‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 68 sur 389 · ATTENDANT · texte numérisé non relu

ATTENDANT

ATTENDANT, suivi d'un substantif, pour en attendant :

Traîtres, annez-vous fait sur un si beau \isage,

Attendant Rosidor, l'essai de votre rage? [Clit., i, 9.)

Faisons uo tour de saUo auendam mon Cléante. {La Gai. du PaL, i. 8.)

Et laisse-moi, de grâce, attendant Èmïiie ,

Donner un libre cours à ma mélancolie. {Cinna, m, 1.)

Vous qui, chef du conseil, devriez maintenant,

Atundam mon retour, être mon lieutenant I « {Œd,, v, 2.)

Tu vas voir davantage*, et les dieux qui m'ordonnent,

Qu*attendani tes lauriers, mes myrtes le couronnent,

Lui vont donner un ptix de toute autre valeur. {La ^oin., prol., se. v.)

Et trouvez-vous qu'il montre , attendant ce grand jour.

Cette obligeante impatience Que donne, à ce qu'on dif, le véritable amour? {Agés,^ i, 1.)

Je ne fais que gémir, et porte avec douleur, Attendant ce beau jour, Texcès de mon malheur. {îmit. , m, 21.)

Cette manière de parler, rare au dix-septième siècle, et cependant usitée encore au dix-huitième, était très-fréquente au seizième :

Je m'amuseray, attendant le jour, à reveoir mes pappiers. (Lariv. . Le Morf, , IV, 3.) — Si vous le trouvez bon et que ces damoiselles l'ayent agréable, nous irons faire la promenade attendant l'heure que nous avons piise pour nous assembler. (GouG., Com. des comédiens^ 1, 2.) — Si je ne puis combattre le duc do Parme, j'aye au moins moyen de maintenir mes affaires en la plus grande seureté et réputation qu'il sera possible, attendant l'armée d'Allemagne. {Lett. mht, de Henri IV, t. m, p. 827, 6 avril 1591.)

Après l'ennui des plus rudes alarmes

Tygrane de l'espoir goûtera mieux les charmes,

S'y rendra tout entier, attendant l'heureux jour

Qui , remplissant ses vœux, couronne votre amour. (Te . Corn. , Àntioch, , v, 5.)

Cher Hontval 1 attendant le bonheur de te suivre ,

J'aime sur cette toile à te faire revivre.^ (Boissy, Mid. par occ, m, 5.)

— ATTENDANT QUE, loc. couj., pour en attendant que :

Dans deux heures au plus , par un commun accord ,

Le sort de nos guerriers réglera notre sort.

Cependant tout est libre auendant qu*on les nomme. [Hor.^ i, 4.)

Et du moins, attendant que cette ardeur se passe.

Apprenez-moi.... (Suréna, ii, 9.

Et c'est ce qui me fait vous le donner en suite du second volume , attendant qu'on le puisse reporter au-devant de celui qui le suivra, sitôt qu'il pourra être complet. (Préf. du Th. de P, Corn., éd. 1663.)

On trouve encore de même avant et longtemps après Corneille :

Parce moyen, j'assureray mes biens et vivray à mon aise, attendant que ie voye s'il s'amendera. (Fa. d'Amb., Les Napot., ii, 7.) — La seignore Angélique fait véritablement tout ce qu'elle peut pour mon bien et avancement, ai/^n^fcinf qa'il plaise à Dieu m'ouvrir le chemin pour rentrer en mon pais et en mes biens.

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