‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 276 sur 366 · GÊNE. — GÊNER · texte numérisé non relu

GÊNE. — GÊNER

chissatu la meslée. (Id., tM<f.) — Je n'ay guère d'art ponr sçavoir gauchir la foi^ tune et luy eschapper ou la forcer. (Id., ibid., c. xvii.) — Un poignard est ph^. senr pour assener, mais d'autant qu'il a besoin de plus de mouvement et de vigoeèr de bras, que n'a un pistolet , son coup est plus sujet à estre gauchy ou troublé* (M., iWd., c. XXIX.)

Ce qu'écrit le destin ne peut être effacé. Il faut bon gré mal gré que l'âme résolue Suive ce (^'a marqué sa puissance absolue: De ses pièges secrets on ne peut s'affranchir,

Nous y courons plus droit en pensant les {7aafcAir.(TRisT.,ilfartomiie, i, 8.) Il faut donc retarder ou au moins ne précipiter ces exécutions, s'imaginer tons les moyens possibles pour les gauchir et éviter si faire se peut. (Naudé , Des Cottpa d'/itai, m.)

A cause des mauvais passages,

Des défilés et marécages

Que nous ne pouvions pas gauchir.

Et que nous pouvions moins franchir,

Praslin tenant les avenues. {Le Courier burl, de la guerre de Paris,)

GÊNE, au fig., tort*e, supplice :

Ahl ne m'imposez point de si cruelles gênes. {La Gai. du PaL, iv, 6.)

Je ne veux point d'un fils dont l'implacable haine

Prend ce nom pour affront et mon amour pour gène, {HàracL, v, 6.)

Je m'impose à vos yeux la plus dure des gènes. (D. Sanehe, i, 3.}*

L'hymen où je m'apprête est pour vous une gine! {Sert,^ iv, 3.)

Je souffre, et c'est pour vous que j'ose m'imposer

La gêne de souffrir, et de le déguiser. {Oth.^ i, 4.)

La force de cette expression figurée se retrouve dans les exemples suivants :

Toutes les géhennes que peut recevoir un esprit sont sans cesse exercées sur le mien. {Leit. miss, de Henri IV, t. ii,p. 342.)

Jusques à quand, Amour, au fond de tes enfers, Sentiray-je tes feux, les gesnes et tes fers?

( J. DE ScHBU, Tyret Sidon, 2* journ., i, 1.)

Mais Dieu, touché de mes gesnes. (Racan, Ps., xvii.)

Aimant sans que je l'aime, il sera dans des gênes. (Richel., Mirame, iii, 5«)

Du reste gêne s'employait encore au sens propre au dix-septième siècle :

Menacés de \^gêne, ils ont tout découvert. (T. CoRN.,Peri.ef D^.,y,3.) Pour tous les conjurés imaginez des gênes, (Id., Maxim,, m, 5.)

GÊNER, dans l'énergie du sens étymologique, mettre à la torture, tourmenter cruellement :

Et n'en doit faire un roi qu'afin de couronner

Celle que dans les fers elle aimcit à gêner. {Rodog., i, 1.)

< Le mot gêner y dit Villustre commentateur,, ne signifie parmi

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