‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 22 sur 342 · MÉCHANCETÉ. — MÉCONTENTER · texte numérisé non relu

MÉCHANCETÉ. — MÉCONTENTER

MÉCHANCETÉ, employé dans le style noble, et avec une énergie de signification que ce mot n'a plus aujourd'hui :

Et de tant de pays nomme quelque contrée

Dont tes méchancetés te permettent l'entrée. (Mid.y u, 2.)

MÉCHANT, adj., dans le sens de faible, un méchant soupir :

Pour un méchant soupir que tu m'as dérobé.

Ne me présume pas tout à fait succombé. [La PI. roy., iv, 5.)

— MÉCHANT, en parlant d'une pièce de théâtre, dans le sens de médiocre :

Je vous donne Médie \oti\q méchante qu'elle est, et ne vous dirai rien pour sa jastification. {Médée, A Monsieur P. T. N. G.)

— ASSEZ MÉCHANTE POSTURE, positiOH aSSCZ pitCUSC I

Plaminius y demeure en asuz méchante posture^ voyant réunir toute la famille royale, malgré les soins qu'il avoit pris de la diviser. {Exam, de Nicom,)

Ces significations sont connues, mais les emplois que Corneille en a faits sont assez remarquables.

MÉCONNAISSANCE, action de ne pas reconnaître, au sens propre :

MKUTi. Ahl dieux, quelle imposture!

Jamais un de ces traits ne partit de ma main. CLORis. Nous pourrions demeurer ici jusqu'à demain

Que vous persisteriez dans la méconnaissance.

Je les vous laisse. {3léLy iv, 2.)

La dernière édition de l'Académie ne donne à méconnaissance que la signification d'ingratitude; on le trouve cependant employé jusqu'à nos jours dans le sens de ne pas reconnaîtrcy de méconnaîtrcy au sens matériel ou moral :

La ruine des Juifs sera la suite de la mort du Christ et de leur méconnoissanee, (Boss., UisL univ., 2« p.. c. ix.) — Ce crime est visiblement leur méconnoissanee envers leur Messie, qui venoit les instruire et les affranchir. (Id. , ibid., c. xxix.) — Quand il s'humiliait devant Edouard lY et le duc de Bourgogne , ce n'était point par une méconnaissance de sa grandeur, mais pour obtenir le loisir de poursuivre dans l'intérieur de la France les seigneurs puissants. (Chat., Anal, rai" tonnée de Vhist. de France, xi.) Méconnaissance de Dieu. (Lacord., v* Conférence.)

Saint-Réal reprochait comme un néologisme, aux écrivains de Port-Royal, remploi du mot méconnaissant,

MÉCONTENTER, se mécontenter de, suivi d'un substantif, être mécontent de :

Voilà quelles raisons ôtent à vos services Ce qu'ils vous semblent mériter,

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