AIR. — ALENTIR
< Nais sa mère empêcha sa mort ,
< Et lui donna deux fois la vie :
« Qu'elle tienne auprès de vous « Rang de sœur et de princesse; o: Ainsi le ciel vous soit doux , »
Voilà le testament qu'en mourantje vous laisse. (Rotrou, Laureperséc.,y,9.) Vous connaissez ce dieu : qui ne le connott pas? S'il descend pour vous plaire an fond de ces climats, D'une botte de fard récompensez sa femme. Aitui durent ubez vous les douceurs de sa flamme. Ainsi votre bonheur puisse rendre envieux Celui qui pour sa part eut l'empire des cieux.
(La Font., les Am, de Psyché, ii.) Qu'à mon désir pressant votre bonté réponde. Ainsi fasse le ciel que chacun de vos jours Soit marqué par des faits illustres.
Et que dans leurs glorieux cours
On compte encor plus de^dix lustres! (II"*Desh., Leiu àM.Therart.) Reodez-moi à mon père et à ma patrie. Ainsi puissent les dieux vous conser- Ter à vos enfants , et leur faire sentir la joie de vivre sous un si bon père. (Fkn., Téiém., II.)
AIR. Jeter des injures en l'air :
Elle a donc bien jeié des injures en l'air? {La Veuve, v, 3.)
— .4IR, Apparence. Avoir l*air de l'école, avec un nom de chose pour sujet :
Ce visage, ce port j^^om point l'air de Vieole^
Et jamais comme vous on ne peignit Bartole. [le Ment,, i, 1.)
Corneille, dans cette môme pièce, emploie également cette expression avec un nom de personne. Voyez École.
ALFANGE, sabre, coutelas, cimeterre.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs al/anges.
De notre sang au leur font d'horribles mélanges. {Le Cid, iv, 3.)
Voltaire, voulant employer ce mot dans VOrnhelin de la Chine, 1,3,
De nos honteux soldats les alfanges errantes A genoux ont jeté leurs armes impuissantes,
a commis une méprise que ta Harpe a relevée :
< Alfàage est qn vieux root tiré de l'arabe, qui signifie épée. Voltaire, curieux apparemment de faire usage de ce mot étranger, parce qu'il est sonore, l'a détourné de son acception et l'a employé pour phalanges, bataillons, etc. Il valait mieux ne paa s'en servir. » {Lycée, 1,3,$ 9.)
ALENTIR, pour ralentir :
Non que ma passion s'en soit vue alemU. [Striw., iv,^.)
;j2 ALENÏIK. — ALLEU.
— ALEiNTiR (s') pour se ralentir :
Le zèle cependant chaque jour devrait crotire.
Profiler de l'exemple et de l'emploi du cloître ;
Au lieu que chaque jour sa vigueur x'alentU, [imit», i, 11.)
Ce verbe appartient proprement au seizième siècle :
0 ma fidèle, allons! Allons, vien, conduy-nioy Vers celuy qui peut seul aleniir mon csmoy !
{La Magdel. de F. Rbmi de Bbauv., iv*iiv )
Et avec le pronom ))ersonnel :
J'en trouve qui se mettent inconsidérément et furieusement en lice, ol t^aienlistent en la course. (Mont.)
Plus anciennement on a dit allentër :
Nais l'ennuy qui me ronge, avec la tyrannie
De celle que les Grecs ont appelle Pénie,
Et mil autres malheurs qui se suyvent de loing.
Pour n'avoir jamais eu des richesses grand soing,
Ai/enient ma fureur. ^Joach. du Bellay, Au Roi^ Sur la Tretvc'
De même avec le pronom personnel :
Et le cours du torrent tombant de ta montai gne
S'alUnu quelquefois au plain de la campaigne. (id., ibid.\
Selon Voltaire [Comment., édit. de 1764), alentir u'b. jamais
été français. La vérité eût été de dire, avec le Dictimruiit*e de
Ti^vmtx : « On croit qu'almtir n'est pas aussi usité que ralentir, »
ALLÉGEANCE, soulagement :
Vains projets, vains discours, vaine et fausse attégeance: [La PL Roy. , il, 3. ]
Non pas que je soupire après une vengeance
Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance. {Clit, ni, 1.)
Porte à SCS déplaisirs cette faible allégeance^
Et dis-lui que je cours achever sa vengeance. [Pomp,, v, 1..
Enfin, mon père est mort, j'en demande vengeance,
Plus pour votre intérêt que pour mon allégeance^ (Le Cidf ii, 9 )'
ALLER. Emploi particulier d'ALLKR et venir : L'esprit ne va-t-il pas et vient comme il lui plaît? (/mir., ii, 9.)
— ALLEH, en parlant du cœur, des sentiments qui le portent vers quelqu'un :
Je ne veux point, Seigneur, vous le dissimuler,
Mon cœur va tout à vous, quand je le laisse aller ;
Mais sans dissimuler, j'ose aussi vous le dire,
Ce n'est pas mon dessein qu'il m'en coûte l'empire. [Tùe ci lier., i, i