‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 48 sur 389 · APPARENCE · texte numérisé non relu

APPARENCE

— Avec le pluriel, prépamtif, apprêts :

Que je vois d'appareils, Albin, pour ma ruine I {Oth,, m, 5.)

APPARENCE, extérieur, avec un adjectif possessif :

Que je meurs qu'il le sache, et j'en fuis les moyens.

Quelle importune loi que cette modestie,

Par qui notre apparence en glace convertie

Ëtouffe dans la bouche, et nourrit dans le cœur

Un feu dont la contrainte augmente la vigueur I {La Suiv,, ii, 6.)

— APPARENCE, fig. QUELLE APPARENCE DE, AVOIR SI PEU D*AP- PARENGE QUE :

Si mon sujet est véritable, j'ai raison de le taire; si c'est une fiction, queUe apparence t pour suivre je no sais quelle chorégraphie, de donner un soufflet à l'histoire, d'attribuer à un pays des princes imaginaires, et d'en rapporter des aventnfes qui ne se lisent point dans !es chroniques de leur royaume? (MéUy préf.) — Ce mariage a eipeu d'apparence^ qu'il est aisé de voir qu'on ne le propose que pour satisfaire à la coutume de ce temps-là, qui était de marier tout ce qu'on introduisait sur la scène. [Exam, de MéL)

— HORS d'apparence, coiitrc la raison, le bon sens :

Que j'emporte sur elle aucune préférence'

Vous tenez des discours qui sont hors (tapparenee.

{La Gâter, du Pal., m, 6.)

Apparence se trouve ainsi très-fréquemment employé pour désigner ce qui a un caractère spécieux , plausible , raisonnable, justifiable :

Quelle apparence de donner les charges ecclésiastiques de telle conséquence à un qui n'est encore point ecclésiastique, au préjudice de plusieurs honnestes ecclésiastiques qui ont déjà fait longuement l^xercice, et qui ont bien servi VÈglise! (S. Franc, ob Salks, Nouv. leii. inéd., à M"* La Fléchère, 28 août 1617.) Cela n'a ni justice ni apparence. (Boss., Leu. à S. Vinc. de Paul, l*' fév. 1658.) — Où est la preuve , où est V apparence de toutes ces plaintes. ( Pateu , Plaid., XVI. ] — Jamais il n'y eut de commandement plus étrange, ni d'entreprise plus extraordinaire et plus hors d'apparence que celle-là. (Nie, Coni. des Ess., sur l'Ëv. de TAsc.) — .... Il me semble que vous vous mettez en un grand danger sans piopos ny apparence. (Tournebu, Les Contens, v, 4.)

On disait dans le même sens : i7 n'y a pas d'apparence de, avec un infinitif, il n'est pas plausible, raisonnable, justifiable de :

// n'y avait point d'apparence de refuser une proposition si plausible. (Vertot, RévoL de Portugal. ] — // n'y avoii pas d'apparence de s'aller livrer entre les mains d'un ennemi qui, pour couvrir la honte de sa défaite, ponvoit persuader à ses citoyens de le faire arrêter , et peut-être même de le faire périr. (Id. . Révol. rom., ii.)

De même, il n'y a pas apparence de, il est' sans apparence de :

Il le pria de considérer qu'il n'y avoii pas apparence d'envoyer les hommes qu'il demandoit sans les choisir extrêmement. (St-Riêai., Coffj. contre Ven.) —

APPAt. — APPRENDRE. 41

Ce dac devant avoir la meilleure part dans leur desseio, il n'y avoit pas apparemeetknen cacher à son confident. (Id., ibid.) -^ Il est vrai que saint Augastin dit qu'il n'est pas aussi sans apparence d'entendre par ces mots des vers et des serpents véritables. (Nicole, Ess.f Traité des quatre fins dern., ii, 6.)

APPAT, avec le pluriel, rapproché de mets :

De la bouche et du coeur je les vois tons avides , Tous gros des bons désirs qui leur servent de guides, Courir à ces appas.

Et voler à ces mets solides Que ta main leur prodigue en ces divins repas. (îmii,^ iv, 14.)

APPÉTIT. AVOIR l'appétit ouvert de bon matin, au figuré :

Tous avez P appétit ouvert de bon matin.

D'hier au soir seulement vous êtes dans la ville,

Et vous vous ennuyez déjà d'être inutile,

Votre humeur sans emploi ne peut passer un jour,

Et déjà vous cherchez à pratiquer l'amour 1 (Le Ment.^ i, 1.)

APPLAUDIR A quelqu'un sur quelque chose :

Seigneur, n'êtes- vous point d'une humeur bien facile ,

W applaudir à Cotys sur son manque de foi? {Agésil., ii, 6.)

APPLIQUE. JOURS d'applique, jours artificiels produits par des appareils lumineux :

Muses, Tavie^vous cm, vous qui faites 1m vaines,

De prévoir l'avenir des fortunes humaines,

D'en percer le plus sombre et le plus épineux?

Aviez-vous deviné que ce parc lumineux ,

Ces belles nuits sans ombre avec leurs joiir« Rapplique,

Préparaient à vos chants un objet héroïque !

[Au roi mr sa campagne de 167G.)

APPLIQUER (S') SUR, comme s'appliquer à :

Les exemples des dieux s'appliquent mal sur nous. {Tite et Bérén., iv, 3.)

APPRENDRE, absol., étudier :

Il a jusqu'à mon nez et jusqu'à ma parole.

Et nous avons tous deux appris en même école. [La suite du Ment,, i, 3.)

— APPRENDRE (s') A, commc $€ fojiner à, apprendre :

Par là je m*appris à rimer.

Par là je fis, sans autre chose, Un sot en vers d'un sot en prose.

{Pièce impr. à la suite de C/if., édit. de 1633.)

On trouve s'apprendre dans le sens d'apprendre chez des auteurs de diverses époques :

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein. Ils h sont appris à tourmeoter les gens sur la bulle et sur les brefs d'Innocent X. (Le Maist. , Leif.

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