‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 71 sur 366 · METTRE UNE AGENTE AU BOUT DE SA FINESSE · texte numérisé non relu

METTRE UNE AGENTE AU BOUT DE SA FINESSE

Ne m'apprendras- tu point ce que fait ta maîtresse ? LA NOURRICE. Elle met ton agente au bout de sa finesse, {La Veuve, ii, 7.)

On trouve , d'une manière analogue, être au bout de :

Les médecins avoient essayé inutilement tous leurs remèdes, et confessoient qu'ils iioieni au bout de leur art. (Fléch., Hist. de Ximén,, 1. I.)

— AU BOUT DE, après:

Ce portrait vivant que je vous offre représente un héros assez reconnaissable aux lauriers dont il est couvert. Sa vie a été une suite continuelle de victoires : son corps, porté dans son armée, a gagné des batailles après sa mort; et son nom, au bout de six cents ans, vient encore triompher en France. {Le Cid. à H»* de Combalet.)

— A CHAQUE BOUT DE CHAMP, commc à tout bout de champ :

À chaque bout de champ vous mentez comme un diable. (Le Ment,, m, (>.) ■

BOUTADE. POUSSER par boutade, produire d'un soufBe ,

d'une seule inspiration :

Ou comme d'un sonnet ou d'une ode, qu'une chaleur extraordinaire peut pouxfer par boutade, et sans lever la plume. {MéLt préface.)

BRAISE, dit plaisamment pour signifier chaleur d'amour :

Et, pour la maintenir, j'éteindrai bien ma braise.

[La Veuve, iv, 4, 1'* éd., jusqu'à 1644 inclus.) Vienne cet heureux jour! mais jusque-là, mauvaise. N'avoir point de baisers à rafraîchir ma braise! {ibid., v. 3.)

Si je feins un peu de braise

Alors que l'humeur m'en prend ;

Qu'on me chasse, ou qu'on me baise,

Uu'on soit facile ou mauvaise,

Qu'on me chasse, ou qu'on me baise.

Tout m'est fort indifférent. i^Chanson.)

On a dit de môme avant Corneille, en une poésie qui voulait être sérieuse :

Car l'humeur du baiser appaise,

S'escoulant au cœur peu à peu,

Ceste chaude amoureuse braise

Dont tes yeux allûmoyent le feu. (Bons., Amours, 1. 1, Baiser, 1572.)

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