‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 176 sur 342 · RELACHER · texte numérisé non relu

RELACHER

Relâche la ferveur à quelque vaine gloire,

Qui s'assure de vaincre est aisément vaincu. ilmU,y i, 25.)

On doit remarquer dans cette phrase s'assurer (fe, pour être assuré de. Nous avons cru inutile d'en faire un article à part.

On a employé relâcher à tout comme Corneille :

Le bonheur qui m'attend a pour moi trop de charmes

Pour relâcher mon cœur à d'indignes alarmes. (T. Corn., Timocr., v, 5.)

Et d'une manière analogue, avec à, suivi d'un infinitif:

Ne crois pas que jamais l'orgueil du diadème

Relâche une princesse à confesser qu'elle aime. (Id., Stiiicon^ u, 2.)

On trouve aussi relâcher à, suivi d'un substantif, avec un nom de personne pour sujet :

Que dis-tu de me voir tomber si promptement

De toute la chaleur de mon ressentiment, •

Et, malgré tant d'éclat, relâcher mon courage

Au pardon trop honteux d'un si cruel outrage? (Mol., D. Garde, m, 1.;

On disait aussi se relâcher à, suivi d'un substantif, poui* signifier se laisser aller par relâchement à :

Se re/a<cAer à quelque passion désordonnée. (S. Franc, de Salks, pour les relig. de la Visit., xux.) — La moindre bonté à quoi elle $e relâche rengage plus un amant que cent refus ne le rebutent. (Busst, Hisi. amoureuse des Gaules.)— U y a des gens de bien qui, examinant la vie de saint Thomas de Cmtorbie, sont portés à croire qu'il aurolt pu, sans violer les lois de l'Eglise, se relâcher à beaucoup de choses que le roi Henri 11 désiroit de lui. (Nicole, Ccmfn. des Ess,, 1. 111, 8* tr., c. v.) — Nous fîmes bientôt société, nous nous disions nos sentimens sur les malades de Bourbon, et sans nous emporter à médire, mms nous relâchions à d'innocentes railleries. (M"* de Villbdieu, Vie de Htitr.^SfMe de Molière, 4« p.)

De même avec d, suivi d'un infinitif :

Ah I s'il est vrai qu'elle songe à sa gloire, Pour garantir son nom d'une tache trop noire, Il est d'autres moyens où l'équité consent, Que de se relâcher à perdre un innocent. (T. Corn., Comte dEsse*^ iv, 1.)

Et avec ellipse du pronom personnel :

Et ce qu'il leur prescrit d'user de prudence, sachez et entendez, ô pécheurs I que ce n'est pas pour les faire relâcher à cette condescendance molle et languifsanté que votre cœur insensible et impénitent exige d'eux. (Boss.^ Serm. pour le mardi de la Passion^ u.)

— RELACHER, neutre

Ainsi n'espérez pas que jamais il relâche.

Que jamais il renonce à ce choix qui vous fâche. (in., iv, 1.)

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