‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 38 sur 389 · AINSI · texte numérisé non relu

AINSI

0 gages qu'il néglige ainsi que superflus,

Je ne sais qui de nous vous diffamez le plus. [MéLt m, 3.)

— REGARDER AINSI QUE, regarder comme :

En regardant sa gloire ainsi que mon ouvrage.

Je périrai plutôt qu'une autre la partage. (^err. y. 1.)

Il se plaint à moi tous les jours des rigueurs de m, destinée « et regarde l'hymen de la princesse ainsi que l'arrêt redoutable qui le doit pousser au tombeau. (Mol., ^i Am. magnif.^ m, 10

— AINSI, avec une remarquable inversion, dans le sens de c'est ainsi que :

Àinti de ma faveur vous nommai les effets? {Tkéod., i, 3.)

— AINSI, avec le subjonctif, par imitation 4u latin, e^ comme le Sic te Diva potem d'Horace [ode m) :

Ainsi vienne bientôt cette heureuse journée Qui nous donne le reste en faveur d'hyménée.

{Mil,, I, 4, l*"* édit. jusqu'à 1660.)

Cette signification curieuse se renconjbre assez souvent avant comme après Corneille. Au seizième siècle, Joachim du Bellay, entre autres, en offre de nombreux exemples dans son Olive et ses Poésies diverses :

Parmi les exemples du dix-septième siècle , nous choisissons, les suivants comme les plus frappants :

0 le plus grand des rois et le meilleur des pères !

Ainsi vous soient toujours toutes choses prospères,

Comme vous obligez cette princesse et moi

A vous garder toujours le respect et la foi! (Mair., Le Gr. fotini., v,l.) LE PRIMCB, à f infante. Ainsi jamais souci ne trouble votre vie! LADRB. Ainsi votre fortune égaie votre envie! LB PRINCB. Ainsi renconlriez-vous, au sein de mille rois,

Mille esclaves soumis an pouvoir de vos loisl LACRE. Ainsi jamais la faux, qui détruit toutes choses,

N'attaque de ce teint les œillets ni les roses! LE PRINCE. Ainsi ces yeux, vainqueurs de la force du temps,

Brûlent encore les cœurs en l'hiver de vos ans! LADRE. Ainsi sur vos sujets, sur vous et votre race.

Le ciel à pleines mains verse À jamais sa grâce! LE PEUfCB. Ainsi si jamais reine eut des jours comblés d'heur,

De plaisir, de repos, d'estime, de grandeur,

Soit aux siècles passés, soit au courant du nôtre.

Son bonheur n'ait été que l'image du vôtre!

Et le cours de vos ans soit aussi glorieux

Que d'un zèle sans fard j'en conjure les dieux I

(RoTROO, Laure perséc., T, 8.)

« De votre sœur naissante on eût borné le sort,

« Si l'on eût de son père exécuté l'envie,

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