‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 249 sur 366 · FAVORABLE. — FEINDRE · texte numérisé non relu

FAVORABLE. — FEINDRE

— FAIRE DES PAVEURS, comme accorder des faveurs :

Un amaDt a fort peu de quoi se satisfaire

Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire. (Le Ment,, i, 2.)

— SOUS LA FAVEUR DE, à la faveur de :

Marchons sous la faveur des ombres de la nuit {L'I/lus. com., m. 7.^

FAVORABLE, succès favorable, succès heureux :

Bien que la nouveauté de ce caprice en ait rendu le succès Assez favorable pour ne me repentir pas d'y avoir perdu quelque temps. {Exam. de flllus,)

FAVORISER DE , gratifier de, accorder la faveur de :

Elles (ces rares pensées de la mort) me plongèrent dans une réflexion sérieuse, qu'il falloit comparoUre devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avoù favorisé. {Imit., Êpît. au pape Alexandre Vil.)

Et, si jamais le ciel favorisait ma couche

De quelque rejeton de cette illustre souche,

Cette heureuse union de mon sang et du sien

Uniroit à jamais son destin et le mien. [Pomp., ii, 1, 1^* éd.)

Le goût et le sentiment de la décence engagèrent plus tard Corneille à retrancher ces vers qu'il avait mis dans la bouche de la reine Cléopâtre.

FEINDRE. FEINDRE A quelqu'un, feindre auprès de lui, lui dire mensongèrement :

Euphorbe vous a feint que je m'étois noyé. {Cin,, v, 3.)

« Feindre t observe Voltaire, ne peut gouverner le datif; on ne peut dire: Feindre à quelqu'un. »

On le disait autrefois, et on le pourrait encore parfaitement dire aujourd'hui :

Il lui feint qu'en un lieu que vous seul connoissez

Vous cachez des trésors par David amassés. (Racine, Athal., i, 1.

Et d'une manière analogue, avec un subst. pourrég. dir. :

Ne voilà pas, dis-je, ceste volage, qui se feint de nouveaux prétextes de haine et de jalousie. (D'Urpé, Àstrée, i, 1.)

On disait aussi se feindre à, suivi d'un subst., dans le sens de

se déguiser auprès de :

Et faut qu'ils (les princes) se ftiynent souvent non-seulement en guerre aux estrangers et ennemis, mais encore en paix et à leurs subjets. (Charron, La Sag., 111, 2.)

— SE FEINDRE, commc feindre y suivi d'un infinitif, par imitation de la proposition infinitive des Latins :

Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de se retirer de là cour, (C/;r, préf.)

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