‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 144 sur 366 · MÉPRIS SI CUISANT · texte numérisé non relu

MÉPRIS SI CUISANT

Des pleurs eflacent-ils un méprit êi emsam? {La PL Roy., ui, 4.)

CY. EST-CE CY? comme est-ce là?

Qoelle énifpme est-ce ey, madame? (OfA., ii, 3.)

CYPRÈS. Emploi hardi dans le sens figuré de deuil :

Quoique pour ce vainqueur mon amour s'intéresse.

Quoiqu'un peuple l'adore et qu'un roi ie caresse,

Qu'il soit environné des plus vaillants guerriers.

J'irai de mes cyprès accabler ses lauriers. {Le Cid, iv, 2.)

DANS pour sur. dans le trône, pour sur le trône :

Aujourd'hui dans le trône, et demain dans la boue. {PoL, iv, 3.)

S'il n'est pas dans le trône, il à droit d'y prétendre. (OEd., ii, 1.)

Nous croyons inutile d'indiquer toutes les autres phrases de Corneille où cette locution est encore employée. C'était la forme habituelle en prose comme en vers :

Si ce roi venait à ne se pas maintenir (/aii« le trône, il faudrait.... (Bussy, Mém.^ 1663). Pour avoir violé ses droits (de l'Ëglise), Henri est mal assuré dam son trône, (Boss. , Panég. de S, Franc, de Cantorbéry, 1" p.) — Ce prince entre dans Erfort, et y reçoit dans un trône, sur les degrés de la grande église, l'hommage que ses prédécesseurs n'avaient pu obtenir depuis six vingts ans. (Pbluss., J7âl. de Louis XIV, 1. n, 1664.) — Il résolut d'élever son fils Gratien avec loi dans le trône (Hbzer.^ Hist. de Fr. avant Clov., \n, 9.)

Nais je suis dans le trône, et j'en connois les droits.

(T. CoBN., Maxim., \i, 1.)

— Corneille a employé dans d'une manière assez particulière, et avec la signification à peu près de vu :

Dans le pouvoir sur moi que ses regards ont eu ,

Je n'ose m'assurer de toute ma vertu. (Poi., i. A.)

De cet emploi de notre poëte, on peut rapprocher cet autre de son frère :

Dans ce que d'un mourant le ciel nous fait entendre»

C'est irop que d'accuser, songez à vous défendre. (T. Corn., J/axim., v,6.)

DE. i63

— l)A^s, signifiant avec :

J'en mourrai du moment qu'il recevra sa foi.

Mais dans cette douceur, qu'ils tiendront tout de moi. [Patch,^ u, 1.)

DE , dans le sens de par :

Sans autre conjecture,

Je te rends convaincu de ta seule écriture. [ClU., i, 9.)

Ce qu'il ne peut de force, il l'entreprend de ruse. [PoL^ i, 1.)

n faut agir de force avec de tels esprits. {Bér., i, 1.)

On a dit de même :

La Bourgogne a son duc, qui, de ruse secrette,

Employé un chicaneur pour estouffer sa dette. (D'Aubig.. Trag. m.)

Il suffit de présenter un petit nombre d'exemples de cet emploi de la préposition de dans le sens de/)ar, usité encore aujourd'hui, mais moins fréquemment :

De hazard il tourna les yeux sur moy en passant. (Gombbrv., Cyther., l'* p., 1. 1.; — Elle se saisit d'une flèche à long fer, qui de hazard estoit auprès d'elle. (Id., ibid,, 1. V.) — Ce que j'avois cru fait de hazard, étoit fait de dessein. (M"* DE YiLLBD., Vie de H. 'S, de MoL, y.) — De bonheur pour elle ces gens partirent presque aussitôt. (La Font., Am, de Psyché, u.) — La ville est fort ruinée du passage des gens de guerre. (Bussy, Carie giogr.de la Cour.)

— DE» dans le sens de pour :

Je forme des soupçons d'un trop léger sujet. iHor., i, 1.)

T- n'vy SUJET AU roi, de la part d'un sujet à l'égard d'un roi :

Un amant peut se taire, Mais d'an sujei au roi, c'est crime qu'un mystère. {Sur., iv, 3.)

Et ne permettez pas que cette illusion

Aux mutins contre nous prête d'occasion. {Perth,, iv, 2.)

— DE, pour un, quelque

Et ne permettez pas que Aux mutins contre nous

— DE, dans le sens d'avec, de puissance absolui: :

Sa mère peut agir de puissance absolue. {Mél., ii, 4.)

Agissez donc, seigneur, de puissance absolue. {Pert/t., iv, 9.)

On a dit comme Corneille :

J'allois donner au fort les ordres nécessaires A pouvoir soutenir l'assaut des adversaires, Quand proche de la tour on me vint avertir Uue pour voir les Romains vous en alliez sortir; Et qu'à notre déçu, de puissance absolue.

Vous aviez avec eux une trêve conclue. (Montpl., La mortdCAadr., iv, 3.)

Au lieu que le roi envoie Arias vers le comte, pour le porter à satisfaire

Don Diégue , il falloit qu'il lui envoyât des gardes pour empêcher la suite que

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pourroit causer le ressentiment de cette offense, et pour l'obiiger d« puistance -absolue à la réparer avec une satisfaction digne de la personne offensée. (Sent, de VAcad, sur le Cid,)

Corneille a dit encore dans le sens d'avec :

Son fils et deux valets me coupent le chemin.

Furieux de ma perte, et combattant de rage,

Au milieu de tous trois je me faisois passage. {Le Ment,, ii, 5.)

Polyeucte pour vous ne manque point d'amour,

S'il ne vous traite ici d'entière confidence. (Po/., i, 3.)

Des mystères sacrés hautement se moquoit,

Et traitoit de m'épris les dieux qu'on invoquoit. {Ilnd,, in, 2.)

Et de quelque rigueur que le destin me traite.

Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujelte. (Rodog,, \\ 1.)

Il veilla comme vous d'un soin infatigable ;

11 fut ainsi que vous le cœur d'un roi Louis.

(4 Bfgr le card, de RicheL, sonnet.) Et, de quoi que sur tous il soit avantagé, Il ne doit ni s'enfler de son propre mérite. Ni traiter de mépris le plus mal partagé. [Imit., iii, 23.)

/>e, dans le sens A' avec , pour marquer la cause , la matière, rinstrument, était d'un emploi bien plus fréquent et plus varié qu'aujourd'hui. Nous présenterons seulement quelques exemples :

Résistez virilement et de courage contre les desseings des ligueufs. {Leu miss, de Henri lY, t. il» p. 496 , 2 juin 1589.) — Les Germains ne bâtissoient point de pierre, de chaux ni de ciment, mais de bois sans être dolé. (Mézbr., Hisi. de Fr. av. Clovis, 1.) — Le connestable se deffendit quelque temps avec beaucoup de cœur d'un coutelas qu'il portoit ordinairement. (Vuls. de la Colomb , Les Vies deshomm. i//.,etc., Clisson.) — Le dessein de H. de Turenne étoit de les obliger oo à reculer tout droit dans la montagne , ou à faire un mouvement de travers dans l'espace du vallon qui leur restoit, et dans ce mouvement qui les déconcer- . toit, les attaquer de toutes ses forces. (Pblliss., Leu, hisi,, 31 juill. 1675.)— U s'approcha de ma portière , et me demanda en me baisant la main , de cet air tendre qui lui sied si bien, si je retournois chez moi. (H** de Couhc, Jf^.) — Il chargea Yerville de furie. (Scarr., Rom, com., 2e p., ch. 1.) — En disant cela il vint à moi de furie. (Id., iT^id.)— Quand on porta cette déclaration au parlement, il s'y opposa de la plus grande force du monde. (D** de Nem., Mém., 1651.) — 11 l'a suivi dans la première disgrâce de sa fortune, d'une constance dont on voit peu d'exemples. (Hamilt., Gramm., c. v.) — 11 lui parlait tant qu'il pouvait, et la lorgnait d'une grande assiduité. (Id., ibid.^ c. vu.) — 11 attendoit la mort d'une constance ferme. (M»« d'Auln., Hisi. d'HypoL^ i.)

D'Olivet Ta justement remarqué : rien n'est si familier à Racine et à Despréaux, que l'emploi de la préposition de dans le sens iVavec ou de par, [Rem, sur Racine^ vu.)

Nous nous contenterons d'un seul exemple de notre siècle :

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

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