LICENCE. — LICENCIEUX
pies. (Retz, Mém„ i.) - Rien ne conduit plus directement ni plus promptemcnt à l'infidélité et au libertinage de créance que le libertinage des mœurs. (Bourd. , 5tfrm. pour le 3* ditn, après CÉpiph., il.) — La foi de cet apôtre ne peut ôtro suspecte, et le Itbertinage le plus défiant n'a rien à lui opposer. (Id., Panég, de S, Thomas, ii.) — Vous me faites toujours de la peine aux récréations ; vous n'y avez jamais de liberté ni d'ouverture; vous vous éloignez, vous n'entrez point en conversation, vous y êtes comme une personne du monde qui dédaigne cette simplicité de couvent qui iait rire à l'heure ordonnée; le libertinage ne peut souffrir une telle docilité, mais je puis vous répondre, moi qui connais l'un et l'autre, qu'ils n'ont point dans les plus grands plaisirs où ils s'abandonnent la joie, la paix, et la douceur d'une bonne religieuse qui rit d'un rien. (M">* de Maintbnon, Lett, hist., à M"« d« Montfort, mars 1693.)
LICENCE, avec le pluriel, en parlant de détails, de peintures déshonnétes dans les compositions théâtrales :
Purger notre théâtre des ordures que les premiers siècles y avoient comme incorporées, et des licences que les derniers y avoient souffertes. (/mt7., Ëpttrc au pape Alexandre Vil.)
LICENCIER (se), pour signifier prendre des libertés, des privautés auprès d'une femme :
Ce vermillon nouveau qui colore ta joue
M'invite expressément à me licencier. (C/i/., v, 3, l'** éd. jusqu'à 1644 incl.)
LICENCIEUX, en termes de beaux-arts, qui renferme une licence non autorisée, qui est plus libre que les règles ne le permettent :
Quant à l'unité du lieu, je n'en trouve aucun précepte ni dans Arioste, ni dans Horace. C'est ce qui porte quelques-uns à croire que la règle ne s'en est établie qu'en conséquence de l'unité du jour, et à se persuader ensuite qu'on le peut étendre jusques où un homme peut aller et revenir en vingt-quatre heures. Cette opinion est un peu licencieuse; et si l'on faisoit aller un acteur en poste, les deux côtés du théâtre pourroient représenter Paris et Rouen. [Trois, Disc)
On a dit d'une manière analogue :
11 s'opini&tra fort longtemps avec un nommé M. de La Loy à faire des sonnets Ueencieux. (RACAff, Mim, pour la Vie de Malh.) ~ Entre cette prononciation licencieuse et irrégulière que l'usage a introduite dans l'entretien familier, et la prononciation des prédicateurs et autres orateurs, il y a une moyenne qui n'est ni tout à fait si licencieuse que celle de la conversation, ni tout à fait si régulière que celle du barreau et de la chaire; et cette prononciation moyenne est celle qu'observent les comédiens et ceux qui lisent bien quand ils lisent haut. (Saint- Ebal, De la Crit,, c. 13.)
Licencieux, avec un nom de chose, s'employait pour trop libre en général :
Isis répondit à cette déclaration un peu trop licetteieuse par un silence et par une action qui, sans désespérer Zéphyre, lui conseilloient d'user plus modestement de sa bonne fortune. (Gombbrv., Cyth.', 1** p., 1. ui.)
liBR. — LIEU. 47
Corneille emploie aussi licencieux y avec un nom de personne,
pour signifier qui se donne une liberté trop grande :
Ce titre seroit toat à fait irrégulier, puisqu'il n'est fondé que sur le spectacle du premier acte, où commence l'amour de Dorimani pour Hippolyte, s'il n'étolt autorisé par l'exemple des anciens, qui éloient sans doute encore bien plus licendeux quand ils ne donnoient à leurs tragédies que le nom des chœurs, qui n'étoient que témoins de l'action , comme les Traehiniennes et les Phœniciennes. (Bsam.de la Gai, du Pal,)
On a dit, en parlant de choses analogues, être licencieux à, se
permettre facilement de faire une chose :
Aprèf avoir fait voir que tous les mots commençant par la particule dérogative in, qui ont été condamnés par le P. Bouhours, peuvent trouver leur place en quelque endroit, il me reste à remarquer que les auteurs françois, à l'exemple des latins, ont élé fort licencieux à former de semblables mots. (Mén., Obterv. sutla loÊtg. franc, f 2« p., c. 84.)
Cet emploi n'était pas réservé aux beaux-arts; ainsi on trouve :
De là vient aussi que le peuple trop licencieux, abusant du pouvoir qu'on lui avoitlaissé, en a été dépouillé sans contradiction. (Fân., Du Minist. des Pant.^ c. xv.)
Daniel Huet dit d'un éditeur qu'il est licencieux, pour signifier qu'il prend trop de licences avec son auteur.
LIER, fig. LIER LES SCÈNES, avcc uu nom de personne pour sujet, servir à la liaison des scènes :
Ces personnages qui deviennent muets lieni assez mal les scènes , où ils ont si peu de part qu'ils n'y sont comptés pour rien. ITrois, Disc)
— LIER Ay fig., enchaîner, assujettir à :
Ahl plutôt.... Mais hélas I j'idol&tre Emilie,
Un serment exécrable à sa haine me lie. {Cinna, m, 2.)
LIEU. AIMER EN MÊME LIEU, aimer la même personne :
Que me vient-il de dire, et qu'est-ce que je voi?
Cliton, sans doute il aime en même lieu que moi.
ciell que mon bonheur est de peu de durée! {Suite du Ment., iv, 4,)
Après les soins qu'il prend de rompre ma prison,
Aimer en mime lieu semble une trahison. {Ibid,, iv, 8.)
— PRÉTENDRE AU MÊME LIEU, prétendre au cœur de la même personne :
AiDABic. Est-ce no crime pour lui qu'une douce espérance
Que vous pourriez ailleurs porter la préférence? ATTILA. Oui, pour lui, pour vous-même, et pour tout autre roi,
C'en est un que prétendre au même lieu que moi. {Attila, iv, 5.)
— LIEU, dans le même sens figuré :
M'en croirez-vous, seigneur? oe la revoyez point;
Portez en Heu plus haut Thonoeur de vos caresses. (Po/., ii, 1.) .