‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 76 sur 342 · FACTION. — PAIX · texte numérisé non relu

FACTION. — PAIX

Oyez, au dix-septième siècle, ne s'employait plus guère qu'à l'impératif, comme l'a fait Corneille dans ces vers :

Ce n'est pas tout, seigneur; une céleste flamme

D'un rayon prophétique illumine mon &roe.

Oytz ce que les dieux vous font savoir par moi :

De votre îieureux destin c'est l'immuable loi. (Ctitna, v, 3.)

FACTION, pacte, accord, convention :

L'injure d'une paix à la fraude enchaînée,

Les dures paciiont d'un royal liyménée,

Tremblent sous les raisons et la facilité

Qu'aura de s'en venger un roi si redouté. {Viei. du rot, eu 1667.)

Paction était autrefois préféré à pacte; témoin cette remarque de Vaugelas :

« Paci ne vaut rien du tout; pacte est bon. On dit un pacte tacite, et que U* sorcière font un pacte avec le diable, mais paeiion est le meilleur et le plus usité, faire une paction, »

On rencontre assez souvent paction dans les tragédies du commencement et même de la seconde moitié du dix-septième siècle :

Considérez, seigneur, qu'il n'est adresse humaine

Que pour m'ôter à vous et pour vous mettre en peine,

Âpres la paction qu'il vous fit arrêter,

(Subtil au point qu'il est,) le roi n'ait dû tenter. (Rotr., iMure pat. . iv, 8. )

Avec eux avant vous nos paciions sont faites ;

Sous les lois de l'hymen ils nous donnent leur foi. (T. Corn., Circé.i, 7.)

Dans la seconde moitié du siècle, pacte prit décidément le dessus, comme on le voit par cet article des Jïem. nouv, sur la langue franc, du P. Bouhours :

« Pacte, Faction.

« Faction, qui était autrefois le meilleur, ne vaut plus rien. Pacte a prévalu, soii qu'il s'agisse des sorciers qui font un pacte avec le diable, soit qu'il s'agisse d'autres gens. Paction n'est plus qu'un terme de palais. »

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