‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 44 sur 366 · ATTENTAT. — ATTENTE · texte numérisé non relu

ATTENTAT. — ATTENTE

(Id. , ibid.t "If 9.) — Au point da jour, le roy mon mari dit qu'il vouloit aller jouer à la paume, aiiendani que le roy Charles fust éveillé. (Marc, de Val., Mim » 1573.) — Pour gaigner temps, auendani que leurs forces peussent estre prestes. {Lett. miss, de Henri !V, t. iir, p. 83.)— Auendani qu'on nous apportast à desjeuner, nous achevions» Clitiphon et moy, de rapaiser la fougue de nostre nouveau soldat. (Théoph. , Frag, d*une hisi, com., iv.)

Attendant que ton fils, instruit par ta vaillance,

Dessous tes étendards sortant de son enfance.

Plus fortuné que toi, mais non pas plus vaillant.

Aille les Ottomans jusqu'au Caire assaillant. (Régnier, Epist., i.)

Je me suis dans le bois arrêté pour lui rendre

Le dernier des devoirs, en recueHlant sa cendre,

Atundant qu'en ce temple un tombeau plus pompeux

Reçoive avec honneur ce dépôt douloureux. (Le Mier., Tér,^ ii, 2.)

Qu'on l'ôte de mes yeux, attendant que ma haine

Par l'arrêt qu'il mérite ait résolu sa peine. (Th. Corn., barius, v, 3.)

Attendant qu'en ces lieux j'obtienne une couronne,

Il m'est doux que l'amour par vos mains me la donne.

(Id., Persée et Déméir., v, 3.)

Voyez notre article participe présent employé pour le gérondif.

ATTENTAT, faire un attentat sur, en parlant d'une chose morale, entreprendre sur :

Tout son peuple a des yeux pour voir quel attentat

Font sur le bien public les maximes d'Etat. (iVicom., m, 2.)

Et leur guerre est trop juste, après cet attentcu

Que fait sur leur grandeur un tel crime d'Ëtat. {lùid., v, 1.)

Et la foi qui ne tient qu'à la raison d'Ëtat,

Souvent n'est qu'un devoir qui gêne, tyrannise.

Et fait xur tout lo cœur un secret attentat. {Agés., ni, 3.)

Le frère du grand poëte a dit par imitation :

Je sais que plus le rang approche des couronnes,

Plus sa fiére grandeur asservit nos personnes :

Mais je ne sais pas moins quel injuste attentat

Fo/7l souvent sur nos cœurs ces maximes d'Ëtat. (T. Corn., Jfoxtm.. ii, 2.)

ATTENTE, avec le pluriel :

Scipion vient, seigneur, d'arriver dans vos tentes,

Ravi du grand succès qui prévient ses attentes. {Sophon., tv, i.)

— i/ ATTENTE DU REPENTIR, Tespoir du repentir :

Rien ne t'en sauruit garantir;

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à crever la nue.

Ne peut plus être retenue

Par Vattente du repentir. (1*^1 , iv, 2.)

ArrENTER. — ATTITRÉ. 69

ATTENTER jusqu'à (un infinitif), porter ses attentats jusqu'à:

Mais si i;oii« attentez jusquà me commanâer,

Jusqa'à prendre sur moi quelque pouvoir de mattre,

Je me souviendrai lors de ce que je dois éire. (ÛErf., i, 4 )

— ATTENTER A, suivi d'uu infinitif, tenter, essayer présomptueusement, témérairement de :

Et je serais coupable autant comme indiscret,

Moi qui ne suis que terre et fange, Waitenter à comprendre un si profond secret. {tmil.t iv, 4.)

Les yeux même de tout un monde,

En un seul regard assemblés,

De tant de lumière aveuglés

Renlreroient sous la nuit profonde :

Ils ne pourroient pas subsister

S'ils attentoient à supporter

Des clartés si hors de mesure. {Ibid,, c. xi.)

— ATTENTER, emplojé activement, entreprendre quelque chose d'audacieux :

Un désespéré qui peut iouXaUenter, [Pol., m, 1.}

Et si ma main pour vous n'avoif tout attenté^

L'effet de cet amour vous auroit tout coûté. [Rodog., ii, 3.)

Ce ne sont que deux criminels, qui cherchent à éviter la punition de leurs i-rimes, et dont même le premier en attente de plus grands pour mettre à couvert les autres. (Exam, de Clit,)

On trouve jusqu'au dix-huitième siècle des exemples de cet emploi si naturel et si nécessaire de attenter actif :

Il ne permettra ny commandera à l'advenir qu'il soit attempti et entrepris contre vous , tant en général qu'en particulier, chose qui vous soit désagréable. (Lett. miss, de Benri !Y^ t. v, p. 310.)— Qn'y aura-t-il désormais que les hommes ne veuillent savoir? et que n'aiientera pas leur témérité? (Boss., ÎY* Serm, pour le prtm. dim. de car, , m. ) — Tout droit doit venir de l'autorité publique, sans qu'il soit permis de rien envahir, ni de rien attenter parla force. (Po/i<., l.i, art. 3.) Égisthe, contre toi qu'avoiu-nous attenté? (Volt., Ortste, iv, 7.)

ATTIÉDIR, fig., comme refroidir :

Nous laissons attiédir son impuissante ardeur. [Imit.^ i, 11.)

Mais encore une fois souffrez que je vous die

Qu'une si juste ardeur devroit être attiédie, (Cin., i, 2.)

ATTITRÉ. UN HOMME ATTITRÉ, uu hommc aposté, un homme payé pour jouer un certain rôle, à peu près comme on dit un témoin attitré :

Quoi , je passe à tes yeux pour un homme attitré! {Penh., m , 4.)

• On trouve d'une manière analogue :

Il avoit esté lors pratiqué et attitré par les capitaines du roi des Parihes, avec

Page 1