TEMPS
En vous donnant de semblables témoins, Si vous aimez beaucoup, que je n'aime pas moins. {Andromède, ii.l) J'ay pensé de vous envoyer, avec son bon plaisir, une déclaration que je lui ay faict présenter escripte el signée de ma main^ en laquelle j'ay tasché de représenter tous mes desportemens, et laquelle, messieurs, je vous prie vouloir lin de poinct en poinct, et garder en vos registres, attachée à la présente, en lesmomj de ma fidélité envers le roy mon seigneur, et de mon affection à la tranquillité de cest Estât. {Leu, miss, de Henri /F, t. ii, p. T3, à messieurs de la C<Mirt de Parlement, 10 juin 1&8Ô.) — Avec infinis pleoKÉ et baisers, lesmoings publies dt leur amour, elle (Gabr. d'Estrées) recommanda au roy le soing de ses eofasi avec très-grande affection. (Chbvernt, Mém., 1599.)
TEMPS. AU TEMPS DU CiD , à Vépoque de la représentation
du Cid :
Que ne peuvent, grand roi, tes hautes destinées
Me rendre la vigueur de mes j<>unes années?
Qu'ainsi qu'au temps du Cid je ferois de jaloux ! {Remtrciemeni •« r».)
— UN TEMPS BIEN PRIS, comme on dit prendre bien son tempt:
Un temps bien pris peut tout. [Oth., iv., i.)
— PRENDRE VN TEMPS, profiter d'un moment :
Cependant que Félix donne ordre au sacrifice,
Pourrai-je prendre un temps à mes vœux si propice? {^ol.j u, 1)
— TEMPS, au plur., dans le sens de moment, heure :
Adieu ! l'amour vous presse.
Et je serois marri qu'un soin officieux
Vous ftt perdre pour moi des temps si précieux. {Méd.,i,i-
L'admirable rencontre à mon âme ravie.
De voir que deux amants s'entre-doivent la vie, De voir que ton péril la tire de danger, Que le sien te fournit de quoi t'en dégager.
Qu'à deux desseins divers la même heure choisie Assemble en même lieu pareille jalousie, Et que l'heureux malheur qui vous a menacés Avec tant de justesse a ses temps compassés. (C/ii., iii,L)
La dernière phrase de Corneille est construite d*uue manière tout à fait particulière; mais le mot temps se rencontre très-fréquemment jusqu'à nos jours, avec le pluriel, dans cette signification de moment, heure :
Ils ont leurs temps eux-mêmes, où ils se rendent inaccessibles. (Flbcb., Pmté§. de S. Louis, i.) — Les temps des plaisirs absorbent ceux des devoirs. (Id., ihH-]
Dieu a ses temps et ses retardements, qui ne s'accordent pas toujours avec dos
impatiences et nos désirs. (Nicole, Contin. des Essais, épttre du 2* dim. de TAt.)
U y a des temps dans la vie où les forces épuisées demandent à ceux qui ont
un peu d'honneur et de conscience de ne pas pousser les choses à rextrémiié. (M"* DE SÉviGNB, Lett.fk M*"* de Grignan, 2 sept. 1684.) — Je n'ai jamais été trop d'avis qu'on donnât beaucoup de temps à la liberté des filles ; rien n'est si b<io