LA FUITE
N'as-tu point ici vu deux cavaliers .aux coups? PTMANTB. Non, monsieur.
LTSARQUE. Ou l'un d'eux se sauver à la fuite? {Clit.^ ii.S.)
Et, d'un autre cdté me jetant à la fuite.
Divertir de vos pas leur plus chaude poursuite. (La PL Boy., iv, 6.)
Car il vaut beaucoup mieux se sauver à la fuiite.
Que d'attendre la mort qu'on peut bien éviter. (D'Urpb, Astrée, i. 4.)
En un momenl IMt ce grand amas de forces se dissipa, chacun d*eux se sampa
à la fuite, (Hizu., BUi. de Fr, av, Clovis, m, 7.) — Ils se sauvèrent à la ftâu,
Martin dans la ville de Laon, et Pépin bien avant dans l'Austrasie. (Id., Abr.de
rUist, de Fr., ann. 681.)
FUMANT, fig. FUMANT DE COURROUX, bouiUonnant de courroux :
0 liberté de Rome ! à mânes de mon père I J'ai fait de mon cdlé tout ce que j'ai pu faire : Contre votre tyran j'ai ligué ses amis, ' Et plus osé pour vous qu'il ne m*étoit permis. Si l'effet a manqué, ma gloire n'est pas moindre ; N'ayant pu vous venger, je vous irai rejoindre, Mais si fumante encor cTun généreux courroux. Par un trépas si noble et si digne de vous, * Qu'il vous fera sur l'heure aisément reçonnoître Le sang des grands héros dont vous m'avez fait naître. (Cm., iv, 44
FUMEE, fig. NOBLES FUMÉES, en parlant de la renommée :
Je voudrois seulement vous faire souvenir
Que j'ai prés de trente ans commandé nos armées,
Sans avoir amassé que ces nobles fumées
Qui gardent les noms de finir. (Agés,, m, 1.}
FUNÉRAILLES, pour exprimer des morts :
Je l'ai vu tout sanglant, au milieu des batailles,
Se faire un beau rempart de mïiie funérailles. {Le Cid., i, 6, l^* éd.)
Avec Scudéry , FAcadémie condamnait cette expression hardie :
« Se faire un beau rempart de mille funérailles. >
< L'observateur a bien repris cet endroit, car le moi funérailles ne signifie point des corps morts. >
A quoi Voltaire réplique justement :
« Funérailles alors signifiait /anus, et n'était pas uniquement attaché à l'idée d'enterrement. »