‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 53 sur 366 · AVANCER · texte numérisé non relu

AVANCER

Elle fera volontiers ce qu'elle pourra pour advancer l'œuvre. ( U'u. mist, de Henri I\\ 9 ocl. 1591, t. m, p. 838.) — Je sçais, madame, combien vous avés apporté de vostre prudence et dextérité accousluméc, pour advancer ledict traité. (IWd., à larcine douairière, t. IV, p. 316.)— Enfin, après n'avoir rien oublié de toutce qui se peut essayer, ce que l'on avança fut que, trois ans devant qu'il mourût, ses tourments, avec quelque diminution bien légère, aboutirent à une débilité de louteslespartiesdcsoncorps. (MALH.,/.rf/.,à laprinc. de Conti, 29roars 1614.) — Assiége-t-il quelque place, il invente tous les jours de nouveaux moyens d'en avancer la conquête. (Boss., Orais.fun. de Condé.)^SoTi indiscrétion, qui devoit ruiner l'entreprise, Vavança plus que toute la cirdonspection du marquis deBedmar. (St-RÉAL, Conj. contre Vetiiie.) —Tout ce qui pouvoit avancer les intérêts de la religion devenoitun intérêt d'État pour lui. (Mass., Orai%. fun, de Louis XIV, ii.) — Qui eut jamais plus d'ardeur et de passion de maintenir ou d'avancer sa créance, et de détruire toutes les autres? (Fléch., Serm, pour la fêle de la Conv. de S, Paul, ii.)— Je vou.« supplie donc de vouloir ara»cer ce projet. (Boss., Leit., à M. Dirois, 17 nov. 1672.) — H saura bien avancer son œuvre et tirer sa gloire de toutes choses, par les moyens qu'il sait. (Id., ibid.^ à M. de Nouchy, 1" fév. 1658.) — On voulut donc fermer les yeux à tout autre raisonnement qu'à celui d'avancer nous-mêmes le renversement d'un trône qui nous avoit coûté tant de sang et d'argent à maintenir. (St-SiM., Mérn., t. vu, c 25.) — Le cardinal résolut dés lors de se venger de lui, et d'avancer le dessein de l'arrêter. (La Rochef. , Mém. f Prison des Princes,)— La reine prévoyoit sans doute les malheurs qui menaçoient l'Ëtat; mais elle ne pouvoit s'afQiger de ce qui pouvoit avancer le retour du cardinal. (Id., iOid., Retour des Princes à Paris.) — L'effet principal de l'ambition, c'est de nous faire penser nuit et jour à notre fortune, et trouver licite et honnête tout ce qui avance notre élévation. ( Boss. , u\* Sei-m. pour le jour de 'Mq., i. ) — Les grands du royaume, qui prétendoient qyielque part au gouveincment de l'État et û la confiance du prince, virent qu'ils n'avoient pas beaucoup avancé de s'être défaits de Ferdinand. (Fléch., Uisi. de Atme/i., u.)

— D'une manière analogue, avec le pronom personnel :

Mais pour voir ces effets allons trouver le frère ;

Notre heur s'accorde mal avecque sa misère,

Et ne peut s'avancer qu'en lui disant le sien. {La Veuve^ v, 2.)

— Et dans un sens approchant, avec un nom de personne :

Mais, puisqu'ainsi le ciel rejoint ces deux amants

Et que tout se dispose à vos contentements.

Pour m'avancer aux miens, oserois-je, madame,

Offrir à tant d'appas un cœur qui n'est que flamme? {Ibid., v, 6.)

— 11 est de ces emplois de avancer, comme le suivant, dans la signification de causer, où , sans une grande attention, on prendrait aisément la pensée à contre-sens :

Par cette extrémité vous avoNc» ma mort. [Gai., ii. 8.)

— AVANCER quelqu'un CHEZ, avcc un nom de chose pour sujet, dans le sens de faire faire des progrès dans le cœur de :

(le n'est pas contie lui qu'il faut en ma présence

Lâcher les traits jaloux de votre médisance :

Adieu, souvenez-vous que ces mots insensés

VavanciToni chez moi plus que vous ne pensez. i^UL, ii, 2.)

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