‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 42 sur 366 · ATTAQUE. — ATTENDRE · texte numérisé non relu

ATTAQUE. — ATTENDRE

— s'attacher a, suivi d'un subst. :

Il passe encore pour le plus beau auprès de ceux qui ne s'attachent pas à la dernière sévérité des règles. {Exam, du Cid.)

— ATTACHÉ A, appliqué fortement à :

Oui, je te l'ai promis, et Taurois fait peut-être.

Si ton &me attachée à mes commandements

Eût pu dans ton amour suivre mes sentiments. {Perth.^ iv, 2.)

On a dit, dans des sens à peu près analogues :

Je n*ose espérer que M. le cardinal de Noaillesse rapproche véritablement de moi, pendant qu'il me saura attaché à des pensées si contraires aux siennes. (FiN., Lett., à la maréchale de Noailles, 7 juin 1712.)

Il n'est rien où d'abord son soupçon attaché

Ne présume du crime el ne trouve un péché. (Boil., Sat. x.)

ATTAQUE, au sens moral, porter une attaque :

Et déjà pour essai de mon obéissance,

J'ai porté quelque attaque^ et fait un peu d'avance. {Pulch., v, 1.)

ATTEINTE , fig. et partie, en parlant de l'impression vive que Famour fait dans le cœur, de la passion dont on est atteint profondément :

As- tu \u dans son cœur encor la même atteinte? [Titd et Dér., v, 1.)

Ne pouviez-vous souffrir de ma mauvaise humeur?

Ne pouviez-vous juger que c'éloit ude feinte

A dessein d'éprouver quelle éloit votre aueinte? (La Gai, du rai., v, 4.)

Vous me jouez, madame, et cette accorte feinte

Ne donne à mon amour qu'une railleuse atteinte, [La Veuve, ii, 4.)

Ce dernier vers est obscur et mal fait; il veut dire : ne paye mon amour que d'un retour faux et trompeur de sentiment.

Dans cette comédie, Corneille emploie encore atteinte dans le même sens :

Longtemps à mon sujet tes passions contraintes

Ont soufTerl et caché leurs plus vives atteintes, (La Veuve^ iv, 4.)

— l'atteinte des douleurs :

Enfin je me vois libre , et je puis sans contrainte

De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte» {Le Cid, m, 3.)

— attelntes de la frayeur :

Tant de cette frayeur le* profondes atteitues

Repoussent fortement toutes les autres craintes. [dCd,, i, 1.)

ATTENDRE A, tardera:

Mais à se déclarer il a bien attendu. {Othon. m, 1.)

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