‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 220 sur 342 · SI · texte numérisé non relu

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Mesmement que la lune était jà fort basse, eC qu'encore si peu de clarté qv'elle rendoit étoit offusquée de tant d'aimes et de taut d'hommes qui alloieut et venoient. (Amtot. Vies, Nicias.) — Deussé-je perdre «i peu que j'ay vaillaut en ce monde, il ne tiendra pas à moi>que... (TonaNSBU, Let Coniem, i, 5.) — Nous avions battu leurs deffenses et dressé nostre batterie si prés de leur fossé par dedans et dehors la ville avecq si peu que nous avions de pièces, que nous les avions contraincts ce jourd'buy de capituler avecq nous. {Leu. misê. de Henri IV, t. iv, p. 379, au Parlement de Paris, 17 juin 1595.) —Pour moy, êi peu d'apetit que ma santé me donne, je l'employé assez sensiblement, et suis bien aise qu'on ne me presse point au repas. (Thboph.. Pragm. d'une hisi, com., c. v.) — Faites, monseigneur, au nom de Dieu, que le public vous ait l'obligation de ti peu de fruit que mon travail luy peut promettre, et, puis que vous m'avez laissé la vie, ne m'ostez point la liberté d'en user. (Id., Lefi.,à M*' le président de Belliévre.)— La superstition, sœur germaine de cette grande crédulité, l'y plongera tout à fait, et lui dtera «t peu de jugement cm' lui pouvoit rester. (Naudb, Des Coup§ dtÉiaty c. ▼.) — Depuis cet échec il n'y eut plus de chef assez puissant pour réparer ni pour étayer les ruines de ce grand b&timent ; mais seulement divers petits commandans qui étoient le jouet des Barbares, et qui consumoient ti peu qu'ils avoient de forces à se supplanter les uns les autres. (MÉzsa., Abr. de tHitt. de Fronce, ann. 455.)— Il manquoit déjà beaucoup de choses à son armée; premièrement de l'eau pour boire, les ennemis ayant empoisonné si peu çu'il y en avoit de bonne. (Id., ibid,, ann. 15^.) — Le bon roy Louis XII l'avoit fait élever aux études dans le collège de Navarre, et bien qu'il n'y eût pris qu'une fort médiocre teinture de la langue latine, néanmoins ri peu qu'il en sçavoit luy donnoit un grand goût des sciences, (id., ibid., ann. 1531.) — Outre que le desordre étoit dans ce grand corps faute de payement, la mort de Maximilian le Bossu qui le commandoit en chef, étant arrivée six semaines après, rompit si peu qu'il y avoit d'union entre les seigneurs du paîs. (Id., ibid., 1573.) — Tel estoit mon poète, qui, ennemy de toutes les choses bonnes, critiquoit aveuglement si peu de bon qMJe faisois paroistre en cette cour. (Dassodct, Avantures d Italie, c. xi. ) — On sa réjouit de ce qu'on pourra faire bonne chère en toute licence : plus de jeûnes, pfau d'austérités > si peu de soin que nous avons peut-^tre apporté durant ce carême à réprimer le désordre de nos appétits, nous nous en reî&cberons tout à fait. (Boss., Prem. serm, pour Ujour de Pâques ^ i.)

— OU SI, formule interrogative :

Justes cieux I me trompé-je encore à l'apparence.

Ou fi je vois enfin mon unique espérance? {Le Cid, m, 5.)

Avez-vous oublié que vous parlez à moi?

Ou si vous présumez être déjà mon roi? {Bodog.y iv, S.)

Vous en a-t-il prié? dites, ou si l'envie... [Oih., n, 5.)

Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir? {Héracl.f iv, 4.)

€ n faut, dit Voltaire, « ou bien vais-je en sortir? » Ce si s'employait autrefois par abus en sous-entendant, je demande, ou dis-moi, « si j*en vais sortir; » mais c'est une faute contre la langue : il n'y a qu'un cas où ce si est admis, c'est en interrogation : Si je parle? Si j'obéis ? Si je commets ce crime ? on sousentend, qu'arrivera-t-il? qu*en penserez-vous ? etc. Mais alors il ne faut pas faire précéder ce si par une autre figure; il ne faut pas dire : « Parlé-je à un sage, » ou « si je parle à un courtisan? »

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