‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 47 sur 342 · NETTOYÉ. — NEVEU · texte numérisé non relu

NETTOYÉ. — NEVEU

NETTOYÉ. DES VERS nettoyés, des vers dépouillés de tout embarras, de tout remplissage :

Les vers en sont assez forts et assez neuoyés. ( Leu, à M. tahbé de Pure, 3 novembre 1661.)

On dit dans un sens analogue un style bien dépouillé, pour signifier un style clair et dégagé de toute inutilité.

NEUTRE, adj. um lieu neutre :

Sans vouloir de lieu neutre à cette conférence. (Serf., i, 2.)

NEVEU, petit-fils; des neveux, des petits-fils, des descendants:

Avant que d'y périr, s'il faut qu'il y périsse

Qu'il vous laisse un neveu qui le soit de Maurice. {Hérncl.^ i, 1.)

ruLCHéR.Ii faolencor plus faire, il faut...

MABTIAN. Quoi?

PDLOBéRig. H'épouser.

MAATiAK.Iloi, madame?

P0LCHÉRIE. Oui, seigneur, c'est le plus grand service

Que vos soins puissent rendre 4 votre impérilrice.

Non qu'en m'offrant à vous je réponde à vos fevx

Jasques à souhaiter des fils et âei nevem»,

Mon aïeul, dont partout les hauts faits retentissent.

Voudra bien qu'avec moi ses descendants finissent. (Pulch., v, 3.)

Dans les beaux siècles de la latinité, nepo$ signifiait petit-fils; ce ne fut que dans les siècles suivants qu*il s'employa pour neveu. Neveu j parmi nous, comme robser\'e Sainte- Palaye , a eu le même sens; il s'est pris pour petit-fils :

« Fut à nos anciens fort familier, et fréquent, pour la proximité de parantâge, dit Pasquier, le mot de nepveu, non pour le regard de l'oncle, ains de l'ayeul; e'est-à-dire poar ee que nous disons, par un contour de langage, petit-fils. • {Rech,y viii, 50.)

C'est ce que confirment les exemples suivants :

U fonda assez tost après par l'admonestement de Crotiide, sa femme, une église à Paris, en lonneur du prince des appostoles qui a présent est appellee saincte Geneviefve, en laquelle il se repose en corps et la royne Grotilde sepouse et deux de ses nepveux qui furent filz son filz. (Croniq. de France, i, xix.)— Estoit jà tenu et réputé nepveu du roy Astiages, comme filz de sa fille. [Hisi. de la Toù. dur, vol 11, f. 199, col. 3.) — Certes, madame, il me semble que vous estes ma grant dame, mère de mon père, et femme au bon roy Mehaigné : Beau nepveu, dist la dame, il est ainsi. (Pbrcbforsst, vol. v, f. 95, v*, col. 2.) — Item, Doresnavant ayeul ou ayeule ne pourront prendre la garde noble de leurs nepveux en ligne directe. {Couml yen,, 1. 1, p. 395.)

Kieps de nepveux, pour petits- fils de petits- fils, se trouve dans

Bouteillier, Somme rurale, lit. 79, p. 466.

Cette signification, après s'être vue abandonnée, reprit quel-

Ni. 69

Ïne temps faveur, pailiculièremont eu poésie, comme ratteste tienne Pasquier :

< Le root nepveu, dit-il, a commencé de reprendre petit à petit ses anciennes racines en nous par la liberté des poules de nostre temps. Et à la mienne volonté, ajoute-l-il, qa'il se perpétue en ceste signification, afin que tout ainsi que le latin, nous puissions assortir nostre langue d'une énumeration graduelle des parens en ligne directe, de laquelle nous sommes manques pour le jourd'huy. Car après que vous avez nommé ayeul, père, fils et petit-fils, vous demeurez court, et si vous aviez restably le mot nepveu à sa primitive et plus vieille signification, il vous seroit loisible de dire pour les ascendans, pere^ ayeul, bisayeul, et peutrestre irisayeulj et pour les descendans, /ils, nepveu, et arriere-nepveu, ou tel autre mot dont Toreille plus délicate se pourroit adviser. » (Rech,, viii, 50.)

On trouve encore chez Massillon, dans le sens de descendants :

Si tout meurt avec nous, les annales domestiques et la suite de nos ancêtres ne sont donc plus qu'une suite de chimères, puisque nous n'avoni^ plus d'aïcv et que nous n'aurons point de neveux.

Neveux y dans cette signification, ne s* emploie plus que dans la locution nos neueux^ pour dire la postérité.

Dans ce dernier sens on trouve, au dix-septième siècle, neveux employé absolument :

C'est Tordre qa'on m'impose, on le prince irrité,

Abandonnant sa haine à son autorité,

Doit laisser ans neveaix le pins tragique exemple,

El d'nn mépris vengé la marque la plus ample

Dont le sort ait jamais son pouvoir signalé.

Et dont jnsqœs ici les siècles aient parlé. (Rotboq, Vencetlas, m, 3.)

Et rendez aujourd'hui d'un juge inexorable

Une marque aux neveux à jamais mémorable. (Id., ibid.^ iv, 6.)

Votre régne aux ntveux doit servir de modèle. (Racuik, Esther, ii. 5.)

NI, accompagné de point:

Je vous avois prié de l'attaquer lui-môme.

Et de ne mêler point, surtout dans vos desseins.

Ni le secours du roi, ni celui des Romains. {Nieom,, m, 6.)

« Ces deux ni avec points observe Voltaire, ne sont pas permis ; les étrangers y doivent prendre garde. « Je n*ai point ni crainte, ni espérance, » c'est un barbarisme de phrase; dites « je n'ai ni crainte ni espérance. »

Corneille a dit encore :

Et, plein de votre idée, il ne m'est pas possible

iVt d'admirer ailleurs, ni d'être ailleurs sensible. {La Veuve, i, 6.)

Madame, mon amour n'emploira point pour moi

Ni la loi du combat, ni le vouloir du roi. (Le Cid, ▼, 7.)

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