FIGURER. 3U
Serm. tur le jugem. dern., il,)— Exempt des mortificatiois de l'obéissance et des fivriés du commandement par le sentiment de son immortalité, il porte une Ame égaie par tout. (Abbadie, Art de se conn., ii, 6.)
Car son cœur, qui de jour en jour
Sembloit ne respirer que haine,
En secret soupiroit d'amour.
De Ikses/ieriés implacables. (Hamilt., Le îtéiier, l,)
Ne voyant plus de tétcs couronnées, elle fut obligée d'épouser Te duc de Nen-
bourg ; mais elle le traita avec àes/ieriis inconcevables. (Rbgnard, Voyage d'Allem.)
— Je ne reçois de vous que des mépris et des fiertés pour récompense de mon
amour. (M" de Villed., Mém. du Sérail, v.)
De môme, chez des écrivains contemporains de diverse valeur :
C^étaitune des fiertés du peuple romain de détester, de mépriser, d'humilier les rois. (Chaxpagnt, Les Césars, Caiig., $viii, 1.)— Il cherche à copier quelquesunes des fiertés simples et grandes de M. Guizot, et ce n'est qu'on surcroît d'eoflure. (L. Veuillot, MéL, 12 janv. 1849.)
Et pour quelques dessins que vantaient mes convives, Je suis peintre, disais-je, en mes fiertés naïves.
(PoNSARD, L'Honneur etCargenit iv, 6.}
FIGURER, suivi d*un adjectif, représenter comme :
L'impétueuse ardeur d'un courage sensible
A vos ressentiments yf^ure tout possible. [Méd., i, 5.)
On dit d'une manière analogue , figurer quelqu'un , le représenter, le peindre :
La vanière me parut fort jolie, et avec plus d'embonpoint qu'on ne me l'avoir figurée, (Madcr., Mém., ch. xx,3* fasc.) — Les hommes, le figurant toujours à leur mode, en ont fait tantôt un profond génie, tantôt un petit charlatan. (J.-J. Rouss-, Rousseau juge de i.-h, 2* dial.)
— FIGURÉ, participe passé, représenté:
Mais pourrois-je vous dire à quelle impatience,
A quels frémissements, à quelle violence,
Ces indignes trépas, quoique mal yf^/ur^,
Ont porté les esprits de tous nos conjurés? (Cimno, i, 3.)
— SE FIGURER, cu parlant de mots, de discours, se présenter
à Tesprit des autres, se laisser voir sous tel ou tel aspect :
Nous ne pouvons souffrir qu'ils (les héros) meurent en repos. Cependant cet exil, ces retraites paisibles, . Cet unique souhait d'y terminer leurs jours. Sont des mots bien choisis à remplir leurs discours. Ils ont toujours leur grâce, ils sont toujours plausibles,
Mais ils ne sont pas vrais toujours, Et souvent des périls, ou cachés, ou visibles. Forcent notre prudence à nous mieux assurer
Qu'ils ne yexïXeiiX se figurer. « \Agé$., m, 1.)
Cette phrase est obscure, et cet emploi singulier.
342 FILS. — FINISSEMENT.
FILS. BEAU FILS , dans le sens déjeune homme élégant, modifié
par un adverbe :
Autrefois en mon temps J>'au9si beaux fiU que vous étoient assez contenu, Et croyoient de leur peine avoir trop de salaire, Quand je quittois un peu mon dédain ordinaire. (MiL^ v, 7.)
FIN, subst. AUX FINS DE, en termes de droit :
Ëlisant, aux fin* de la présente opposition, son domicile en la maison et per- . sonne de roattre Charles Ycard, avocat au privé conseil de Sa Majesté. {Â M* Ck, Yeard, avocat au privé conseil de S, M.)
FINANCER, V. act., verser de l'argent :
Il vous supplie de considérer que ledit office fait la moitié du sien qui est dWeienne création, et, à ces causes, d'être reçu à l'offre du fait de rembourser ledit Hays de ce qu*il aura financé en vot coffres. (Au roi et à nos seitj. de son cohmi/.)
FINIR, mettre fin à, avec un nom de chose pour sujet :
La paix finit la haine, {Bod., i, 6.)
Cette expression a déplu au commentateur de; Corneille : « La haine finit, on ne la finit pas, » dit-il. L'observation parait un peu subtile. La paix met fin aux hainesy ne présente-t-il pas une idée juste et claire , et le vers de Corneille dit-il autre chose?
On trouve encore chez notre poëte :
Et ce soir destiné pour la cérémonie
Fera voir pleinement si ma haine est finie, {Rod.^ iv, 1.)
Racine a dit finir sa haine, pour signifier mettre fin à sa propre haine :
Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime.
Ah ! s'il l'éloit assez pour nous laisser du moins
Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins,
Et que, finissant là sa haine et nos misères,
Il ne séparât point des dépouilles si chères! {Androm,, m, 6.)
Corneille a encore dit finir une crainte, pour signifier mettre fin à une crainte :
Je vous rends Aristie, ei finis cette crainte
Dont votre âme tantôt se montroit trop atteinte. {Sert,, t, 6.)
— AVANT CE JOUR FINI, avaut la fin de ce jour :
Et Ton verra peut-être avant ce jour fini
Ma passion vengée et votre orgueil puni. (Sied,, ii, S.)
FINISSEMENT, extrémité, en parlant de décorations :
Les frises, les festons, les corniches et les chapiteaux sont pareillement d'or.