BRANDON. — BRANLE
Scarron a employé cette expression dans des vers qui j)e peuvent pas élre cités. Elle se rencontre chez plusieurs autres auteurs comiques ou burlesques, presque toujours employée d'une manière plus ou moins obscène. Nous nous contenterons de citer cet exemple d'un prédécesseur de Corneille :
Pour un moment modérés cette braise.
Vous baiserés chez moi plus à votre aise. (Hardt, U Triomphe cT Amour.)
BRANDON, employé pour flammes, en parlant du feu dont est brûlé le corps de Creuse couverte de la robe empoisonnée de Médée:
Mais cette infortunée à peine l'a velue (la robe}.
Qu'elle sent aussitôt une ardeur qui la tue ;
Un feu subtil s'allume, et ses brundom épurs
Sur votre don fatal courent de toutes parts. (Mid., v, 1.)
Brandon s'est autrefois employé pour feu en général , conformément à l'étymologie allemande brandy feu, incendie, brennen, brûler. On le trouve assez souvent au seizième siècle, avec cette signification au figuré. Ronsard s'en sert plusieurs fois. Un de nos anciens poètes, moins connu, a dit dans le même sens :
Laisseras tu en deuil et ennuy celles
Que les brandons et vifves estincelles
De Cupido atouchent de si prés.
Que eaux de Damatz. marjolaines, cyprès
Et romarains, veids lauriers et lavandes
Ne leur font rien. [Crestin,)
On trouve de môme, au dix-septième siècle, dans le sens d'^'-
tincelle :
Je fais une description d'une nuit dans laquelle je m'arreste à parler, entre auties choses, de certains vers luisaus qui volent comme les mouches, et dont toute l'Italie et tous les autres pays du Levant sont remplis. li n'y a rien de si agréable au monde que de les voir, car ils jettent de dessous les ailes^ à chaque mouvement, deux brandons de feu gros comme le ponce, et j'en ay veu quelquesfois tons les crins de nosi chevaux tout couverts, et Ions nos propres cheveux mesmes (St-Amand, Bloyse sauvé, préface.)
Brandon est encore usité dans quelques provinces pour signifier des feux. Ainsi, en Picardie, on appelle brandons les feux de la Saint-Jean ; dans la même province, on nomme aussi brandon tout feu de courte durée, comme un feu de paille, un feu de broutilles ; on dira : Faites-moi vite un bon brandon,
BRANLE, fig. LE BRANLE DE LA ROUE DE LA FORTUNE '.
Ainsi de notre espoir la fortune se joue.
Tout s'élève, ou s'abaisse au branle de sa roue. [Wus, eom., v, 5.;