‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 7 sur 366 · ACCABLER LES SE.NS I · texte numérisé non relu

ACCABLER LES SE.NS I

-t Loin de vous je n'ai rien qu'avec plaisir je voie, Tout me devient fâcheux, tout s'oppose à ma joie, Un chagrin invincible accable tous mes sens, {La Veuve, i, 5.)

> Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse,

Un excès de plaisir nous rend tout languissants, 1^ Et quand il surprend Tâme il accable les sens. {Le Cid, iv, 5.)

— ACCABLER DE, fatiguer, lasser de :

Ai-je écoute quelqu'un de tant de soupirants

Qui m'accablaient partout de leurs regards mourants ? {TiteeiDérén., i,3.)

ACCOMMODEMENT, eu terme de littérature , beauté, agrément :

Ces prologues doivent avoir beaucoup d'invention , et je ne pense pas qu'on n'y puisse raisonnablement introduire que les dieux imaginaires de l'antiquité, qui ne laissent pas toutefois de parler des choses de notre temps par une fiction poétique qui fait un grand accommodemeni de théâtre. {Prem, Disc.)

ACCOMMODER a, conformer à :

Aussi je ne suis pas de ces amants vulgaires;

Raccommode ma flamme au bien de mes affaires. (Méd.j i, 1.)

— ACCOMMODER, couveuir, plaire à, faire, être le compte

Le cloître a ses douceurs, mais le monde en a d'autres,

Oui, pour avoir un peu moins de solidité,

fi' accommodent que mieux notre inslabilité. \,La PL Roy,, v,8.)

Les Arabes s'appliquèrent encore à sa physique (d'Aristote ) , principalement

aux huit livres qui ne contiennent que le général; car la physique particulière,

qui a besoin d'observations et d'expériences , ne les accommodait pas taoL

(Flkdry, Choix des étud., l'^* P-, v.)

— s*ACC0MM0DER, s' employer convenablement.

Quelques modernns, pour oler toute l'ambiguïté de cette prononciation , ont écrit les mots qui se prononcent sans la mollesse de Vh avec une / simple, en cette manière : tranquile, imbécile ^ distile, et cette orthographe pourrait s'accommode;»', dans les trois voyelles a, o, k, pour écrire simplement baler, affoler, annuler, mais elle ne n'accommoderait point du tout avec Te, et on aurait de la peine a pronOQCtT Jidelle et belle, si on écrivait y!d(;/c et bêle, (Préf. de : Le Thidi, de P. Com^lllit. de 1682.)

Acd^

MPAGNER, «g. :

Uest juste .de lui prêter (à l'utile) quelques grâces, mais de celles qui lui laissent toute sa force, qui l'embellissent sans le déguiser, et Vaccompaynaa sans lo dérober à la vue. {Imit., préf., 1670.)

Qnel indomptable esprit! quel arrogant maintien

Accompagnait l'orgueil d'un si long entretien!

A-tcllu rien fléchi de son humeur altiére? {Mid., ii, 4-;

ACCORD. 2i

Ou a dit de mêsme :

Il /^a une fierté gi^néreuse qui accompagne U bonne éducation. ( Mont. , E$tah, m, 2.)

Un traître qui n'est hardi qu'à m'offenser, De qui nulle vertu n'accompagne l'audace. (Rac, Mithr., ii« 4.)

Les vices qui se contractent à l'entrée de la jeunesse accompagnent ordinairement les hommes jusqu'au tombeau. (Pérêp., HUi, de Henri IV, %* p., 1573. \ — Le plaisir et la douleur accompagnent les opérations des sens. (Boss. , Dr /.i Connaixt. de Dieu, i.)

Et dans un sens analogue, en parlant de choses matérielles :

Des cheveux noirs accompagnaient ce beau visage, et relcvoient l'éclat de son teint avec tant d'avantage, que.... (Regn , La Prov.) — Un seul nœud de ruban couleur changeante accompagnait son joli visage. ( A. db Mdss. , Let Deux Majtr., IV.) — Il y a à ma maison une belle orangerie, un agréable potager avec trois fontaines, et tout ce qu'il faut pour accompagner la beauté de ma maison, qui a de la grandeur, quoiqu'elle soit petite. (M>*« de Mo.ntp., Nim., 1680.)

ACCORD. Êthe d'accord de quelque chose, y donner son consentement, son acquiescement :

Telle est l'humeur du sexe; il aime à contredire.

Rejette obstinément le joug de notre empire,

Ne suit que son caprice en ses affections,

Et n'est jamais d accord de nos élections. {Lltlus. com,^ \\\,^ )

Sur un bruit qui m'étonne et que je ne puis croiro,

Madame, mon amour, jaloux de votre gloire.

Vient savoir s'il est vrai que vous soyez (f accord.

Par un honteux hymen, de l'arrêt de ma mort. . {Méd., ii, 4.

S'il est vrai que vous soyez à'accord.

Par un change honteux, de l'arrêt de ma mort. (Àudrom., iv, 3.)

Pourrez-vous à vos yeux souffrir cet hyménée?

Et quand de mon devoir vous voulez cet cffoit,

Toute votre justice en «/-elle d'accord? (Le Cid, v, 8.)

Je les voyois d'accord d'\in heureux hyménée. [Patch., n, 1.)

— ACCORD, dans le sens de conventions préliminaires d'un mariage, rompre des accords :

J'ai menacé Florange, et rompu les accords

Qui t'avoient su causer ces violents transports. (La Feuvf, iv, 4.)

On trouve plus souvent rompre un accord :

Un vieil accord à Parme engage en vain sa foi , *-

S'il me voit, s'il me parle, il le rompra pour moi.

(T. Corn., Le Charme de la voix^ i, 1.)

— ACCORD, dans le sens de rapport harmonieux, avec le pluriel :

J'épouse une princesse en qui les doux accords Des grâces de l'esprit avec celles du corps

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