‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 255 sur 366 · FEUILLETER. — FIERTÉ · texte numérisé non relu

FEUILLETER. — FIERTÉ

FîîUILLETER le digeste , faire ses études de droit :

Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,

Et vu, comme mon fils, les gens de ces quartiers. {Le Menu , ▼, 1.)

FIDÈLE. Emploi remarquable et très-poétique au fig. :

Va, tu me veux en vain rappeler à la vie.

Ma haine est trop fidèle, et m'a trop ))ien servie. {Bodog.j v. A.)

— PRÉSAGE FIDELE , présage auquel révénement a fidèlemeul répondu :

0 d'an trouble inconnu présage trop fidèle! {Oik., y, 6.)

FIEF, fig. : •

D'ailleurs, si par les biens on prise les personnes,

Le tbéàtre est un fief éonl les rentes sont bonnes. {L'Iliiu. com,, t, 5.)

FIER, confier. Remarquable emploi au figuré :

Cher prince, dont je n'ose, en mes plus doux souhaits.

Fier encor le nom aux murs de ce palais. {JRodog,y m, 3.)

Ciel, à qui voulez-vous désormais que \e fie

Les secrets de mon âme et le soin de ma vie? (Cmna, iv 9.)

— SE FIER A SES OREILLES, en croirc ses oreilles :

Sa résolution a si peu de pareilles

Qu'à peine je méfie encor à mes oreilles, {Le Cid, iv, 5.)

FIERTÉ. LA FIERTÉ D*uN VOEU , pour signifier un vœu ambitieux: •

La perte de Sylla n'est pas ce que Je veux.

Rome attire encor moins la fierté de mes vœux. {Sert., it, 2.)

— FIERTÉ, avec le pluriel :

Ah I si non plus que vous je n'ai point le cœur bas,

lios fiertés pour cela ne se ressemblent pas. (Attila^ m, 4.)

.... nos fiertés se ressemblent si bien, Que si la ressemblance est par où l'on s'entr'aime, J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-môme. {Ibid.)

D'où naîlroit cet amour, quaqd je vois en tous lieux De plus ùi^UQS fiertés qui me ressemblent mieux? (ttid.)

Cet emploi, très-fréquent au dix-septième siècle, se retrouve jusqu'à nos jours :

L'humilité corrigera vos jugements désavantageux et téméraires, vos railleries et vos médisances, vos vaines complaisances et \os fiertés. (Bodrd., Panég. de S. Franc, de Paule, i.) — S'étudiant à ménager un mari jaloux; soustenant chaque jour toutes les fiertez d'une humeur vaine et impérieuse, tous les caprices d'un esprit volage et bizarre, les emportements d'un naturel dur et farouche. (Cbemin^

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