elle ne penêoU jamais qu'en luy. (Lariv., PaeéL nuicis de Strap., nr, 1.)— [Je pense en la peine où lors estoit Charles. (Lariv., Le Morfondu^ i, 2.)
Je n'ay point d'yeux que pour voir ma rebelle,
Ny de désirs que pour la désirer.
Ny de soupirs que pour la soupirer,
Ny de pensers que pour penser en elle. (Gar db Tours, Sùim,)
Dis-lui toujours que je pense en elle.
En sa douceur, en sa beauté plus belle Que ce printemps, ces roses et ces lys. .
;(J. DB La Taillb, Sonn,t d<m>z Rostigool, etc.)
Je me sens toute possédée de vous et m'oublie moy-mesme pour ne penser qu'en vous. (Fr. d'Amd., Les Neapol., ii, 8.)
Bref, il ne penje en autre chose. (Bellbau, La Reconnue, ii, 3.)
Un autre va conter ce qu'il avoit ouy respondre à une fille, qui ne pensoU pas en mal, à un escholier qui... (Bouch., Séries^ m.) — Moy, respondis-je, vous estes une roocqueuse de dire que je fasse du mal à une personne en qui raeame je ao pense pas. (D'Urfé, AstriCy i, 6.) — Il n'y a rien qui soulage plus celuy qui aime bien que de penser en la personne aimée. (Id., ibid., i, 11.)
Quelle présomption de croire que les dieux,
Qui là-haut sont ravis en ta gloire des cieux,
Daignent penser en nous, qui ne sommes que terre ! (Racan, Berg,, y, 3.)
Je vivray trop content au cachot le plus sombre.
Si parfois seulement je vois passer votre ombre.
Si je suis par un mot certain de votre foi.
Et si je puis penser que \on% pensez en moi. (Richbubu, Ift'r., iii, 5.)
ACASTB. Il avoit le cœur grand, mais encor plus d'audace.
MiRAME. Contre ses ennemis ce défaut a sa grâce.
ACASTB. Et contre ses amis, puisqu'il pensoit en vous.
nRAMB. Ce grand coeur se sentoit, lorsqu'il pensoU en nous. (Id., ibkd., iv, 3.)
Je l'assuray qu'on penserait en luy, pour le placer en quelque lieu. (Id., Letu, au card. de La Valette, 16 oct. 1636 .)— Le seul moyen que j'aye pour me garentir de vous, est de ne point penser en vous. (Voit., Leit* amour., xxxiv.)