‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 213 sur 342 · SENSE. — SENTIR. 30T · texte numérisé non relu

SENSE. — SENTIR. 30T

— Corneille emploie encore semer au figuré pour signifier répandre à profusion :

Qu'elle a fait un beaa choix ! jamais éclat pareil

Ne sema dans la nnit les elariéê da soleil. {Méd,^ ii, 4.)

SENSÉ, qui a du sens, précédé de l'adverbe bien :

Apprends que les discours des filles Inen sêntieê

DécooTreot rarement le fond de leurs pensées. {MéL, m, 4.)

Senêéj jusqu'à Ia.fin du dix-septième siècle, se trouve souvent ainsi employé avec bien, ou mieux, le mieux :

Sa réputation étoit plutôt l'effet d'une ferveur et d'une inclination indiscrète de jeunes gens que d'un consentement de personnes savantes et bien êetuéet, (Mali- BiANCBB, Beeh. de la vérité, m.) ~- Cette importante difficulté de la justification, de laquelle leurs premiers auteurs ont fait leur fort, n'est plus à présent considérée comme capitale par les personnes lee mieux êeméeê qu'ils aient entre eux. (Boss., Expoi. de la Doctr, de fÊglise^ vu.)

SENTIMENT, parler de son sentiment, parler d'après, suivant son sentiment :

Vous me connoissez mal pour m'aimer de la sorte,

Et vous en parlez moins de votre sentiment^

Qu'à dessein de railler par divertissement. {VUlut, corn., ni, 7.

SENTIR, entendre :

C'étoit fait de ma vie, ils me tratnoient à l'eau.

Mais tentant du secours ils ont craint pour leur peau.

Et jouant des talons tous deux en gens habiles.

Ils m'ont fait trébucher sur un monceau de tuiles. (Sutfc du Ment,, iv, 7.)

On retrouve très-loin dans l'anciende langue sentir, employé comme l'italien sentira, dans le sens d'entendre, de connaiû*e, et inéme de voir :

Semtant la rumeur que l'en faisoit pour la fuite de son père, dont elle estoit fort dolente, et doublant la fureur du peuple, se vint getter aux piez de Hetor. iM^ Reman de TroUu»,) — Et se pourpensa en son cueur, avecques divers argumens, essaier s'il en porroit sentir quelque chose quant temps et lieu seroit. (tUd.) — Et eux. semant que le roy et son ost approchoient d'eux, ils levèrent leur «l«f* assex hastivement. fJuv. des Urs., Hist. de Charles VI, 1383.) — Ainsi donc ^u'eUe le sentit monter les degrez, elle pria le premier de se cacher en la ruelle do lict, jusques à ce que ce second s'en fust allé. (H. Estisnnb, Traité préparatoire ^ t Apologie pour Hérodote, c. xv.)

Hais ayant ben vingt fois d'autant

Nul de vous n'est jamais content.

Semant vuider son gobelet. (Id,, ibid,, c. xx.)

Quand Pompeius sentit Caesar approcher, il n'oza demeurer en la ville. (Amtot, ^«cj, Cicero.) — Et luy-mesme y passa aussi, puis après, quand il sentit que ^^«sar eitoit arrivé. (Id., tM., J. Casar.) — Il y avoit deux chiens qui ne ces-

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