‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 43 sur 366 · ATTENDANT · texte numérisé non relu

ATTENDANT

ATTENDANT, suivi d'un substantif, pour en attendant :

Traîtres, auriez-vous fait sur un si beau visage,

Autndani Rostdor, l'e§sai de voire rage? [Clit.t i, 9.)

Faisons un tour de salle attendant mon Cléante. [La Gai. du Pal,, i, 8.>

Et laisse-moi, de grâce, attendant Emilie ,

Donner un libre cours à ma mélancolie. (Ct/ina, m, l.y

Vous qui, chef du conseil, devriez maintenant,

Attendant mon relour, êlre mon lieutenant I (CEd., v, 2.)

Tu vas voir davantage, et les dieux qui m'ordonnent,

Qu'attendant tes lauriers, mes myrtes le couronnent,

Lui vont donner un piix de tdùte autre valeur. {La Tois., prol., se. v.)

Et trouvez-vous qu'il montre , attendant ce grand jour,

Celte obligeante impatience Que donne, à ce qu'on dit, le véritable amour? (Arjés.j i, 1.)

Je ne fais que gémir, et porte avec douleur, Attendant ce beau jour, l'excès de mon malheur. {Imit., m, 21.)

Cette manière de parler, rare au dix-septième siècle, et cependant usitée encore au dix-huitième, était très-fréquente au seizième :

Je m'amuseray, attendant le jour, à reveoir mes pappiers. (Lariv. , Le Btorf,, IV, 2.) — Si vous le trouvez bon et que ces damoiselles l'ayenl agréable, nous irons faire la promenade attendant l'heure que nous avohs prise pour nous assembler. (GouG., Corn, des comédiens^ 1, 2.) — Si je ne puis combattre le duc de Parme, j'aye au moins moyen de maintenir mes affaires en la plus grande seureté el réputation qu'il sera possible, attendant l'armée d'AHemagne. [Leu. mii«. de Henri /F, t. ni, p. 827, G avril 159].)

Après l'ennui des plus rudes alarmes

Tygrane de l'espoir goûtera mieux les charmes,

S'y rendra tout entier, attendant Theureux jour

jQui , remp] issant ses vœux , couronne votre amour. (Th. Corn. ^Antioch. , v, 5.)

Cher Hontvai ! attendant le bonheur de te suivre ,

J'aime sur cette toile à te faire revivre. (Boissy, Méd, par oce», m, 5.)

— ATTENDANT QUE, loc. couj., pouT en attendant que :

Dans deux heures au plus, par un commun accord.

Le sort de nos guerriers réglera notre sort.

Cependant tout est libre attendant qu'on les nomme. {Hor., i, 4.)

Et du moins, attendant que cette ardeur se passe.

Apprenez-moi.... (Sur^a, ii, 2.

Et c'est ce qui me fait vous le donner en suite du second volume, attendant qu'on le puisse reporter au-devant de celui qui le suivra, sitôt qu'il pourra être complet. (Préf. du Th. de P. Corn., éd. 1663.)

On trouve encore de même avant et longtemps après Corneille :

Par ce moyen, j'assureray mes biens et vivray à mon aise, attendant (|U6 je voye s'il s'amendera. (Fa. d'Amb. , Les NapoL, ii, 7.) — La seignore Angélique fait véritablement tout ce qu'elle peut pour mon bien et avancement , o/ren(/<ifti qu'il plaise à Dieu m'ouvrir le chemin pour rentrer en mon païs et en mes biens.

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