‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 270 sur 366 · FUIR · texte numérisé non relu

FUIR

Où seule, et sans appui contre mes attentats.

Je verrois... (AiNf., T, 4.)

Quel malheureux destin vous conduit à présent

Dedans cette vallée effroyable et profonde,

Où, pour/ttyr de vous, je /«w de tout le monde? (Racan, Berg., iv, 3.)

«— FUiH DE, avec un rég. de chose, fuir des yeux de quelqu'un, fuir loin de ses yeux, fuir de la violence de quelqu'un, se soustraire à sa violence :

Fuis plutdt de tes yeux, fuis de sa violence^

A ses premiers transports dérobe ta présence. {Lb Cid., nu l.j

On a dit dans un sens analogue :

Je sais qu'il nous faut tous fuir de ces objets

Qui laissent dans nos cœurs l'impression du vice. (Racan. Ps,, c.)

— FUIR DE, suivi d'un infinitif:

Et bornant tes désirs à ses dons éternels,

Fuis d'eue connu des mortels. {tmit.^ i, 8.)

Est-il courage si brave Qui pût avecque raison Fuir (f être son esclave Et de vivre en sa, prison? (Halh., Sonnet.)

Et fuiray tant que.je pourray de parler à luy. (D'Unni, Aètrée, i, 9.) ^ Quand on la prioit de quelque chose, pour petite qu'elle fût, elle appréhendoit tellement d'importuner le roi qu'elle /uyoii de lui en parler. (Richel., Utém,, 1. xx, 1629.) — Ils fuient tant qu'il» peuvent de répondre à cette question. (Arn., Apol, pour les Caihol., 2* p., c xiv.) — La véritable vertu ne fuit pas toujours de se faire voir, mais jamais elle ne se montre qu'avec sa simple parure. (Boss., Serm, pour le mardi de la deux. sem. de car., m.)

Prince, je monte au trône, et vous m'abandonnez !

Fuir d'en être témoin, est-ce chérir ma gloire? (T. Corn., Antioch.f i, 3.)

Il>yoii(f entendre les vérités dont il eût eu droit de se glorifier. (Bourd., Serm. pour le quair. dim. après Pnq.y ii.)

La locution fuir rfe, avec un infinitif, pourrait parfaitement, ce nous semble, être encore employée, quoique les dictionnaires ne l'enregistrent pas.

— FUIR A, suivi d'un infinitif:

Tu fuis à te venger. (C/ii„ m, 1.

Qu'il la trouve assez belle.

Qu'il en parle avec joie, et/uii à lui parler. (Au., ii, 1.)

Ne désire donc point, fuis même à regarder

Tout ce que sans péché tu ne peux posséder. (/mtï., iii, S7.)

Ils fuient à m'examiner, de peur de se repentir du tort qu'ils me font. (Thboph.» Lett, à Math. HoU,)

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