‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 80 sur 389 · AVOIR. — AVOUER · texte numérisé non relu

AVOIR. — AVOUER

— AVOIR y suivi d'un adjectif, formant latinisme :

La haine que poar vous elle a si naturelle^

A mon occasion encore se renouvelle. {.Niewn.^ i, 1.)

Le doc de Savoie commença à manir de garnisons tontes les places qn'il avoU vwmet des troupes françoises. (Richbl., Mém., xx.) — Le pauvre, quelque effort qu'il fasse, ne peut jamais se faire entendre, et se voit malheureusement distingué d'avec le puissant dans un intérêt qu'ils ont commun, (Boss. , iv* Serm\ pour le jeudi det Ram,, i.) — Ce serait une espèce de tyrannie, d'avoir ainsi dépouillé les pauvres de cette possession , qu'ils avaiem commune avec le reste des hommes. (Flbch. , Serm, sur Coblig. de Caum, , i.) — Je voudrois qu'on ne ftt pas son capital d'une chose que le dernier de tous les hommes peut avoir commune avec un grand héros. (H** de Villbd., Alcidam., 1'* p., 1. m.) — On dit que ce seigneur parut bientôt consolé de cette préférence , sur ce qu'il n'estimait pas en cette occasion une marque d'honneur, estimable d'ailleurs, qu'il aurait eue commune avec son domestique. (P. Lao., Fragm, sur la vie de M** la marq» de Maint,)

De même, suivi d'un participe passé :

Il y avoit un jardin dans le palais, réservé pour la promenade de la reine et de sa fille, dont aucun homme n'avoif l'entrée permise, (M"' db Villbd. , Anu, gai,, VI.) — Tu ne plains pas cette &me, qui, par une brutale stupidité, a tontes ses fonctions interdites! (Boss., Prem, Strm, pour le deux, dim, de VAv., i. ) — Leur chute leur ouvre les yeux, qu'ils avoieut aveuglés par leur amour-propre. ;ld. , Panég. de S, Pierre, ii. ) — Les succès de ce prince avoicnt leurs bornes marquées par les prophéties. (Id., Hist, univ,, 2* p., c. xiv.) — Il y a grande apparence que Molière avait au moins les canevas de ces premières pièces déjà préparés, puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. (Volt., Vie de MoL)

AVORTON, fig., en parlant d'une chose morale :

Vaine compassion des douleurs d'Angélique,

Qui pense triompher d'un cœur mélancolique I

Téméraire avorton d'un impuissant remords.

Va, \a porter ailleurs tes débiles efforts. (La PI, Roy., iv, 5.)

AVORTER, fig. :

N'eurent-ils pas besoin d'un éclat de tonnerre. Ses ministres ailés pour me jeter par terre? En voyant mes efforts avorter sans effets,

Quels pleurs n'ai-je versés, et quels vœux n'ai-je faits? {Androm , iv, 3.) Ce qui Ta fait avori^ au théâtre, a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. (Exam. de Penh.)

AVOUER quelqu'un d'une chose, dans le sens de la reconnaître conmie légitime :

Ou sparte Cavouera cf un peu de violence.

Après tant d'ennemis à ses pieds abattus. {Agés,, iv, 2.)

— Dans un sens analogue, et avec une énergique concision :

Appuyez donc la France et laissez tomber Rome. Aux grands ordres du ciel prêtez ceux d'un grand homme. D'un si ifel avenir avouts vos devins ,

Avancez les succès et hâtez les destins. {Attila, i, 3.)

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