‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 66 sur 366 · BON · texte numérisé non relu

BON

Voltaire donne cette explication :

« Ancienne façon de parler qui signifie le temps, parce que les anciens figuroient le temps sous reroblôme d'un vieillard boiteux qui avoit des ailes, pour faire voir que le mal arrive trop vite, et le bien trop lentement. »

Le boiteuXy dans cette signification, se joint habituellement au verbe attendre; cependant on le trouve sans cet accompagnement :

(La reine) prist résolution, si le ^oii«Kx portoit nouvelle certaine de cestc perte, de se dcsrober à peu de trouppc avec le roy et Monsieur. (Montl., Comment.^ iv.)

BON, noble, généreux, élevé :

Pour un léger ombrage, C'est trop indignement traiter un bon courage. Si le ciel en naissant ne m'a fait grand seigneur. Il m'a fait le cœur ferme et sensible à l'honneur. [Ulllus. com., ii . 7.) Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie

Le rebut du tyran dont elle fut la proie. [Cin., u, 2.)

Je vous le disois bien, elle a le cœur trop bon. {Suite du Ment., i, 4.) Je crois faire pour elle autant que vous pour Rome; J'ai le cœur aussi bon, mais enfin je suis homme. {Hor., ii, 3.)

Votre sang est trop bon, n'en craignez rien de lâche, Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche. [Ilnd., ii, 6.)

Tout s'oppose à l'effort de ton injuste amour Qui veut d'un si bon sang souiller un si beau jour. [Ibid., v, 3.)

Signification autrefois très-fréijuente en tout genre d(» style :

La paresse et la peur

N'ont place en un bon cœur. (P. Pighbkat, Prote du clergé de Paris, addressie au duc du Bîayuc.) Et, comme il a le cœur autant bon que courtois, Des armes du combat il te donne le choix. (L.-C. Discret, Aliz., iv, 2.) On a jugé de vous que voui avez l'esprit beau ^t le courage bon, et les dispositions de l'âme fort généreuses. (Théopu., à Mgr de L,) Non, ma sœur n'eut jamais de si bas sentiments, Elle a le cœur trop bon pour ces déguisements. (T. Corn., Comm., u, 1.) L'envie n*apas le courage assez bon pour chercher la véritable grandeur. (Boss., Abr, d'un Serm. pour U mardi de la 4* sem. de car., i.)

(Test encore dans le même sens de nohle, généreux, qu on a

dit:

n est bien triste qu'un homme de si bon nom, qui sert si bien depuis vingtdeux ans, soit traité si mal. (Fén., Lett, au duc de Chevreuse, 7 avr. 1710.) — Le roi a eu le malheur d'ôter l'argent des mains de toutes les bonnes familles du royaume, et de tout le peuple, pour le faire passer, sans mesure, dans celles des ftnaiioiers et des usuriers. (Id., ibid., 4 août 1710.) — Le peuple le sert avec un k^ sèle. ( Mass., Serm. Aurjes vices et les vertus des grands, i.) — Je vois bien |M la tenne gloire devrolt fuir ceruins honneurs que la grossière vanité cherche. ^Mr., Diat, des mortel xviii.)

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