‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 70 sur 366 · BOUILLON. — BOURRER · texte numérisé non relu

BOUILLON. — BOURRER

BOUILLON, en parlant de sang répandu à flots bouillonnants :

Et mon funeste avis ne servirait de rien

Qu'à confondre mon sang dans les bouillon» du sien. [Méd.^ m, 4.)

— BOUILLON, fig., transports bouillants :

Rompez, dissipez les bouillons

De ces ardeurs séditieuses. {Imii,, m, 34.)

BOURDE. DONNER UNE BOURDE, sc moqucr :

Quand il est nuit sans lune, et qu'il fait temps couvert,

Connalt-on les couleurs? Tu donnes une bourde, {Suite du Menu, iv. 7.)

BOURREAU DE SON sang, meurtrier de sa famille :

Le cœur de Pulchérie est trop haut et trop franc,

Pour craindre, ou pour flatter le bourreau de son sang. {HéracL, i, 2.)

BOURRELLE, adj., féminin de bourreau :

Vous travaillez eu vain, bourrelles Euménides ; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

( Vé/., IV, 8. Depuis 1638 jusqu'à 1660 inclus.)

Dans les dernières éditions, Corneille remplaça par barbares le

mot bourrelles^ qui était tout à fait vieilli :

Vous travaillez en vain, barbares Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

Bourrelle était d*un usage fréquent au seizième siècle :

.... les bourrelles Furies. (Joobllb. DiJon, i.)

Auteurs de la secle bourrelle. (D'adb., Les Trayiq., m.)

Et n'ayans assouvy leurs cruautés bouire/les. Ils m'ont encor peicé de cent playes cruelles, Qui faict qu'incessamment je me consume en pleurs.

(Lariv., Facéi, Nuicis de Sirap,, i, 3.)

Il s'employait de même substantivement :

Canda[u]les, Lydien, est de nuict massacré.

Dans son lict conjugal à Thymen consacré.

Par le commandement de sa femme i;ruello.

Laquelle, avec Gygès. luy servit do bourrelle. {Le Danger de âiariage.)

La mort, qui d'un costé se présente effroyable,

La faim, de l'autre bout, boutrelle impitoyable. (D'Aub., Trayiq., 1. 1.)

BOURRER, fig. BOURRER DES VERS , farcir des vers, remplir des vers , vaille que vaille :

Voilà donc, sans chercher tant de contes frivoles. Tout ce qui m'a gâté, déduit en trois paroles ; El pour un ca\alier c'est bien boutrer des vers,

A tort et à travers. {Mélang, poéiiq.)

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