‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 142 sur 342 · PURGER · texte numérisé non relu

PURGER

Cette locution s'emploie particulièrement en termes de tique, pour signifier détruire, modérer, épurer les pasi C'est ainsi que Corneille dit :

La crainte tragique ne devance pas le malheor da héros, elle tait; êI pas poor lui, eUe est poor nous ; et, se produisant par une prompte appl que la vue de ses malheurs nous fait faire sur nous-mêmes, elle purgé o Ut poiêiont que nous en voyons être la cause. (D. Sanehê, BpUro.)

Le poète dit de même purger telle ou telle passion parties l'amour, la curiosité, Torgueil, des attachements d'amom piniâtreté, la facilité de confiance :

La mort de Théodore peut servir de preuve à ce que dit Aristote, que un ennemi tue son ennemi, il ne s'eicite par-là aucune pitié dans l'âme d< tateurs. Placide en peut faire naître, et purger ensuite ces forts attaeh d*amourqui sont cause de son malheur; mais les funestes désespoirs c celle et de Flavie, bien que l'une ni l'autre ne fasse de pitié, sont enco capables de purger l'opiniâtreté à faire des mariages par force. {Exam de — Cette pitié nous doit donner une crainte de tomber dans un pareU mail purger en nous ce trop d'amour qui cause leur infortune et nous les fait pi {Deux. Due. j— Si sa représenution {à'CEdipe) nous peut imprimer quelque < et que cette crainte soit capable de purger en nous quelque inclination bl ou Ticieuse , elle y purgera la curiosité de savoir l'avenir, et nous em] d'avoir recours à des prédictions qui ne servent d'ordinaire qu'à nous faii dans le malheur qu'on nous prédit par les soins même que nous prenon éviter. [Ibid.) — La mort du comte peut mieux purger en nous cette sort gueil envieux de la gloire d'antrui, que toute la compassion que nous a Rodrigue et de Chiméne ne purge les attachements de ce violent amour rend à plaindre l'un et l'autre. [Ibid.) — La crainte d'une infortune sen ou approchante, peut purger en une mère l'opiniâtreté à ne se point dessi bien de ses enfants, en un mari le trop de déférence à une seconde femme ai dice de ceux de son premier lit, en tout le monde l'avidité d'usurper le la dignité d'autrui par violence. (/^tV/.)— Si nous imputons son désastre à si foi, quelque crainte pourra suivre la pitié que nous en aurons; mais elle géra qu'une facilité de confiance sur la parole d'un ennemi réconcilié, plutôt une qualité d'honnête homme qu'une vicieuse habitude, et cette pi ne fera que bannir la sincérité des réconciliations, [laid,)

Corneille dit enfin absolument :

La pitié qu'il prendra de lui n'ira point jusqu'à cette crainte qai ptur§t qu'il ne lui ressemble point. {Deux. Disc)

On a dit d'une manière analogue :

Si quelqu'un tsi purgé par cette voie-là, à la bonne heure; encore ne pas trop bien à quoi il peut être bon d'être guéri de la pitié. (Fontkn., Aé|

iaPoéLy XLV.)

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