NI
Ce n'est point ni son choix ni l'éclat de ma race
Qui me font, grande reine, espérer celle grâce. (D. Samehef i, 3.)
Et ne vous flattez point, ni sur votre grand cœur»
Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur. {Nieom», i, 1.)
Et voit avec plus de clarté
Qu'on ne rencontre point au monde Ni de solide paix, ni de douceur profonde. Umit.f i, 12.)
Homme, apprends qu'il n'est point ni de liberté vraie. Ni de plaisir parfait qu'en la crainte de Dieu. {Ibid,, c. 31.)
Mais n'étant pas encor ni bien mortifié, Ni bien fortifié
Contre les douceurs passagères. {Ibid., ii, 1.)
Ce n'est pas encor tout, et tu ne conçois pas
Ni tout ce qu'est l'amour, ni ce qu'il a d'appas. {ibid., m, 5.)
Le prétendu barbarisme de phrase que relève Voltaire, et contre lequel il recommande de se précautionner, se trouve dans presque tous les auteurs jusqu'à la fin du dix-septième siècle :
Hé bien ! qu'en dites-vous? J'aurois fort bonne voix Si je ne mangeois poiniuy chasteignes ny noix. (L.-C.Discr., i4/is., m, 3.) Ce n'est point ni un ennemi ni un étranger, c'est Jodas, ce cher disciple, cet intime ami qui le trahit. (Boss., lll* Senti, pour te vendr.-taint, ii.) — La réponse ne pouvoit pas être ni plus courte, ni plus certaine, ni plus décisive. (Id., II* Instr. past. Sur tes prom. de J.-C. à VÊgL) — On n'apporte point à ces mémoires ni le savoir, }it l'esprit, ni la méditation qu'il fàudroît pour en tracer môme un crayon imparfait. (Pklliss., Mém. pour tes gens tte /e«., i.) — Est-il possible que ce même Sostrate, qui n'a pas craint ni Brennus, ni tous les Gaulois... (Mol., Amants maynif., i, 1.) — Cette division ne comprenoit point ni la Gaule Cisalpine, ui la Narbonnoise. (Mézkr., Hist. de Fr, avant Clovis, i, 11.) — Avant Tertnllien on ne recevoit point a la communion, au moins daHs l'Occident, Ml les adultères, ni ceux qui par lâcheté ou autrement avoient sacrifié aux idoles. (Id., ibid., IV, 18.) — Le pape n'approuva point cette élection, et maintint qu'elle étoit nulle aussi bien que la renonciation de Charles Y, parce que l'approbation du sainl-siége n'étoit point intervenue ni en Tune ri en l'autre. (Id., Abr. de Chist, de Fr.y tLu 1558.) — Une parole, une raillerie nous trouble; et nous ne considérons pas ni de quoi ni par qui nous nous laiiions troubler. ( Bodro., Q* 8erm, P<mr le 2* dim.de V Av., u)
Toutes ces constructions, on le voit, sont identiquement, semblables à celles de Corneille. Du reste, l'emploi explétif de p0MU, /N», avec ni, est très-frëquent, sous diverses formes, dies l|9t Meilleurs auteurs, soit que [joint, pas, précèdent, soit qa*ile suivent m\ Après les exemples du premier cas, en voici da second :
Ni la mère, ni la nourrice,
Ne trouvant poi/tf leurs enfants laids. (D'Aub., Les Trog., préf.)
Et eertet, ni l'éclat de votre auguste race, Otii dans le rang des dieux assigne votre place.