‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 196 sur 342 · RÉTRACTER. — RÉTRIBUTION · texte numérisé non relu

RÉTRACTER. — RÉTRIBUTION

des trois frères, qui est coupée très-heureusement pour laisser Horace le père daus la colère et le déplaisir, et lui donner ensuite un beau retour à la joie dans le quatrième. [Exam. (THor.)

— Corneille offre, dans un sens analogue, une belle et vive alliance de mots :

Ridicule retour d'une sotte vertu. {Rodog., v, 1.)

Nos grands écrivains présentent d'autres emplois frappants de ce mot qu'on peut rapprocher de celui qu'en a fait Corneille :

Retours importuns de l'habitude. (Bourd., Serm. sur lafréq. eomm., ii.)— Par dn retour heureux de courage et de vertu. ( Napoléon, dans les Mém. de M. de Bauisei,)

— RETOUR, changement, vicissitude, funeste retour :

Mais comme la fortune est souvent journalière,

n en faut redouter de funestes retours.

Ou se mettre en état de triompher toujours. (la Tois. dor, i, %)

— mettre a retour, obliger à payer de retour :

En quoi que mon service oblige votre amour.

Vos seuls remerciements me mettent à retour. * {La Veuve, v, 1.)

Si ces brûlants désirs, qui vous sont ordinaires,

Tous donnent quelque espoir de me mettre à retour.

Croyez-moi, cent soupirs souvent ne pèsent guère,

Et n'emportent qu'à peine un demi-grain d'amour.

(T. CoRif., VÂmour à la mode, i, 1.)

RÉTRACTER une offre, la retirer, la désavouer :

Et nous craignons de plus une amante irritée

D'une ojfre en moins d'un jour reçue et rétractée. [Oth., iv, 1.)

RETRAITE, faire la retraite , comme on dit faire retraite, pour signifier se retirer :

Je t*attendois, ami, pour /aire la retraite. {La Suiv., i, 7.)

— De môme, faire sa retraite :

Ce n'étoit qu'un prétexte k/aire sa retraite, {La Gai, du Pal., m, 9.)

RÉTRIBUTION, au plur., dans le sens de récompense, de retour:

C'est à cette extraordinaire et admirable piété, madame, que la France est redevable des bénédictions qu'elle voit tomber sur les premières armes de son roi; les heureux succès qu'elles ont obtenus en sont les rétributions éclatantes, et des coups du ciel, qui répand abondamment sur tout le royaume les récompenses et les gr&ces que Votre Majesté a méritées. (Pd/., A la reine régente.) Tel qu'à celle (la table) d'un roi se sied an mendiant. Qui n'ayant rien d'égal à de si hautes grâces,

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