‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 156 sur 342 · S40 RAISON · texte numérisé non relu

S40 RAISON

Ainsi la nait je contente mon àme, Puis quand Phœbus de ses rays nous enflâme, J'essaye encor mille autres jeux nouveaux. (Dbsportis. Ckomont,

bienheureux qui peut paaier m rie ! etc.)

La lune arec beaucoup d'éclat

Uluminoit tout mon grabat, ^

Perçant de ses rais ma fenêtre. (Scarron, Virgile traveêtij m.)

Combien de fois la lune a leurs pas éclairés.

Et, couvrant de ses rais l'émail d'une prairie.

Les a vus à l'envi fouler l'berbe fleurie I (La Fort., Adoms,)

Et au figuré :

Bien leur enjoint de fermer la porte purement et simplement audit Hardy- Gras et ses supposts le Vendredy et Samedy, sur peine d'estre injuriés, querellés et appelles de leur nom ; particulièrement l'enjoint à ceux qui ont encore quelques rays du soleil de la vraye recognoissance illuminant leur &me. {Exil de Mardy-Gras. 1603. In-8«.)

Quelques dictionnaires citent des emplois modernes *de ce mot, même en prose; le désir de contribuer à le faire plus décidément rentrer dans l'usage nous a déterminé à l'inscrire dans ce Lexique,

RAISON. TIRER SA RAISON, commc tirer raison :

Il fut toujours permis de tirer sa raison

D'ime infidélité par une trahison. (Jfë/., u, 8.V

Mourir sans tirer ma raison! {Le Citf, t, 9.|

On trouve d'une manière analogue :

Quant li rois Phelippe connut Que li papes sa raison ut Vers France ses oz ravoia.

(G. GuiART, Branches aux royaux lignages, ms. , fol. 109, f.J0 J'en auray tousjours ma raison;

n m'aime, et sçay qu'il est de race •

De gens de bien ; puis une place

Ne Iny peut manquer chez le roy. (Bbllbau, La Reconnue, i, 3.) Par le sang! y auray ma raison De ce villaque et ce poltron

Qui mon bien ne me veut pas rendre. (Godard, Les Desguis., iii,4.) Vous estes méconnaissantes, ha! j'en auray ma raison. (Lariv., Les Tromper., i. 1.)

£t dans un sens différent, dans celui de répondre, particulièrement :

Que la rusée principalement Se mesloit d'aimer par amours, Et qu'elle sçavoit tant de tours,

Page 1