‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 197 sur 342 · RÉUSSIR. — REVÊTU · texte numérisé non relu

RÉUSSIR. — REVÊTU

S'humilie à ses pieds, en adore les traces»

Et lai fait ce qu'il peut de réiributùnu.

Par ses remerciements et ses snbmissions. ilmit,, iv, 12.,

RÉUSSIR DE, être produit par, sortir de :

Il faut savoir ce qui réussira de celte conspiration. (Prem. Disc.)

On a dit dans le même sens :

Changement vraiment épouvantable, lequel si nous méditons sérieusemeat, il en réussira cette utilité, que... (Boss., Deux, Serm. pour te prem. dim. de car.) — Il ne réussit de cette entrevue qu'une prolongation de la trêve pour neuf ans- (Mbierat, Abr, de VHisL de France, ann. 1538.) — Soyez donc, s'il vous plaift, madame, extrêmement satisfaite de ce que vous avez fait pour moi, saiu voM soucier de ce qui en réussira, (Voiture^ Leu», xvi.)

REVENIR, fig. REVENIR SUR SA TÊTE, retomber sur sa tête :

Quelques lâches soucis qui puissent l'occuper.

Tout ce qu'il fait et dit reviendra sur sa tête. {tmit., lu, 3^ ^

RÊVER, act., comme imaginer, concevoir. Corneille dit, enpa-*' lant de deux fameux sonnets de Job et i'Uranie :

L'un est sans doute mieux rêvé, Mieux conduit et mieux achevé; Mais je voudrois avoir fait l'autre.

Il a dit d'une manière moins irréprochable :

Allons sur le chevet rêver quelque moyen. {Le ÊÊmn., lu, ^^^''

« Il faut « rêver à quelque moyen, » observe Voltaire.

Rêver, comme songer, peut très-bien, nous l'avons vu par ^^^ premier exemple, s'employer activement; mais ici, incontesta-^^" olement, c'est rêver à qui répond à l'idée du poète ; la rime seul- ^ l'a contraint d'employer rêver activement. Exprimant une idé^^^ analogue à celle de Corneille, Racine a dit :

Allons à ce dessein rêver ailleurs. {Les Piaid., i, 5.]^^^

REVERS.» PAR LE BEAU REVERS, commc on Ait par le bemt côté :

C'est au lecteur désintéressé à prendre la médaille par le beau revers. {La Gai. du Pal, Epttre.)

REVÊTU DE, fig., avec un nom de chose morale pour sujet :

L'amhition, l'orgueil, l'intérêt, l'avarice^ Revêtus de son nom, nous donnèrent des lois.

{Sonnet eur la WÊOrt de Louis XIII.]

RÊVEUR. — RJEN. 287

RÊVEUR, adj., avec un nom de chose, qui exprime ou qui a le caractère de la rêverie :

Qu'an entretien rêveur durant ce peu de temps

M'instruise des moyens de plaire à cette belle. (C/ii., i« 1.)

Ce mot se trouve assez rarement employé dans cette acception au dix-septième siècle ; on le rencontre quelquefois au dix-huitième, comme dans cet exemple :

bois hospitaliers» mes rêveuse* douleurs

N'ont pas longtemps, bêlas! à jouir de votre ombre.

(Bertin, Les Amours^ Ëlég., 1. m, 20.)

Mais c'est surtout de nos jours, et grâce à l'école romantique, que cet adjectif a fait fortune :

L'amour ré? eille souvent dans notre âme des idées rêveuses et tristes. (M"« dk Staxl, Réflex. sur le but moral de Delphine.) — La peinture ne sauroit se contenter d'une expression aussi rêveuse et aussi vague que celle des sons. (Id., Corinne, Ttll, 3.)

La valse aux bonds rêveurs tourne encor dans ma tête.

(Lamart., Jocelyn, V* époque.) Le silence rêveur descend avec la nuit. (Barthbl., Le Bois de ïïouL, ii.) Ne cherchez point chez M. Mérimée ces passages et ces nuances fugitives qui séduisent dans les Nouvelles de M. de Musset. Lui, il ne procède point de la sorte ; il s'interdit ces analyses de cœur faites au nom de celui qui raconte; il n'a jamais de ces petits couplets rêveurs ou mélancoliques. (Ste-Biuve, Causer, y1 févr. 1853.) — Des idées rêveuses et mélancoliques. (Th. Gaut., ConstaniinopU, xi.)

RÊVEUR, subst. un hêveur de musique, pour désigner un artiste médiocre qui s'alambique le cerveau à trouver des airs de musique :

Cent vers lui coûtent moins que deux mots de chanson :

Son feu ne peut agir quand il faut qu'il s'explique

Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique, {Excuses à Ariste.)

REVIVRE, fig., en parlant d'une charge :

Si le bon plaisir de Votre Majesté est tel que lesdites provisions aient lieu ^ fue ledit office revive. {Au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil.)

RÉVOQUER (se), être révoqué, être rappelé, en parlant du ^mps :

Mais, puisque le passé ne peut se révoquer,

Trouvez bon qu'avec vous mon cœur s'ose expliquer. {Pomp.^ iv, 2.)

RIEN, dans le sens primitif de quelque chose :

Cependant plus j'y songe, et plus je m'examine,

Moins je trouve, seigneur, à me reprocher rien. (Agés., ui, 1.)

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