‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 52 sur 342 · NOUVEAU. — OBJET · texte numérisé non relu

NOUVEAU. — OBJET

proche du liea où il avoit esté noairy, voulut revoir cette chère et seconde pttrie. afin de visiter le roy de Palroirenie , et traiter de quelque accommodement, he bon roy, qui avoit tant pleuré sa chère nourriture, la revit avec beaucoup de larmes. (Gombbrv., Cythérât, i, 6.)

NOUVEAU. IL EST ASSEZ NOUVEAU QUE, c'est une chose asseï nouvelle, assez rare que :

// est assei nouveau qu'un homme de son âge

Ait des charmes si forts pour un jeune courage. [Sert., ii, 1.)

— NOUVEAU, employé devant un participe passé comnoe nouvellemenî :

Il est nouveau venu des universités. (La Veuve, i, 3.)

NOYÉ A, comme noyé dans, noyé au sang :

Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné»

De combien ont rougi les champs de Macédoine,

Combien en a versé la défaite d'Antoine,

Combien celle de Sexte ; et revois tout d'un temps

Pérouse au sien noyée, et tous ses habitants. {Cin., iv, 1.)

NUAGE. Emploi très-poétique au figuré :

Un sommeil inquiet sur de confus nuages

Élève incessamment de flatteuses images.

Et sur le vain rapport fait naître des souhaits

Que le réveil admire et ne dédit jamais. (La Gai. du Pal., i, 6.)

OBJET, employé comme personne :

Ton adorable objet, mon unique vainqueur, Fait naître chaque jour tant de feux en mon cœur, Que leur excès m'accable, et que pour m'en défaire, J'y cherche des défauts qui puissent me déplaire. {MéL, i, 4,)

Tu fuis à te venger ; ï objet de ta mnîtresse

Fait qu'un tel désir cède à l'amour qui te presse. (^'<<-> ni, 1.)

Mais si j'ose brûler, je sais aussi me taire. Et, prés de votre objH, mon unique vainqueur.

Je puis tout sur ma langue, et rien dessus mon cœur. {i.n Veuve^ ii, 4.) Cette façon d'aimer me sembloit fort commode, Et maintenant encor je vivrois à ma mode :

Mais l'objet d'Amarante est trop embarrassant; Ce n'est point un visage à ne voir qu'en passant; Et je ne sais quel charme auprès d'elle m'attache. {La Suiv,, i, S.)

CLCANDRE. Mais voir de ce côté ta démarche avancée.

Montre bien qu'Angélique est fort dans ta pensée.

OBLIGER. n

▲LiDOt. Hélas ! c'est mon malheur 1 son objet trop charmaat,

Quoi qae je paisse faire, y régne absolument. (La PU Roy., h 4.) Il fait tons ses efforts pour gagner mes parents, Et, s'il les peut fléchir, quant à moi, je me rends; Non, à dire le vrai, que son objei me lente ; Mais, mon père content, je dois être contente. {La Pi. Hoy., y, 5.)

Corneille présente plusieurs autres exemples du mot objet dans le sens àe personne^ mais d'une manière qui est restée dans la langue poétique, comme dans ces vers :

Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant, {PoiyêtœiCf ii, S.)

Prononcez donc, madame, et faites un monarque,

Nous céderons sans honte à cette illustre marque.

Et celui qui perdra votre divin objety

Demeurera du moins votre premier sujet. (ffodog., m, 4.)

OBLIGER, lier par un devoir, mettre dans une certaine dépendance morale à Tégard de quelqu'un :

Envers un ennemi qui nous peut obliger? [Hor., i, 3.)

Or toutes ces preuves de mon amitié n'estoient-elles pas capables d'obliger à jamais envers moy cet ingrat et méconnoissant Berger? (D'UaFS. CAttrée, ii, 9.) Qu'a donc le mariage en soi qui nous oblige^ Ma sœur? (Mol., Fernm. sav,, i, 1.)

— De même, avec le pronom personnel :

Les tyrans ont-ils jamais failly de trouver assez d'hommes vouez à leur dévotion : aucuns d'eux adjoustans d'avantage cette nécessité de les accompagner à U mort, comme en la vie? Des armées entières se sont ainsi obligées à leurs capitaines. (Montaigne, Ess., ii, 12.)

On employait d'une manière analogue obliger avec un nom de chose pour régime, dans le sens d'engager :

Je ne vous assureray pas s'ils combattent du gain ni de la perte, eil^ il n'y a que Dieu qui le puisse savoir : mais je vous obligeray bien ma vie et mon honneur que tous ceux-là qu'il vous a nommez combattront , et en gens de bien. (MoNTLCC, Comm,, u.) — Je vous oblige ma vie et mon honneur, dis-je. (Id-, ibid.) — Ce futtousjours à condition expresse d'acheminer ceste affaire à sa perfection et obliger ma vie et mon âme à l'avancement de la grandeur de Lorraine. [Sat, Min,, Har. du card. de Pelvy.) — Vous m'avés faict plaisir d'avoir représenté si à propos à mon cousin le cardinal Aldobrandin la fiance que je veulx avoir en luy, en luy obligeant les vœux de tousceulx qui dépendent de moy. {Lett. miss, de Henri /K, t. v, p. 152.) — Et par combien de sortes de sermens il m'a obligé sa foy. {Ibid,j 18 mars 1603, t. vi, p. 54.)

On disait aussi obliger a, avec un nom de chose pour régime, dans le sens d'astreindre à :

Je n'ay voulu en ce peu, contre l'opinion de beaucoup, obliger la franchise de ma liberté de parler A la sévérité de la loy de ces critiques qui veullent que la

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