PASSION
— PASSER TEL AGE, avoîr plus que tel âge :
Elle poêtoit alors cinquante ans. [Pulch., aa lect.)
— SE PASSER A, se Contenter de :
U «*est fallu passer à cette bagatelle, .
Alors que le temps presse, on n'a pas à choisir. {Le fieuL^ i, 5.)
Devenes un peu complaisante
Et daignez vous passer à trente. [Pois, div.. Bagatelle.)
le me passeray aux plus petits despens qu'il me sera possible. (H. Estieicnb, IV. prép, à tApol. pour Hérod,, c. 6.) — Il faut bien se passer à ce que Ton a. (Seui., Francion, v.)'
PASSION, au plur., pour amour :
EUe remarque en lui tant de perfections,
Que les moins éclairés verroient ses passions. \MéLf ii, l.i
En faveur d'un ami je flatte sa maîtresse.
Vois si tu le connois, et si, parlant pour lui,
J'ai su m'accommoder aux passions d'autmi. (/^td., ii, 4.)
Longtemps à mon sujet tes passions contraintes
Ont souffert et caché leurs plus vives atteintes. {La Veuve, iv, 4.)
Je ne vous tiendrai plus mes passions secrètes. {Pomp., iv, 3.)
< On ne dit f oint passions au pluriel pour signifier mon amour, » observe Voltaire.
On ne le dit plus, mais on Ta dit :
Je n'agrandirai point, riche d'inventions.
Vos beautés, vos dédains, ma foi, mes passions. (Despbb., Sonnet àDiane.) Je eommançay à lui remonstrer combien grande estoit l'amitié que je luy porlois, et comme à son grant honneur elle pouvoit soulager mes passions, et tant àt loogs travaux que je souffirois à son occasion. (Lariv., Les ÈcoL, v, 10.) — Troavé ce moyen d'alléger ses passions, il estoit prest de se désespérer. (Todrn., ^ Cùmens, m, 9.)
Madame, hélas ! vostre excellence Et vos rares perfections
Sont cause de mes passions. (Godard, Les Desguisez, m, 9.)
Ainsi fut sourde au reconfort.
Quand elle eut trouvé dans le port La perte qu'elle avoit songée, Celle de qui les passions Firent voir à la mer Egée
Le premier nid des alcyons. (Malh., Stances, 1609.)
Lors que devant vous je soupire, Qu'estril donc besoin de vous dire De combien de soins ennuyeux
Mes passions sont traversées? (Racan, Ode.)
Mes faveurs ont toujours irrité ses mépris.
Toutes mes passions n'ont fait que lui déplaire.
(Tristan l'Hbrm., Mariamney u, 6.)
f24 PATlEiNCE. — PEINDRE.
On le trouve employé dans ce sens, même en prose :
Lucio, bien joyeux de cette commodité de pouvoir manifester ses poMsioms à « dame, commença sa harangue ainsi que s'ensuit. (Dbsp^ribrs, Nouv., cix, ëdil La M.)— Ce prince, insensé d'amour et de jalousie, s'entretenoit en ses postioN par ces vaines et ridicules pensées. (Gomberv., Cythérée^ !'• p., 1. 5.) — Son ho meor étoit de témoigner toujours des passions extravagantes. (Sorbl, Franekmy t. ~Elle me donna tant de preuves de son gentil esprit, que je repris mes première passions. (LA., ibid.)
Et de môme pour parler d'un sentiment passionné autre qQ< Famour :
Cest icy véritablement que le hazard vient au secours de mon dessein, et qac la nature m'ayant refusé les moyens de vous agréer par mes ouvrages. Je tiens tout le moins de la fortune et la matière et l'espérance de pouvoir le faire pa ceux d'autruy. Ouy, monseigneur, elle n'a pu souffrir, à la fin, que les pastiên que j'ay de vous plaire fussent plus long-temps inutiles. (Ma ir. et, £pt«i. à RtcAef. en tôte des Nouv. Œuvr. de Théoph.)
PATIENCE, avec le pluriel :
C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit.
C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit,
Et qu'on croit amuser de fausses patiences
Ceux dont en l'&me on craint les justes défiances. {Rodog.<, iv, tS
PAYER DE, employé d'une manière très-particulière pour si
^ifier égaler en :
Je le disois dès lors, sans cette qualité •
Vous n'eussiez pu jamais le payer de bonté. {Suiu du Ment., ii, -<
— PAYER LE DROIT DE LA NATURE, mOUrir I
Avant que de payer le droit de la nature Son âme, s'élevant au-delà de ses yeux, Avoit au Créateur uni la créature.
Et marchant sur la terre elle étoit dans les cieax. {Inscript, mises sous des estamp,, Ëpit. sur la mort de damois. Banques