RIEN
portoil-il rien que ta ayes veu ?... (Larivkt, Les Ecoliers, v, 6.) — Si vous avei me répliquer sur ce que dessus, la porte yous en est ouverte. (£. Pasquur,
ma.)
Et, si rien à présent peut troubler son bonheur,
C'est de te voir pour lui répandre tant de larmes.
(Ràcan, Staticeêf Conseils à M. de Bellegarde.) tes-moy l'honneur, s'il vous plaist, de me mander si c'est rien qui vaille, afin i Je n'y reiissis pas, je cesse d'estre poëte. (Voiture* Leu., cxcvii.) — Quand Idat se plaint de la peine qu'il a, ou un laboureur, etc., qu'on les mette sans lire. (Pasc, Pent., p. 319.) — Je ne sache rien de plus injurieux à notre sexe s dire qu'une femme n'est point obligée de rien apprendre. (M"* db Scddért, xind Cyrus, t. x, 1. ii, p. 664.) — Dis-je rien que vous n'ayez vu? (Bourdal., . fun. de Condéy i.) — A Dieu ne plaise que je diminue rien par mon discours Hérite aussi rare que celui-làl (Id., ibid,) — Je défie tous les intolérants de dre à cela rien qui contente un homme sensé. (J.-J. Rouss., Êmilef i, 4.)
Je le dis à regret, excusez-moi, mesdames.
De vous fâcher en rien... (Boisst, Le BabilL^ se. iv.)
land on donne à rien sans ne une signification négative, c'est une ellipse que Tusage consacre, mais qu'il faut suppléer ' que la phrase puisse être analysée logiquement; ainsi dans xemple :
Aer à rien et ne point penser, apercevoir rien et ne point apercevoir, c'est la ehose (Malebr., Entret. dCunphiloi. chrit,)^
r à rien veut dire rigoureusement penser à quelque chose; revoir rien veut dire apercevoir quelque chose, c'est-à-dire tement le contraire de la pensée de l'auteur. Pour que l'exdon fût complète et rationnelle, il faudrait : ne penser à rien, îrcevoir rien, RIEN, employé adverbialement, en rien, nullement :
Rien ne vous a servi, seigneur, de me nommer. {Oth , i, 2.)
. les entrayles ne furent rien entameez. {Hitu de Foulques Fitz Warin, Nouv. do XVI* s., p. 46.)
Certes vous amez autre part, Et voy que vous ne m'amez rien,
(EusT. Deschamps, Poés. ms,, fol. 493, col. 4.)
\ nous proffite longuement vivre quant nous ne nous amendons ne peu ne [Vlntem, eomol., m, 23, bibl. elz.)
Donne-moy (ce dit-il) des vertus et du bien, Car la seule vertu sans le bien ne sert rien.
Ni le bien sans vertu. (Rons., Odes, Au roy Henri, U* de ce nom.)
NDKUR. Je croy qu'il vauldroit mieulx garder
Voz marys en Teage qu'ilz sont, m. Ha, rtVii, rien. {Farce des Jemmes qui font refondre leurs maris.)
Que je te pardonne? Rien, rien, (Larivet, Les Tromper., v, 10.) Tu viens accompagné des neuf Muses d'Homère, Mais tu n'apportes rien : rien Ton ne te révère.
(D'esternod, V Espadon satirique , sa t. i.)