‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 140 sur 342 · PUNISSEUR LE FOUDRK PUNISSEUR · texte numérisé non relu

PUNISSEUR LE FOUDRK PUNISSEUR

Je n'irai point chercbel' ittr les bords afribàiài

Le fondre souhaité que je vois en tes mains. {hmp., iv, 4.)

€ Il y avait d'abord, « le foudre punisseur, » remarqué Voltaire : punisseur était un beau terme qui manquait à notre langue. Puni doit fournir punisseur, comme vengé fournit Tiagottr. »

PUR. S4f

L'auteur du Commentaire parait croire que punisieur est de la création de Corneille. Les nombreux exemples qui suivent montrent Terreur de cette opinion, et sont une nouvelle preuve que notre grand tragique n'a guère inventé de mots ni de locutions ; sa gloire est ailleurs.

Fost présent GnUlaume Gaiart, puçniaitwr des malfaicteara de la CbasleUenie de Blols. {Outrm de tan 1382, citée par Charpentier.) Cest énorme forfait me touché tant an cœnr.

Que je vondroy moy mesme en estre punisieitr.

(Lasphrisb, La nouvelle tragi-eomtquê.) En mon temps J'ai toujoors ven les Espagnols sévères punisseurs de ceux qui par lascheté et couardise se rendoient on perdoient (Moiitluc, Commtmu.)

U est un Dieu puiitsMair des rebelles. {La Satire Minippée, Sonnet.) Après SToir réclamé deux ou trois fois les dieux, justes pumueun des infi- Aeller (imifi, tÂMtrée, i, 8.)

Ciel ! paniMeicr des hérésies.

(Cteamo, lecf., Satire contre un ingrat.) n estoit plein de dévotion, de obarité, de t^perance, de chasteté et de justice, severe pmnMêtwr des méchants, miséricordieux et Ûberal envers les bons. (VuLSON DB LA CoLOHB., Lti HcmmtB illustres, Jean le Meingre.) — n fut sage, bardy, généreux, libéral, plein de franchise et de bonté, severe putdsseur des trmistres, et grand amateur des gens de vertu qu'il recompensoit avec des largeises incroyables. (Id., ibid., Le Cardinal d'Âmboise.)

n est curieux de remarquer que Molière 8*est emparé de l'expression employée d* abord, puis rejetée par Corneille :

Et ne vent le montrer qu'en tête d'une armée.

Que tout prêt à lancer te foudre punisseur

Sous qai doit succomber im lâche ravisseur. (Don Garder i, 2.)

Puniueur s'est dit encore au dix-huitième siècle :

n annonça aux hommes le père des hommes, rémunérateuTi pumssewr et pardonneur. (Volt., Quest. de ZapoL, Œuvres, t. xui, p. 389.)

On a essayé en ces derniers temps de remettre en honneur, dans la haute poésie^ ce mot nécessaire :

vous, dieux putntseurSf dieux du profond empire !

(PoNSARD, Lucrèce, v, 3.)

PUR, fig., dans le sens de vrai, placé après le substantif, sans être précédé de tout :

C'est un miracle pur que le cours de sa vie. {Don Sanche, iv, 1 .]

On trouve aussi très-pur, employé comme tout pur :

On vous a rapporté, dites-vous, que Je vais au prêche des ealvinistes; c'est une ) tris-pure. (DtscAfttis, Lett., xxxiit, t. n.)

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