‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 40 sur 389 · LAISSER ALLER DES SOUPIRS · texte numérisé non relu

LAISSER ALLER DES SOUPIRS

Mais que je kdfse aller d'ambitieux Moupirs,

Un ridicule espoir, de criminels désirs ! {Sanehe, ii. S.)

Ati 1 si vous ne pouviez lui donner des larmes, ab ! laiisez du moins aller un wupir qui témoigne du désir de vous reconnoUre ! (Boss., Fragm. sur la niceêë. de la pinii.)

— LAISSER ALLER SA PLAINTE, donner libre cours à sa plainte :

Je suis ce que je dois : mais dans celte contrainte,

Si je retiens mon bras, je laisse aller ma plainte, (Rod,, ii, 4.)

— n'aller point sans, en parlant de choses morales, être toujours accompagné de :

Surtout, dans les narrations ornées et pathétiques, il faut très-soigneusement prendre garde en quelle assiette est Tâme de cerui qui parle et de celui qui écoute, et se passer de cet ornement qui ne va guère sans quelque étalage ambitieux. (Exam, de Méd,)

Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse. {Uor^^ v, 1.)

« Expression fomiliëre, dont il ne faut jamais se servir dans le style noble. En effet, des plaisirs ne vont point, » dit Voltaire. Critique peu sérieuse, produite par une théorie étroite sur les métaphores.

On a dit comme le grand poëte :

La perte d'un époux ne va point sans soupirs. (La Font., Fab. vi, 3.) La sottise ne va point sans l'entêtement. ( M** db Pcisibux, les Caract. ) — Mais Taraour ne va jamais sans quelque trouble. (Moncrif, Ames rivales, i.)

— s'en aller, suivi d*un infinitif, être sur le point de :

Le jour s'en va parottre, affronteur, hâte- toi. {Cliu, i, 1.)

u u^^kiWL, empaquetant ses livres, Ahl que vous venez tard!

Encor un peu, ma foi, je m'en allais les vendre; Trois jours sans revenir ! je m'ennuyois d'attendre. '(Go/, du PaL, iv. 13.) Et mon ambition a betfu s'en indigner, Cette vertu triomphe, et tu (en vas régner. [Perth,^ v, 5.)

Dans tous ces cas, on dirait aujourd'hui aller; mais des exem> pies analogues se trouvent chez les prosateurs comme chez les poètes du dix-septième siècle :

Le siège avoit déjà duré un mois, et toutes choses nécessaires s*en alloientmhU' quer aux assiégés. (lUz„ Hist, de France.)

— s'en aller, suivi d'un participe passé. L'Académie indique

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