‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 155 sur 342 · RAFLE. — RAGE · texte numérisé non relu

RAFLE. — RAGE

(Corneille dit encore, dans le même sens de fils :

Pour me rendre le rang qu*occapoit votre race. {BéracL, iv, 3.)

Et plus harmonieusement :

Je te veox toojoara voir, qaoi qne ta rage fasse,

Craindre ton ennemi dedans ta propre race. {iM., vr, 4. j

Et enfin :

D'an devin suborné les infâmes prestiges,

De Fombre, disent-ils, ont fait tons les prodiges.

L'or monvoit ce fantôme, et pour peindre Dircé,

Vos présents lui dictoient ce qu'il a prononcé;

Tant ils conçoivent mai qu'un si grand roi consente

A venger son trépas sur sa race innocente. {CBd., v, I .

« On ne peut se servir de race, pour signifier fils, » dit Voï taire.

Cependant on trouve d'une manière analogue :

Car combien qu'elle fust royne et race royale... (Jodbllb, CU^pàtrêt m .

C'est-à-dire, fille de roi.

Au moins si j'avois eu quelque race de toy

Avant que de te veoir arracher d'avec moi.

Et si dedans ma cour, du père abandonnée.

Je pouvois veoir joiier quelque petit Enée. (Id.^ DûIor, ib

C'est-à-dire, si j'avais eu quelque enfant de toi.

Quand mon prince espousa

Jeanne, divine raect

Que le ciel composa

Plus beUe qu'une Grâce. (Bons., M., iv, fl*

Iphigénie, dans Racine, dit à Achille :

Adieu, prince, vivez, digne race des dieux. [Iptùs* v, S^

Pour digne fils des dieux,

RAFLE, avec le pluriel, faire rafles entières :

Ville prise d'assaut n'est pas mieux au pillage,

La veuve et les cousins, chacun y fait pour soi

Comme fait un traitant pour les deniers du roi ;

Où qu'ils jettent la main, ils font rafUê entières. {Suiie dm Jfenf. , i, 1.

RAGE. DE rage, par rage, avec rage : •

Je vis par mes soldats mes aigles arrachées,

Pour se ranger sous lui, voler vers ses tranchées,

Et pour en colorer l'emportement honteux,

Je les suivis de rage, et m'y rangeai comme eux. {Seru, i, 1.)

RAGOUT. — RAI. t39

— BAGE, avec le pluriel :

Je porte, malbenreux, après de tels outrages,

Des douleurs sur le front, et, dans le cœur, des rages. {La Suiv,, m, 4.}

Songez donc mieux qu'un père à ces affreux ravages

Que partout de ce monstre épandirent les rage*. {Androm,, ii, 4.)

Le sang de Polyeuctc a satisfait leurs rci^ef. (Po/., i, 3.)

€ Mages ne se dit plus au pluriel, je ne sais pourquoi ; car il basait un très-bel effet dans Malherbe et dans Ck>meille, » observe justement Voltaire.

Voici les vers superbes auxquels le commentateur de Corneille fait allusion :

Qui n'ouït la voix de Bellonne, Lasse d'un repos de douze ans.

Telle que d'un foudre qui tonne, • Appeller tous ses partisans ; Et déjà les rages extrêmes, Par qui tombent les diadèmes, Paire apprébender le retour De ces combats, dont la manie Est réternelle ignominie De Jarnac el de Moncontour ? (M alh., Od,. 1. m, Pour la mère du roi.)

Corneille a dit encore :

L'ivrogne et le gourmand recevront leurs supplices

Du souvenir amer de leurs cbères délices.

Et ces repas traînés jusques au lendemain

Héleront leur idée aux rages de la faim. (iMtl., i, 34.)

RAGOUT, au fig. et avec le plur., dans le sens ancien de chose r^i flatte le goût, les sens :

Je vois mes cbeveux gris, je sais que les années Laissent peu de mérite aux âmes les mieux nées... Que les plus beaux esprits, que les plus embrasés, *

Sont de mécbants ragoûu, quand les corps sont usés.

{CBuv. di9.. Jalousie.)

n serait superflu de citer des exemples analogues. BAI, rayon :

Le soleil qui commence à luire Ne te brûlera point dans la cbaleur du jour ; I Et quand la lune aura son tour, Ses rail les plus malins ne pourront plus te nuire. (TVad. du P«. cxx.)

On a dit comme Corneille, au sens propre :

Ceruinement cilz est Dieu vray

Qui sur nous fait luire ce raff. (Le Gen du trois roys.)

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