‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 94 sur 389 · BOUILLON. — BOURRER · texte numérisé non relu

BOUILLON. — BOURRER

BOUILLON, en parlant de sang répandu à flots bouillonnants:

Et mon funeste avis ne serviroit de rien

Qu'à confondre mon sang dans les ùouiUons du sien. [Bléd., tu, 4.)

— BOUILLON, fig., transports bouillants :

Rompex, dissipez les bouillont

De ces ardeurs séditieuses. {Imiu, m, 34.)

BOURDE. DONNER UNE BOURDE, SG moquer :

Quand il est nuit sans lune, et qu'il fait temps couvert,

Connalt-on les couleurs? Tu donnes une bourde. {Suite du Menu, iv 7.)

BOURREAU DE SON SANG, meurtrier de sa famille :

Le cœur de Pulchérie est trop haut et trop franc,

Pour craindre, ou pour Qatler le bourreau de son sany. [Iléracl,^ i, 2.)

BOURRELLE, adj., féminin de bourreau :

Vous travaillez en vain, bourrelles Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

(1/^/., IV, 8. Depuis 1G38 jusqu'à 1660 inclus.)

Dans les dernières éditions, Corneille remplaça par barbares le mot bourrelles, qui était tout à fait vieilli :

Vous travaillez en vain, barbares Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

Bourrelle était d*un usage fréquent au seizième siècle :

.... les bourrelles Furies. (Jodellb. Didon, i.)

Auteurs de la secte bourrelle. (D'aub., Lts Trwjiq,^ m.}

Etn'ayans assouvy leurs cruautés boutrei/ef. Ils m'ttnt encor peicé de cent playes cruelles, Qui faict qu'incessamment je me consume en pleurs.

(Lauiv., Facét. Nuicts de Sirap., i. 3.)

Q s'employait de même substantivement :

Canda[u]les, Lydien, est de nuicl massacré.

Dans son lict conjugal à Thym en consacré.

Par le commandement de sa femme cruelle,

Laquelle, avec Gygès. luy servit de bourrelle- {Le Danger de hîariage.)

La mort, qui d'un costé se présente effroyable, »

La faim, de l'autre bout, bourrelle impitoyable. (D'Aufi., Trutjiq., 1. 1.)

BOURRER, fig. BOURRER DES VERS , farcir des vers, remplir fies vers , vaille que vaille :

Voilà donc, sans chercher tant de contes frivoles, Tout ce qui m'a gâté, déduit en trois paroles ; Et pour un ca\ aller c'est bien boutrer des vers,

A tort et à travers. {Mélang. poétiq. ,

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